L’entrée des artistes - La Grande Parade Site sur l'actualité culturelle http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes 2018-02-19T11:39:30+00:00 La Grande Parade juliedecalee@gmail.com Joomla! - Open Source Content Management - Version 3.6.5 Les Inclassables : la promesse d'une soirée fort agréable et qui porte bien son nom 2015-12-21T23:30:05+00:00 2015-12-21T23:30:05+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/416-les-inclassables-la-promesse-d-une-soiree-fort-agreable-et-qui-porte-bien-son-nom Guillaume Chérel bigcherel@orange.fr <p style="text-align: justify;"><img style="margin: 5px; float: left;" src="http://www.lagrandeparade.fr/images/musique/Les-inclassables0.png" alt="Les inclassables" />Par Guillaume Chérel - <a target="_blank" href="http://www.lagrandeparade.fr/">Lagrandeparade.fr</a>/&nbsp; C’est la bonne surprise de cette fin d’année. Ceux qui connaissent «&nbsp;La Clique&nbsp;», spectacle de cirque improbable, auront une petite idée de ce qui les attend. En moins trash. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» est un spectacle… inclassable, car non résumable, impossible à étiqueter. Pour tout public, avec au programme de l’humour, de l’émotion, du rêve… de l’émerveillement. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» réunissent quasiment tous les genres du spectacle vivant&nbsp;: comédie, mime, danse, musique, cirque: <em>« Nous sommes à l’ère des croisements, des mélanges, assure Eric Bouvron, le Monsieur Loyal à l’accent sud-africain (&nbsp;?!). On ne peut pas classer un musicien qui jongle tout en faisant rire en imitant un éléphant qui danse sur des patins à roulettes sur la banquise. Donc on dit c’est un inclassable. ».</em><br />Produits par «&nbsp;Les Passionnés du Rêve&nbsp;» et le «&nbsp;Studio des Feux&nbsp;», ils sont à leur place dans cette salle populaire des «&nbsp;Feux de la rampe&nbsp;», parce qu’il serait étonnant que la plupart d’entre eux ne se fassent pas repérer par les chercheurs de talent, du style «&nbsp;Le plus grand Cabaret du monde&nbsp;», ou «&nbsp;La France a un incroyable talent&nbsp;»… Si si. Car il s’agit vraiment d’un spectacle original, où des artistes atypiques se succèdent dans une série de numéros d’exception&nbsp;: «&nbsp;Les frères Colle&nbsp;» surprennent par leur dextérité (jonglage)… et leur sens du rythme (percussions)&nbsp;; Maria Dolorès est à mourir de rire en diva bavarde sexy faussement ringarde, fan de Nana Mouskouri&nbsp;; Nata Galkina (du cirque de Moscou) apporte la touche insolite avec son personnage de jongleuse des pieds&nbsp;; les Belges Gaëlle et Boris sont des virtuoses de la guitare et de l’humour&nbsp;; et la touche glamour est apportée par Joby Smith et Sankofa Unit, une chorale urbaine aux accents de gospel. Sans oublier le clown (moderne) de service (en service), et Eric Bouvron accompagné du «&nbsp;Sangouma globe-trotter du théâtre&nbsp;»… La prochaine représentation a lieu le 27 décembre prochain, avec de nouveaux invités surprise. C'est un régal - foncez!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>«<a target="_blank" href="http://www.theatre-lesfeuxdelarampe.com"> Les Inclassables</a> »</strong><br />Au Théâtre Les Feux de la rampe (<span class="st">2, rue Saulnier, 75009 Paris</span> ) <br />Les dimanches 13, 20 et 27 décembre, 18 h
Tarif&nbsp;: 25 euros / 20 euros (étudiants) / 12 euros (- 12 ans).<br />Réservation au 01 42 46 26 19 et points de vente habituels.<br /><br /></p> <p style="text-align: justify;"><img style="margin: 5px; float: left;" src="http://www.lagrandeparade.fr/images/musique/Les-inclassables0.png" alt="Les inclassables" />Par Guillaume Chérel - <a target="_blank" href="http://www.lagrandeparade.fr/">Lagrandeparade.fr</a>/&nbsp; C’est la bonne surprise de cette fin d’année. Ceux qui connaissent «&nbsp;La Clique&nbsp;», spectacle de cirque improbable, auront une petite idée de ce qui les attend. En moins trash. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» est un spectacle… inclassable, car non résumable, impossible à étiqueter. Pour tout public, avec au programme de l’humour, de l’émotion, du rêve… de l’émerveillement. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» réunissent quasiment tous les genres du spectacle vivant&nbsp;: comédie, mime, danse, musique, cirque: <em>« Nous sommes à l’ère des croisements, des mélanges, assure Eric Bouvron, le Monsieur Loyal à l’accent sud-africain (&nbsp;?!). On ne peut pas classer un musicien qui jongle tout en faisant rire en imitant un éléphant qui danse sur des patins à roulettes sur la banquise. Donc on dit c’est un inclassable. ».</em><br />Produits par «&nbsp;Les Passionnés du Rêve&nbsp;» et le «&nbsp;Studio des Feux&nbsp;», ils sont à leur place dans cette salle populaire des «&nbsp;Feux de la rampe&nbsp;», parce qu’il serait étonnant que la plupart d’entre eux ne se fassent pas repérer par les chercheurs de talent, du style «&nbsp;Le plus grand Cabaret du monde&nbsp;», ou «&nbsp;La France a un incroyable talent&nbsp;»… Si si. Car il s’agit vraiment d’un spectacle original, où des artistes atypiques se succèdent dans une série de numéros d’exception&nbsp;: «&nbsp;Les frères Colle&nbsp;» surprennent par leur dextérité (jonglage)… et leur sens du rythme (percussions)&nbsp;; Maria Dolorès est à mourir de rire en diva bavarde sexy faussement ringarde, fan de Nana Mouskouri&nbsp;; Nata Galkina (du cirque de Moscou) apporte la touche insolite avec son personnage de jongleuse des pieds&nbsp;; les Belges Gaëlle et Boris sont des virtuoses de la guitare et de l’humour&nbsp;; et la touche glamour est apportée par Joby Smith et Sankofa Unit, une chorale urbaine aux accents de gospel. Sans oublier le clown (moderne) de service (en service), et Eric Bouvron accompagné du «&nbsp;Sangouma globe-trotter du théâtre&nbsp;»… La prochaine représentation a lieu le 27 décembre prochain, avec de nouveaux invités surprise. C'est un régal - foncez!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>«<a target="_blank" href="http://www.theatre-lesfeuxdelarampe.com"> Les Inclassables</a> »</strong><br />Au Théâtre Les Feux de la rampe (<span class="st">2, rue Saulnier, 75009 Paris</span> ) <br />Les dimanches 13, 20 et 27 décembre, 18 h
Tarif&nbsp;: 25 euros / 20 euros (étudiants) / 12 euros (- 12 ans).<br />Réservation au 01 42 46 26 19 et points de vente habituels.<br /><br /></p> Mademoiselle Julie : lutte des classes, guerre des sexes 2018-02-15T19:33:06+00:00 2018-02-15T19:33:06+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2229-mademoiselle-julie-lutte-des-classes-guerre-des-sexes Imane Akalay imaneakalay@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/03.jpg" alt="julie" width="350" height="229" style="margin: 5px; float: left;" />Par Imane Akalay -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr</a>/ Le drame se déroule dans la cuisine d’une maison bourgeoise dans la campagne suédoise, pendant la nuit de la Saint-Jean. Alors que Kristin la cuisinière (Sabrina Kouroughli) cuisine longuement ses rognons, en mode hyperréaliste – fumée incluse – à l’extérieur la célébration populaire du solstice d’été bat son plein. Apparaît Jean (Xavier Legrand), le valet et quasi-fiancé de Kristin, les bottes du maître à la main, asservi à ces bottes mais régnant en maître sur sa compagne. Dès la première scène, les rapports de force sont établis -- positionnement des classes sociales, symbolisé par lesdites bottes omniprésentes du début à la fin, inspirant respect et crainte à celui qui en a la charge&nbsp;; domination masculine du valet se faisant servir par sa femme soumise.</p> <p style="text-align: justify;">Mademoiselle Julie (Anna Mouglalis), fille du maitre de céans, entre alors en scène, radieuse, extrêmement sensuelle, beaucoup plus femme fatale que jeune fille. Capricieuse, joueuse et parfois méprisante, elle provoque Jean pour l’assujettir, pas tant parce qu’il est son valet que par désir de domination des hommes. Une fois leur désir consommé, les rôles s’inversent, le valet y voyant une possibilité d’ascension sociale. A son mépris répond le mépris de Jean, empli de morgue, aussi sophistiqué qu’elle se veut simple. Dès lors les deux amants ennemis s’affrontent dans un duel à mort, jeu de séduction et de violence où chacun domine tour à tour. Elevée par sa mère dans la haine des hommes, Julie est une féministe radicale mais aussi une jeune femme un peu perdue. Elevée «&nbsp;comme un garçon » par un père aristocrate et une mère roturière, elle ne sait qui elle est vraiment. Et avant tout, elle ne veut appartenir à aucun carcan de classe ou de sexe. Drivé par la possibilité de sortir de son rôle de servant, peu enclin à courber l’échine, Jean se révèle impitoyable. Et pourtant est-il vraiment machiavélique, puisqu’à pousser Julie au point de non-retour il met à mal ses propres plans&nbsp;? Le désir de détruire l’emporte-t-il sur le pragmatisme&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Troisième personnage de ce triangle machiavélique, la cuisinière Kristin (Sabrina Kouroughli), femme austère engoncée dans des robes peu seyantes, raide et boutonnée, la démarche saccadée, la voix sèche, confite de bondieuseries, symbolise le vieux monde. Elle s’identifie pleinement à son rôle de servante de basse classe née pour servir ceux qu’elle estime assez supérieurs pour le mériter. Mais elle s’autorise des libertés. Alors que la fête villageoise bat son plein, seule dans sa cuisine, elle se caresse lascivement, allongée sur la table. Elle vole des bouteilles de bourgogne de la cave de son maître pour servir son fiancé. Indifférente au fait que Jean l’ait trompée, elle s’offusque que Julie la fille du Comte s’abaisse et s’abandonne dans les bras d’un homme de basse classe, et la condamne. Face au duo iconoclaste, elle est la gardienne de l’orthodoxie. Elle érige en honneur sa servilité. C’est son regard, jugement terrible qui plus que les provocations et sarcasmes de Jean condamne Mademoiselle Julie.</p> <p style="text-align: justify;">Par touches subtiles, le sang est omniprésent. Une pluie de ballons et de confetti rouges tombe en pluie et jonche le sol pendant la fête de la Saint-Jean. Les confetti se retrouveront sur les draps qui accueillent l’étreinte de Julie et Jean, symbolisant le sang de la défloration. Plus tard, le sang de la décapitation du serin sacrifié par Jean tâche les mains de Julie – ce sang qui symbolise la violence et préfigure l’issue tragique, sur fonds sonore battement de cœur angoissant. Et pourtant, Julie jamais ne se départit de son flegme ni ne semble gagnée par le désarroi. Le jeu d’Anna Mouglalis, très naturel, séducteur jusqu’à la fin, est déstabilisant. Son personnage semble dominer et s’amuser de la situation jusqu’au bout, comme si elle prévoyait de se suicider la tête haute. D’ailleurs, en finit-elle vraiment&nbsp;? On a du mal à croire à une fin tragique, on imagine plutôt une jeune femme qui fait fi de l’honneur, des conventions sociales et de la morale et qui quitte la maison de son enfance le nez au vent, prête pour de nouvelles aventures.</p> <p style="text-align: justify;"></p> <p style="text-align: justify;"><strong>MADEMOISELLE JULIE</strong><br />August Strindberg<br />Traduction : Terje Sinding<br />Mise en scène : Gaëtan Vassart<br />Collaboration artistique : Sabrina Kouroughli<br />Scénographie & costumes : Delphine Brouard<br />Lumières : Franck Thévenon<br />Son : David Geffard<br />Vidéo : Grégoire de Calignon & Kristelle Paré <br />Avec : Anna Mouglalis, Xavier Legrand, Sabrina Kouroughli<br />Production : Comédie de Picardie<br />Coproduction (en cours) : Scène nationale d’Albi, Compagnie La Ronde de Nuit <br />Avec l’aide à la production de l’Adami, de la Spedidam. Résidences de création à L’Odéon -&nbsp;Théâtre de l’Europe, la Ménagerie de Verre dans le cadre de StudioLab, et au Théâtre 13 à Paris.&nbsp;Remerciements à Karl Lagerfeld et la Maison Chanel, ainsi qu’à la Comédie-Française et au Théâtre du Nord.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :</strong> <br />Avant-premières à Amiens (80) - Comédie de Picardie les 8, 9 et 10 février 2018</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/03.jpg" alt="julie" width="350" height="229" style="margin: 5px; float: left;" />Par Imane Akalay -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr</a>/ Le drame se déroule dans la cuisine d’une maison bourgeoise dans la campagne suédoise, pendant la nuit de la Saint-Jean. Alors que Kristin la cuisinière (Sabrina Kouroughli) cuisine longuement ses rognons, en mode hyperréaliste – fumée incluse – à l’extérieur la célébration populaire du solstice d’été bat son plein. Apparaît Jean (Xavier Legrand), le valet et quasi-fiancé de Kristin, les bottes du maître à la main, asservi à ces bottes mais régnant en maître sur sa compagne. Dès la première scène, les rapports de force sont établis -- positionnement des classes sociales, symbolisé par lesdites bottes omniprésentes du début à la fin, inspirant respect et crainte à celui qui en a la charge&nbsp;; domination masculine du valet se faisant servir par sa femme soumise.</p> <p style="text-align: justify;">Mademoiselle Julie (Anna Mouglalis), fille du maitre de céans, entre alors en scène, radieuse, extrêmement sensuelle, beaucoup plus femme fatale que jeune fille. Capricieuse, joueuse et parfois méprisante, elle provoque Jean pour l’assujettir, pas tant parce qu’il est son valet que par désir de domination des hommes. Une fois leur désir consommé, les rôles s’inversent, le valet y voyant une possibilité d’ascension sociale. A son mépris répond le mépris de Jean, empli de morgue, aussi sophistiqué qu’elle se veut simple. Dès lors les deux amants ennemis s’affrontent dans un duel à mort, jeu de séduction et de violence où chacun domine tour à tour. Elevée par sa mère dans la haine des hommes, Julie est une féministe radicale mais aussi une jeune femme un peu perdue. Elevée «&nbsp;comme un garçon » par un père aristocrate et une mère roturière, elle ne sait qui elle est vraiment. Et avant tout, elle ne veut appartenir à aucun carcan de classe ou de sexe. Drivé par la possibilité de sortir de son rôle de servant, peu enclin à courber l’échine, Jean se révèle impitoyable. Et pourtant est-il vraiment machiavélique, puisqu’à pousser Julie au point de non-retour il met à mal ses propres plans&nbsp;? Le désir de détruire l’emporte-t-il sur le pragmatisme&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Troisième personnage de ce triangle machiavélique, la cuisinière Kristin (Sabrina Kouroughli), femme austère engoncée dans des robes peu seyantes, raide et boutonnée, la démarche saccadée, la voix sèche, confite de bondieuseries, symbolise le vieux monde. Elle s’identifie pleinement à son rôle de servante de basse classe née pour servir ceux qu’elle estime assez supérieurs pour le mériter. Mais elle s’autorise des libertés. Alors que la fête villageoise bat son plein, seule dans sa cuisine, elle se caresse lascivement, allongée sur la table. Elle vole des bouteilles de bourgogne de la cave de son maître pour servir son fiancé. Indifférente au fait que Jean l’ait trompée, elle s’offusque que Julie la fille du Comte s’abaisse et s’abandonne dans les bras d’un homme de basse classe, et la condamne. Face au duo iconoclaste, elle est la gardienne de l’orthodoxie. Elle érige en honneur sa servilité. C’est son regard, jugement terrible qui plus que les provocations et sarcasmes de Jean condamne Mademoiselle Julie.</p> <p style="text-align: justify;">Par touches subtiles, le sang est omniprésent. Une pluie de ballons et de confetti rouges tombe en pluie et jonche le sol pendant la fête de la Saint-Jean. Les confetti se retrouveront sur les draps qui accueillent l’étreinte de Julie et Jean, symbolisant le sang de la défloration. Plus tard, le sang de la décapitation du serin sacrifié par Jean tâche les mains de Julie – ce sang qui symbolise la violence et préfigure l’issue tragique, sur fonds sonore battement de cœur angoissant. Et pourtant, Julie jamais ne se départit de son flegme ni ne semble gagnée par le désarroi. Le jeu d’Anna Mouglalis, très naturel, séducteur jusqu’à la fin, est déstabilisant. Son personnage semble dominer et s’amuser de la situation jusqu’au bout, comme si elle prévoyait de se suicider la tête haute. D’ailleurs, en finit-elle vraiment&nbsp;? On a du mal à croire à une fin tragique, on imagine plutôt une jeune femme qui fait fi de l’honneur, des conventions sociales et de la morale et qui quitte la maison de son enfance le nez au vent, prête pour de nouvelles aventures.</p> <p style="text-align: justify;"></p> <p style="text-align: justify;"><strong>MADEMOISELLE JULIE</strong><br />August Strindberg<br />Traduction : Terje Sinding<br />Mise en scène : Gaëtan Vassart<br />Collaboration artistique : Sabrina Kouroughli<br />Scénographie & costumes : Delphine Brouard<br />Lumières : Franck Thévenon<br />Son : David Geffard<br />Vidéo : Grégoire de Calignon & Kristelle Paré <br />Avec : Anna Mouglalis, Xavier Legrand, Sabrina Kouroughli<br />Production : Comédie de Picardie<br />Coproduction (en cours) : Scène nationale d’Albi, Compagnie La Ronde de Nuit <br />Avec l’aide à la production de l’Adami, de la Spedidam. Résidences de création à L’Odéon -&nbsp;Théâtre de l’Europe, la Ménagerie de Verre dans le cadre de StudioLab, et au Théâtre 13 à Paris.&nbsp;Remerciements à Karl Lagerfeld et la Maison Chanel, ainsi qu’à la Comédie-Française et au Théâtre du Nord.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :</strong> <br />Avant-premières à Amiens (80) - Comédie de Picardie les 8, 9 et 10 février 2018</p> Les Vagabondes : le vide vidé de son vide, c'est le plein 2018-02-14T13:41:43+00:00 2018-02-14T13:41:43+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2223-les-vagabondes-le-vide-vide-de-son-vide-c-est-le-plein Bruno Paternot bpaternot@hotmail.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/s0254084.jpg" alt="Béhar" width="350" height="263" style="margin: 5px; float: left;" />Par Bruno Paternot -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr</a>/ 70 000 signes espaces comprises qu'il a dit que durerait le spectacle.</p> <p style="text-align: justify;">Dans les signes, s'incluent les clignements d'euilles, les fermetures du plexus lunaires et les avions qui passent.<br />Le Roland, l'a rien compris du tout compris et nous l'explique quand-même. S'agite et se pavane du vide. Le vide vidé de son vide, c'est le plein.<br />Un spectacle s'adresse à tes pieds, mais on le sait, c'est très intelligent les pieds, tout autant que les pinsons.<br />Roland Roland jardine, Alain Alain vapote et nous, spectateur spectatrice on rêvasse. En tout cas on nous le propose. Monique et Yolande, ce jour là sont parties&nbsp;: pas voulu rêver.<br />Ca joue sur le jeu, tout ça. Comme un meuble mal fagoté mais très marqueté qui bringuebale un peu. On y écoute le chant mélodieux du grincement du bois.<br />C'est le spectacle du spectacle sans spectaculaire, même si les plantes sont majestueusement posées là par la mort en personne (croit-on).<br />Jardin sur la scène (qui en l’occurrence est imaginaire) mais aussi dans l'intertextualité&nbsp;: un jardin littéraire intérieur qui est exposé pendant 1h15 environ, de Laure Adler (dite Labiche) à Pierre Michon (dit Chonchon). Ça épuise l'ado du fond de la salle qui sort son portable mais ça enjoue celui du second rang qui s'écroule (de rire, on vous rassure) quand il est question de monstres virtuels ou d’arrosage. Ça pousse, ça éructe, ça fait œuvre. Alors je pense à Pennequin, Jarry et confrères en pataphysique, Volodine ou deGroot. Bioulès aussi qui pointe son nez dans la cour des rêveurs.<br />Le mundillo potentiel se retrouve emboîté, au côtés de Françoise Morvan déguisée en Femen pour l'occasion. Au cœur de l'institution, on s'en moque beaucoup, dans tout l'entre-soi qu'il faut.<br />Si si, c'est la vérité puisque ça m'arrange. Je vous le dit&nbsp;: il toussait.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Les Vagabondes -Éloge de la potentialité et des jardins quantiques</strong></p> <p style="text-align: justify;">de&nbsp;Alain Béhar<br />Avec Alain Béhar et Montaine Chevalier<br />Lumières : Claire Eloy.<br />Images et régies : Stéphane Couzot, Jesshuan Diné.<br />Et les regards vagabonds d’Antoine Wellens, Marie Vayssière, Daniel Romero, Cécile Marc, Alain Fourneau, Mireille Guerre, François Tizon, Renaud Bertin, Suzanne Joubert…</p> <p style="text-align: justify;">Production : Compagnie Quasi, coproductions hTh, Centre Dramatique National de Montpellier, CDPB, Théâtre du Bois de l’Aune et 3bisF à Aix en Provence.<br />Avec le soutien de Mèq Laboratoire de création numérique d’hTh, du théâtre Garonne à Toulouse, de la compagnie La Liseuse, de Josette Pisani, Marseille Objectif Danse et de la Friche de la Belle de Mai à Marseille …</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Du 1er au 3 mars 2018 à HTH - CDN montpellier ( 34)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/s0254084.jpg" alt="Béhar" width="350" height="263" style="margin: 5px; float: left;" />Par Bruno Paternot -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr</a>/ 70 000 signes espaces comprises qu'il a dit que durerait le spectacle.</p> <p style="text-align: justify;">Dans les signes, s'incluent les clignements d'euilles, les fermetures du plexus lunaires et les avions qui passent.<br />Le Roland, l'a rien compris du tout compris et nous l'explique quand-même. S'agite et se pavane du vide. Le vide vidé de son vide, c'est le plein.<br />Un spectacle s'adresse à tes pieds, mais on le sait, c'est très intelligent les pieds, tout autant que les pinsons.<br />Roland Roland jardine, Alain Alain vapote et nous, spectateur spectatrice on rêvasse. En tout cas on nous le propose. Monique et Yolande, ce jour là sont parties&nbsp;: pas voulu rêver.<br />Ca joue sur le jeu, tout ça. Comme un meuble mal fagoté mais très marqueté qui bringuebale un peu. On y écoute le chant mélodieux du grincement du bois.<br />C'est le spectacle du spectacle sans spectaculaire, même si les plantes sont majestueusement posées là par la mort en personne (croit-on).<br />Jardin sur la scène (qui en l’occurrence est imaginaire) mais aussi dans l'intertextualité&nbsp;: un jardin littéraire intérieur qui est exposé pendant 1h15 environ, de Laure Adler (dite Labiche) à Pierre Michon (dit Chonchon). Ça épuise l'ado du fond de la salle qui sort son portable mais ça enjoue celui du second rang qui s'écroule (de rire, on vous rassure) quand il est question de monstres virtuels ou d’arrosage. Ça pousse, ça éructe, ça fait œuvre. Alors je pense à Pennequin, Jarry et confrères en pataphysique, Volodine ou deGroot. Bioulès aussi qui pointe son nez dans la cour des rêveurs.<br />Le mundillo potentiel se retrouve emboîté, au côtés de Françoise Morvan déguisée en Femen pour l'occasion. Au cœur de l'institution, on s'en moque beaucoup, dans tout l'entre-soi qu'il faut.<br />Si si, c'est la vérité puisque ça m'arrange. Je vous le dit&nbsp;: il toussait.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Les Vagabondes -Éloge de la potentialité et des jardins quantiques</strong></p> <p style="text-align: justify;">de&nbsp;Alain Béhar<br />Avec Alain Béhar et Montaine Chevalier<br />Lumières : Claire Eloy.<br />Images et régies : Stéphane Couzot, Jesshuan Diné.<br />Et les regards vagabonds d’Antoine Wellens, Marie Vayssière, Daniel Romero, Cécile Marc, Alain Fourneau, Mireille Guerre, François Tizon, Renaud Bertin, Suzanne Joubert…</p> <p style="text-align: justify;">Production : Compagnie Quasi, coproductions hTh, Centre Dramatique National de Montpellier, CDPB, Théâtre du Bois de l’Aune et 3bisF à Aix en Provence.<br />Avec le soutien de Mèq Laboratoire de création numérique d’hTh, du théâtre Garonne à Toulouse, de la compagnie La Liseuse, de Josette Pisani, Marseille Objectif Danse et de la Friche de la Belle de Mai à Marseille …</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Du 1er au 3 mars 2018 à HTH - CDN montpellier ( 34)</p> Mur Mur : le dictateur et la répliquante 2018-02-14T18:00:06+00:00 2018-02-14T18:00:06+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2226-mur-mur-le-dictateur-et-la-repliquante Guillaume Chérel bigcherel@orange.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/IMG_2735_Print-s.jpg" alt="mur " width="300" height="300" style="margin: 5px; float: left;" />Par Guillaume Chérel - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Chaque année, plus de 200&nbsp;000 femmes sont victimes de violence conjugale. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Etonnez-vous après que "Mur Mur" soit un «&nbsp;spectacle&nbsp;» crispant&nbsp;?! La pièce, jouée par deux personnages, commence dans l’obscurité. Une silhouette inquiétante s’insinue à la droite du plateau. C’est un clown (son nez en atteste), non pas triste mais effrayant, revêtu d’une sorte d’uniforme militaire grotesque, décoré de breloques, qui mime des mouvements saccadés, tout en allumant et éteignant une ampoule, au rythme d’une musique glaçante mais envoutante.<br />Le pantin désarticulé découvre une autre silhouette, blanche celle-là. Qui ressemble à une marionnette, voire un robot, ou à une poupée gonflable, tiens. Ce sera son jouet… sa femme, prête à l’emploi, ou presque, parce qu’il doit d’abord l’éduquer, la dresser, comme on débourre un cheval…jusqu’à ce qu’elle se blesse. Se casse comme un jouet, une jument, une pouliche, prête à mettre bas.<br />Le décor est réduit au strict minimum&nbsp;:&nbsp;12 ampoules de 25 Watts, 1 tondeuse à gazon, 2 lapins, 1 lance-pierre, avec Michel Sardou en fond sonore. Elisabeth Andres et Pascal Roubaud sont les acteurs de cette sinistre fable. Nicolas Dewynter, l’auteur-metteur en scène, aborde la tragédie clownesque de la vie de couple sous l’angle de l’emprise, de la manipulation, de la maltraitance. ELLE est sa chose. Sa petite douceur naïve, chétive, au début, qu’il gâte et flatte en lui faisant des cadeaux, de plus en plus bizarres, histoire de la mettre à l’aise. Qu’elle s’ouvre à lui, comme une fleur à déflorer&nbsp;: de quoi se faire «&nbsp;belle&nbsp;», sexy&nbsp;: talons aiguilles, maquillage… Elle finira par être sa victime. LUI son bourreau.&nbsp;Tout peut basculer en une seconde. Ils parlent peu. Ils jouent la comédie du mariage. Des fois c’est drôle, notamment quand ELLE (Elisabeth Andres) démarre d’un coup sec pour arriver à marcher sur ses échasses. Mais c’est surtout angoissant, crispant oui, comme la musique techno, obsédante, qui revient en gimmick récurrent.<br />"Mur Mur" est un spectacle dérangeant qui mêle&nbsp;commedia dell’arte, dessin animé à la Tex Avery, mais aussi cinéma puisque les deux protagonistes font penser aux répliquants du film&nbsp;Blade Runner. Peut-on rire du pire ? Noir et rouge alors… car c’est sanglant, glaçant. La Compagnie du Oui aborde la violence faite aux femmes avec courage, puisqu’elle prend le risque de déplaire. Se regarder soi-même, parfois, ça fait réfléchir&nbsp;(n’avons-nous jamais abusé de notre force, messieurs&nbsp;? N’avons-nous pas eu la faiblesse de pardonner, mesdames&nbsp;?). N’est-ce pas un des rôles du théâtre&nbsp;?</p> <p><strong>Mur Mur</strong><br />Compagnie du Oui<br />Auteur et mise en scène : Nicolas Dewynter<br />Avec Elisabeth Andres et Pascal Roubaud</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Les 16 et 23 février 2018 à 21 h, le 10 mars 2018 à 17 h 30 à&nbsp;l’Auguste Théâtre ( 6, impasse Lamier – Paris 11°) Métro Père Lachaise ou Voltaire. Tel&nbsp;:&nbsp;&nbsp;01 43 67 20 47<br />- Le 3 mars 2018 à l’Espace Culturel du Brionnais, à Chauffailles (71)<br />- Le 8 mars 2018 à l’Eclat de St-Vallier (71)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/IMG_2735_Print-s.jpg" alt="mur " width="300" height="300" style="margin: 5px; float: left;" />Par Guillaume Chérel - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Chaque année, plus de 200&nbsp;000 femmes sont victimes de violence conjugale. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Etonnez-vous après que "Mur Mur" soit un «&nbsp;spectacle&nbsp;» crispant&nbsp;?! La pièce, jouée par deux personnages, commence dans l’obscurité. Une silhouette inquiétante s’insinue à la droite du plateau. C’est un clown (son nez en atteste), non pas triste mais effrayant, revêtu d’une sorte d’uniforme militaire grotesque, décoré de breloques, qui mime des mouvements saccadés, tout en allumant et éteignant une ampoule, au rythme d’une musique glaçante mais envoutante.<br />Le pantin désarticulé découvre une autre silhouette, blanche celle-là. Qui ressemble à une marionnette, voire un robot, ou à une poupée gonflable, tiens. Ce sera son jouet… sa femme, prête à l’emploi, ou presque, parce qu’il doit d’abord l’éduquer, la dresser, comme on débourre un cheval…jusqu’à ce qu’elle se blesse. Se casse comme un jouet, une jument, une pouliche, prête à mettre bas.<br />Le décor est réduit au strict minimum&nbsp;:&nbsp;12 ampoules de 25 Watts, 1 tondeuse à gazon, 2 lapins, 1 lance-pierre, avec Michel Sardou en fond sonore. Elisabeth Andres et Pascal Roubaud sont les acteurs de cette sinistre fable. Nicolas Dewynter, l’auteur-metteur en scène, aborde la tragédie clownesque de la vie de couple sous l’angle de l’emprise, de la manipulation, de la maltraitance. ELLE est sa chose. Sa petite douceur naïve, chétive, au début, qu’il gâte et flatte en lui faisant des cadeaux, de plus en plus bizarres, histoire de la mettre à l’aise. Qu’elle s’ouvre à lui, comme une fleur à déflorer&nbsp;: de quoi se faire «&nbsp;belle&nbsp;», sexy&nbsp;: talons aiguilles, maquillage… Elle finira par être sa victime. LUI son bourreau.&nbsp;Tout peut basculer en une seconde. Ils parlent peu. Ils jouent la comédie du mariage. Des fois c’est drôle, notamment quand ELLE (Elisabeth Andres) démarre d’un coup sec pour arriver à marcher sur ses échasses. Mais c’est surtout angoissant, crispant oui, comme la musique techno, obsédante, qui revient en gimmick récurrent.<br />"Mur Mur" est un spectacle dérangeant qui mêle&nbsp;commedia dell’arte, dessin animé à la Tex Avery, mais aussi cinéma puisque les deux protagonistes font penser aux répliquants du film&nbsp;Blade Runner. Peut-on rire du pire ? Noir et rouge alors… car c’est sanglant, glaçant. La Compagnie du Oui aborde la violence faite aux femmes avec courage, puisqu’elle prend le risque de déplaire. Se regarder soi-même, parfois, ça fait réfléchir&nbsp;(n’avons-nous jamais abusé de notre force, messieurs&nbsp;? N’avons-nous pas eu la faiblesse de pardonner, mesdames&nbsp;?). N’est-ce pas un des rôles du théâtre&nbsp;?</p> <p><strong>Mur Mur</strong><br />Compagnie du Oui<br />Auteur et mise en scène : Nicolas Dewynter<br />Avec Elisabeth Andres et Pascal Roubaud</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Les 16 et 23 février 2018 à 21 h, le 10 mars 2018 à 17 h 30 à&nbsp;l’Auguste Théâtre ( 6, impasse Lamier – Paris 11°) Métro Père Lachaise ou Voltaire. Tel&nbsp;:&nbsp;&nbsp;01 43 67 20 47<br />- Le 3 mars 2018 à l’Espace Culturel du Brionnais, à Chauffailles (71)<br />- Le 8 mars 2018 à l’Eclat de St-Vallier (71)</p> Guérisseur : mensonges, désespérance et misère morale dans une atmosphère de bout du monde 2018-02-14T17:49:06+00:00 2018-02-14T17:49:06+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2225-guerisseur-mensonges-desesperance-et-misere-morale-dans-une-atmosphere-de-bout-du-monde Imane Akalay imaneakalay@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/GUERISSEUR_3819109555960967277.jpg" alt="Guérisseur" width="300" height="287" style="margin: 5px; float: left;" />Par Imane Akalay – <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Sur la scène dépouillée, ornée seulement d’une bannière vantant les talents du «&nbsp;fantastique&nbsp;» Frank Hardy et d’une douzaine de chaises vides comme dans une salle des fêtes miteuse au lendemain d’un événement, trois personnes racontent leur histoire. Il s’agit de la même histoire et pourtant elle présente de nombreuses contradictions dans la bouche des trois protagonistes. Tous mentent, ou disent leur vérité, celle qui les protège à leurs propres yeux ou les heurte le moins.</p> <p style="text-align: justify;">Tout autour d’eux semble fané, poussiéreux, misérable.</p> <p style="text-align: justify;">Frank Hardy, remarquablement joué par Xavier Gallais (en alternance avec Thomas Durand) promet de guérir les gens par l’imposition des mains et sillonne dans une vieille camionnette les villages d’Ecosse et du pays de Galles pour proposer ses services, flanqué de sa compagne Grace (Bérangère Gallot) et son impresario Teddy (Hervé Jouval). Le guérisseur se raconte, auto-centré et désabusé. Il s’est inventé un talent. Homme-ressource dont l’entreprise fait vivre ses comparses et redonne espoir aux souffreteux, il a le charisme nécessaire pour gagner son pain mais porte avec angoisse le poids de ses responsabilités – et celui du mensonge. Il doute de lui-même. Il se sait charlatan. Torturé, il noie sa solitude et sa souffrance dans le whiskey.</p> <p style="text-align: justify;">Dos voûté, pieds en dedans, sourire triste, sa compagne Grace, interprétée tout en délicatesse par Bérangère Gallot, se raconte, femme soumise et dépréciée en situation de dépendance affective et matérielle. Prête à toutes les disgrâces, elle en fait le constat&nbsp;: «&nbsp;je ne sais pas si je peux continuer s’il n’est pas là pour me faire exister.&nbsp;» Quant à Teddy, le fidèle, l’observateur externe du désamour et des drames, le doux bouffon chargé d’assurer la promotion de l’entreprise, l’amoureux secret de Grace, il est en fin de compte le plus humain et généreux de ces trois êtres désespérés. Le seul survivant, aussi.</p> <p style="text-align: justify;">En quatre monologues successifs, le récit monte en tension, sans en avoir l’air, et lentement progresse vers l’issue finale. Le guérisseur poursuivi par ses démons attend sa rédemption ; il avance inéluctablement vers la mort dont il décrit le scénario méticuleusement, avec une lenteur et une précision presque insupportables, comme pour mieux la savourer. Comme si son salut ne pouvait résider que dans le sacrifice de sa vie. Symboliquement, l’exilé errant retourne en Irlande, sa terre natale, pour y connaître sa fin.</p> <p style="text-align: justify;">La mise en scène épurée à l’extrême donne toute sa force au texte inspiré de la pièce "The faith healer" de Brian Friel, considéré comme le plus grand dramaturge irlandais de la seconde moitié du vingtième siècle. La traduction d’Alain Delahaye est poétique et poignante. Le texte traduit la misère morale de trois êtres perdus errant dans un monde de désespérance, dans une atmosphère de bout du monde, et n’est pas sans rappeler les ambiances des œuvres de Tchekhov. L’enfant mort-né évoqué avec pudeur et enterré dans un village tout au nord de l’Ecosse symbolise la perte de l’espoir et l’isolement d’une vie d’exil. L’enjeu thématique, la poésie du texte et la délicatesse du jeu des comédiens ne laissent personne indifférent.</p> <p><strong>Guérisseur</strong><br />UNE PIÈCE DE BRIAN FRIEL<br />TEXTE FRANÇAIS D’ALAIN DELAHAYE<br />MISE EN SCÈNE : BENOÎT LAVIGNE<br />AVEC
 XAVIER GALLAIS OU THOMAS DURAND, BÉRANGÈRE GALLOT,
HERVÉ JOUVAL<br />COLLABORATION ARTISTIQUE : SOPHIE MAYER<br />DÉCOR ET COSTUMES : TIM NORTHAM<br />MUSIQUES : MICHEL WINOGRADOFF<br />
LUMIÈRES : DENIS KORANSKY<br />PRODUCTION : LUCERNAIRE<br />LES PIÈCES DE BRIAN FRIEL DANS LES TRADUCTIONS D’ALAIN DELAHAYE SONT REPRÉSENTÉES PAR L’AGENCE DRAMA - SUZANNE SARQUIER (WWW.DRAMAPARIS.COM) AGISSANT POUR LE COMPTE DE THE AGENCY (LONDON) LTD, 24 POTTERY LANE, LONDON W11 4LZ.&nbsp;

Durée : 1H25</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:</strong><br />DU 31 JANVIER 2018 AU 14 AVRIL 2018, DU MARDI AU SAMEDI À 19H
 au Théâtre du Lucernaire ( PARIS)</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/GUERISSEUR_3819109555960967277.jpg" alt="Guérisseur" width="300" height="287" style="margin: 5px; float: left;" />Par Imane Akalay – <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Sur la scène dépouillée, ornée seulement d’une bannière vantant les talents du «&nbsp;fantastique&nbsp;» Frank Hardy et d’une douzaine de chaises vides comme dans une salle des fêtes miteuse au lendemain d’un événement, trois personnes racontent leur histoire. Il s’agit de la même histoire et pourtant elle présente de nombreuses contradictions dans la bouche des trois protagonistes. Tous mentent, ou disent leur vérité, celle qui les protège à leurs propres yeux ou les heurte le moins.</p> <p style="text-align: justify;">Tout autour d’eux semble fané, poussiéreux, misérable.</p> <p style="text-align: justify;">Frank Hardy, remarquablement joué par Xavier Gallais (en alternance avec Thomas Durand) promet de guérir les gens par l’imposition des mains et sillonne dans une vieille camionnette les villages d’Ecosse et du pays de Galles pour proposer ses services, flanqué de sa compagne Grace (Bérangère Gallot) et son impresario Teddy (Hervé Jouval). Le guérisseur se raconte, auto-centré et désabusé. Il s’est inventé un talent. Homme-ressource dont l’entreprise fait vivre ses comparses et redonne espoir aux souffreteux, il a le charisme nécessaire pour gagner son pain mais porte avec angoisse le poids de ses responsabilités – et celui du mensonge. Il doute de lui-même. Il se sait charlatan. Torturé, il noie sa solitude et sa souffrance dans le whiskey.</p> <p style="text-align: justify;">Dos voûté, pieds en dedans, sourire triste, sa compagne Grace, interprétée tout en délicatesse par Bérangère Gallot, se raconte, femme soumise et dépréciée en situation de dépendance affective et matérielle. Prête à toutes les disgrâces, elle en fait le constat&nbsp;: «&nbsp;je ne sais pas si je peux continuer s’il n’est pas là pour me faire exister.&nbsp;» Quant à Teddy, le fidèle, l’observateur externe du désamour et des drames, le doux bouffon chargé d’assurer la promotion de l’entreprise, l’amoureux secret de Grace, il est en fin de compte le plus humain et généreux de ces trois êtres désespérés. Le seul survivant, aussi.</p> <p style="text-align: justify;">En quatre monologues successifs, le récit monte en tension, sans en avoir l’air, et lentement progresse vers l’issue finale. Le guérisseur poursuivi par ses démons attend sa rédemption ; il avance inéluctablement vers la mort dont il décrit le scénario méticuleusement, avec une lenteur et une précision presque insupportables, comme pour mieux la savourer. Comme si son salut ne pouvait résider que dans le sacrifice de sa vie. Symboliquement, l’exilé errant retourne en Irlande, sa terre natale, pour y connaître sa fin.</p> <p style="text-align: justify;">La mise en scène épurée à l’extrême donne toute sa force au texte inspiré de la pièce "The faith healer" de Brian Friel, considéré comme le plus grand dramaturge irlandais de la seconde moitié du vingtième siècle. La traduction d’Alain Delahaye est poétique et poignante. Le texte traduit la misère morale de trois êtres perdus errant dans un monde de désespérance, dans une atmosphère de bout du monde, et n’est pas sans rappeler les ambiances des œuvres de Tchekhov. L’enfant mort-né évoqué avec pudeur et enterré dans un village tout au nord de l’Ecosse symbolise la perte de l’espoir et l’isolement d’une vie d’exil. L’enjeu thématique, la poésie du texte et la délicatesse du jeu des comédiens ne laissent personne indifférent.</p> <p><strong>Guérisseur</strong><br />UNE PIÈCE DE BRIAN FRIEL<br />TEXTE FRANÇAIS D’ALAIN DELAHAYE<br />MISE EN SCÈNE : BENOÎT LAVIGNE<br />AVEC
 XAVIER GALLAIS OU THOMAS DURAND, BÉRANGÈRE GALLOT,
HERVÉ JOUVAL<br />COLLABORATION ARTISTIQUE : SOPHIE MAYER<br />DÉCOR ET COSTUMES : TIM NORTHAM<br />MUSIQUES : MICHEL WINOGRADOFF<br />
LUMIÈRES : DENIS KORANSKY<br />PRODUCTION : LUCERNAIRE<br />LES PIÈCES DE BRIAN FRIEL DANS LES TRADUCTIONS D’ALAIN DELAHAYE SONT REPRÉSENTÉES PAR L’AGENCE DRAMA - SUZANNE SARQUIER (WWW.DRAMAPARIS.COM) AGISSANT POUR LE COMPTE DE THE AGENCY (LONDON) LTD, 24 POTTERY LANE, LONDON W11 4LZ.&nbsp;

Durée : 1H25</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:</strong><br />DU 31 JANVIER 2018 AU 14 AVRIL 2018, DU MARDI AU SAMEDI À 19H
 au Théâtre du Lucernaire ( PARIS)</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> Le Cercle de Whitechapel : une comédie policière haletante et savoureuse, dans un somptueux décor 2018-02-14T13:28:03+00:00 2018-02-14T13:28:03+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2222-le-cercle-de-whitechapel-une-comedie-policiere-haletante-et-savoureuse-dans-un-somptueux-decor Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/le-cercle-de-whitechapel-01.jpg" alt="whitechapel" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Londres, 1888. Un plongeon dans l’ère victorienne dans un quartier pauvre et malfamé où de sinistres meurtres s’enchaînent et défraient les chroniques. Jack l’Eventreur fascine et terrorise la population par ses singulières et effroyables méthodes&nbsp;: assassinats de prostituées, vol d’organes… Il représente somme toute le mal absolu dans un siècle marqué par de fulgurantes innovations scientifiques, et deviendra inéluctablement un frissonnant mythe du 20ème siècle.</p> <p style="text-align: justify;">Dans cette atmosphère marquée par la terreur et l’excitation, Sir Herbert Granville décide de réunir une équipe d’enquêteurs, unique par leurs piquantes personnalités et leur foisonnante imagination.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Sir Herbert Graville, un gentleman anglais, prend très au sérieux cette multitude de meurtres et se fait une mission de résoudre la sinistre énigme. Il s’entoure d’un écrivain timide, discret, incroyablement perspicace, d’un administrateur de théâtre en vue, d’un journaliste écrivain passionné et colérique, ainsi que d’une femme intelligente, libre et provocante par son indépendance. Sir Arthur Conan Doyle (créateur de Sherlock Holmes), Georges Bernard Shaw (Pygmalion), Bram Stocker (Dracula) accompagnés de Mary Lawson, une des premières femmes médecin du royaume, vont l’accompagner dans ses intrépides recherches. <br /> Ces personnalités riches et emblématiques donnent un rythme fantastique à l’enquête. La séduction, l’humour, les échanges houleux et les révélations pimentent cette comédie policière bien délicieuse. C’est une équipe de pointe qui trace les pistes, s’interroge, soumet des hypothèses… sous les yeux avides d’un public conquis. Le suspense est permanent. <br /> On salue ce travail très exigeant au rendu brillant. Sous les yeux des spectateurs, prend forme le quartier de Whitechapel, par des photographies, des rapports, des témoignages, servis par des artistes très convaincants. La prestation des cinq comédiens est saisissante, la pièce trépidante, élégante, à la hauteur des attentes des amateurs du genre.</p> <p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">En résumé? «&nbsp;Le cercle de Whitechapel&nbsp;» c’est une pièce époustouflante, servie par de brillants artistes dans des rôles sur mesure, évoluant dans un décor de haute qualité.</span></p> <p><strong>Le Cercle de Whitechapel</strong><br />Auteur : Julien Lefebvre 
<br />Avec Stéphanie Bassibey, Pierre-Arnaud Juin, Ludovic Laroche, Jérôme Paquatte, Nicolas Saint-Georges<br />
Metteur en scène : Jean-Laurent Silvi</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />-Jusqu’au dimanche 15 avril 2018 au&nbsp;Théâtre Le Lucernaire (&nbsp;53, rue Notre-Dame-des-Champs,&nbsp;75&nbsp;006 Paris)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/le-cercle-de-whitechapel-01.jpg" alt="whitechapel" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Londres, 1888. Un plongeon dans l’ère victorienne dans un quartier pauvre et malfamé où de sinistres meurtres s’enchaînent et défraient les chroniques. Jack l’Eventreur fascine et terrorise la population par ses singulières et effroyables méthodes&nbsp;: assassinats de prostituées, vol d’organes… Il représente somme toute le mal absolu dans un siècle marqué par de fulgurantes innovations scientifiques, et deviendra inéluctablement un frissonnant mythe du 20ème siècle.</p> <p style="text-align: justify;">Dans cette atmosphère marquée par la terreur et l’excitation, Sir Herbert Granville décide de réunir une équipe d’enquêteurs, unique par leurs piquantes personnalités et leur foisonnante imagination.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Sir Herbert Graville, un gentleman anglais, prend très au sérieux cette multitude de meurtres et se fait une mission de résoudre la sinistre énigme. Il s’entoure d’un écrivain timide, discret, incroyablement perspicace, d’un administrateur de théâtre en vue, d’un journaliste écrivain passionné et colérique, ainsi que d’une femme intelligente, libre et provocante par son indépendance. Sir Arthur Conan Doyle (créateur de Sherlock Holmes), Georges Bernard Shaw (Pygmalion), Bram Stocker (Dracula) accompagnés de Mary Lawson, une des premières femmes médecin du royaume, vont l’accompagner dans ses intrépides recherches. <br /> Ces personnalités riches et emblématiques donnent un rythme fantastique à l’enquête. La séduction, l’humour, les échanges houleux et les révélations pimentent cette comédie policière bien délicieuse. C’est une équipe de pointe qui trace les pistes, s’interroge, soumet des hypothèses… sous les yeux avides d’un public conquis. Le suspense est permanent. <br /> On salue ce travail très exigeant au rendu brillant. Sous les yeux des spectateurs, prend forme le quartier de Whitechapel, par des photographies, des rapports, des témoignages, servis par des artistes très convaincants. La prestation des cinq comédiens est saisissante, la pièce trépidante, élégante, à la hauteur des attentes des amateurs du genre.</p> <p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">En résumé? «&nbsp;Le cercle de Whitechapel&nbsp;» c’est une pièce époustouflante, servie par de brillants artistes dans des rôles sur mesure, évoluant dans un décor de haute qualité.</span></p> <p><strong>Le Cercle de Whitechapel</strong><br />Auteur : Julien Lefebvre 
<br />Avec Stéphanie Bassibey, Pierre-Arnaud Juin, Ludovic Laroche, Jérôme Paquatte, Nicolas Saint-Georges<br />
Metteur en scène : Jean-Laurent Silvi</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />-Jusqu’au dimanche 15 avril 2018 au&nbsp;Théâtre Le Lucernaire (&nbsp;53, rue Notre-Dame-des-Champs,&nbsp;75&nbsp;006 Paris)</p> Ticket Gagnant : l'argent est un faux ami... 2018-02-14T12:42:04+00:00 2018-02-14T12:42:04+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2220-ticket-gagnant Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/15161885026422_ticket-gagnant2_37227.jpg" alt="TICKET" width="350" height="251" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Partager un million d’euros à trois, une chance&nbsp;? Une infortune? Quand l’argent pointe le bout de son nez, on peut être bien surpris, et découvrir de bien tristes vérités. Les rancœurs, les véritables désirs éclatent au grand jour, brisant couples et longues amitiés.</p> <p style="text-align: justify;">Connait-on réellement son entourage, les profondes motivations de chacun&nbsp;? Doit-on se poser ces quelques questions au risque de tout perdre&nbsp;? «&nbsp;Ticket Gagnant&nbsp;», c’est une comédie bien sympathique, qui utilise le thème de l’argent pour disserter sur les faiblesses humaines… Sur une tonalité humoristique, dans un décor très travaillé, le bon ton et la perspicacité sont de mise. Avec un scénario riche et rythmé, la mise en scène est très appréciée. Le jeu des acteurs est quant à lui bien convaincant. On salue plus particulièrement l’énergie et la justesse d’Adeline Zarudiansky, saisissante et enthousiasmante dans le rôle d’Anne.</p> <p style="text-align: justify;">Anne est une artiste inspirée, qui éprouve depuis peu quelques difficultés à vendre ses peintures. Son mari, Alexandre, est commercial et gagne très bien sa vie. Le couple, marié depuis huit ans, vit sur les revenus de ce dernier, ce qu’il ne manque pas de rappeler à son épouse avec quelques touches de condescendance : «&nbsp;Mettre de la couleur sur une toile, ce n’est pas un métier&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;Mathieu, ancien colocataire du couple, leur rend régulièrement visite. Il est resté l’ami le plus proche et le confident d’Anne. Le trentenaire, un véritable «&nbsp;panier percé&nbsp;», marié avec deux enfants, n’a toujours pas d’activité professionnelle après ses onze années d’études en «&nbsp;Rois Mages&nbsp;».&nbsp;Ensemble, ils vont jouer au loto et réaliseront le rêve de tous&nbsp;: obtenir «&nbsp;le ticket gagnant&nbsp;». Là, les vérités éclatent au grand jour et tout peut être remis en question…</p> <p style="text-align: justify;">On assiste à une plaisante représentation qui se veut intelligente dans le rire et qui en réussit le pari. Les questions sur l’amitié, le couple, l’argent, le mensonge sont multiples et amènent la réflexion&nbsp;: qu’aurais-je bien pu faire à leur place…? On rit, on s’interroge. Un bon moment de détente, où immanquablement, l’argent devient beaucoup moins séduisant&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Ticket Gagnant</strong><br />Auteur : Virginie Caloone, Tristan Zerbib 
<br />Avec Brice Ormain, Adeline Zarudiansky, Tristan Zerbib
</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Jusqu’au samedi 30 juin 2018 au Théâtre Comédie Bastille (&nbsp;5, rue Nicolas Appert,&nbsp;75&nbsp;011 Paris)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/15161885026422_ticket-gagnant2_37227.jpg" alt="TICKET" width="350" height="251" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Partager un million d’euros à trois, une chance&nbsp;? Une infortune? Quand l’argent pointe le bout de son nez, on peut être bien surpris, et découvrir de bien tristes vérités. Les rancœurs, les véritables désirs éclatent au grand jour, brisant couples et longues amitiés.</p> <p style="text-align: justify;">Connait-on réellement son entourage, les profondes motivations de chacun&nbsp;? Doit-on se poser ces quelques questions au risque de tout perdre&nbsp;? «&nbsp;Ticket Gagnant&nbsp;», c’est une comédie bien sympathique, qui utilise le thème de l’argent pour disserter sur les faiblesses humaines… Sur une tonalité humoristique, dans un décor très travaillé, le bon ton et la perspicacité sont de mise. Avec un scénario riche et rythmé, la mise en scène est très appréciée. Le jeu des acteurs est quant à lui bien convaincant. On salue plus particulièrement l’énergie et la justesse d’Adeline Zarudiansky, saisissante et enthousiasmante dans le rôle d’Anne.</p> <p style="text-align: justify;">Anne est une artiste inspirée, qui éprouve depuis peu quelques difficultés à vendre ses peintures. Son mari, Alexandre, est commercial et gagne très bien sa vie. Le couple, marié depuis huit ans, vit sur les revenus de ce dernier, ce qu’il ne manque pas de rappeler à son épouse avec quelques touches de condescendance : «&nbsp;Mettre de la couleur sur une toile, ce n’est pas un métier&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;Mathieu, ancien colocataire du couple, leur rend régulièrement visite. Il est resté l’ami le plus proche et le confident d’Anne. Le trentenaire, un véritable «&nbsp;panier percé&nbsp;», marié avec deux enfants, n’a toujours pas d’activité professionnelle après ses onze années d’études en «&nbsp;Rois Mages&nbsp;».&nbsp;Ensemble, ils vont jouer au loto et réaliseront le rêve de tous&nbsp;: obtenir «&nbsp;le ticket gagnant&nbsp;». Là, les vérités éclatent au grand jour et tout peut être remis en question…</p> <p style="text-align: justify;">On assiste à une plaisante représentation qui se veut intelligente dans le rire et qui en réussit le pari. Les questions sur l’amitié, le couple, l’argent, le mensonge sont multiples et amènent la réflexion&nbsp;: qu’aurais-je bien pu faire à leur place…? On rit, on s’interroge. Un bon moment de détente, où immanquablement, l’argent devient beaucoup moins séduisant&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Ticket Gagnant</strong><br />Auteur : Virginie Caloone, Tristan Zerbib 
<br />Avec Brice Ormain, Adeline Zarudiansky, Tristan Zerbib
</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Jusqu’au samedi 30 juin 2018 au Théâtre Comédie Bastille (&nbsp;5, rue Nicolas Appert,&nbsp;75&nbsp;011 Paris)</p> Ô ma mémoire : la mémoire poétique de Stéphane Hessel 2018-02-12T18:13:18+00:00 2018-02-12T18:13:18+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2218-o-ma-memoire-la-memoire-poetique-de-stephane-hessel Christian Kazandjian christango1@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/O_ma_memoire-13.jpg" alt="O ma memoire" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazanjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>La petite-fille de l’auteur de "Indignez vous", dévoile un aspect peu connu du grand homme.</p> <p style="text-align: justify;">Sites, articles de journaux, études, entretiens se sont penchés sur la vie et l’œuvre de Stéphane Hessel que nombre de ses contemporains ont (re)découvert à l’occasion de la publication de son opuscule plein de sève, Indignez-vous&nbsp;! On connaît ainsi son parcours de résistant, qui le mènera dans l’enfer des camps de concentration nazis, sa carrière de diplomate, notamment à l’ONU au moment où fut adoptée la déclaration des droits de l’Homme, son parcours politique à gauche. Toutes activités qui conduisent à forcer le respect. Mais que sait-on, au fond, de l’homme, né en Allemagne, arrivé en France à l’âge de 8 ans, du jeune homme amoureux, de l’époux et père, du grand-père&nbsp;attentionné ? Peu, il va sans dire. Peu, jusqu’à assister à "Ô ma mémoire" , portrait de Stéphane Hessel, spectacle offert par la compagnie Rêvages. Et qui mieux qu’un membre de la famille aurait pu entrer dans son intimité. <br />Sarah Lecarpentier s’est attelée à la gratifiante tâche. Les initiales S.L. rappellent la filiation&nbsp;: Hessel (est-ce elle?). Avec la complicité de Simon Barzilay au piano, elle endosse tantôt le rôle de Stéphane Hessel (1917-2013), tantôt celui de petite-fille et témoin privilégié. Le jour de son 88e anniversaire, le vieil homme, en paix avec la mort qu’il «&nbsp;attend comme une amie&nbsp;», publie "Ô ma mémoire", la poésie ma nécessité. Il y évoque les 88 poèmes qui ont jalonné sa vie. La comédienne en récite quelques uns qu’elle a appris par cœur, comme l’aïeul, bercée dans une famille où à table on ne parlait pas politique ou météo, mais poésies de Goethe, Valéry, enfin tout ceux qui ont permis à Stéphane Hessel de survivre, par exemple, dans les camps. Ainsi, Le corbeau d’Edgar Poe qui a bercé les nuits de froid et de faim, a aidé à ne pas sombrer dans l’inhumanité qu’avaient programmée les hitlériens. <br />Sarah Lecarpentier, tout de sensibilité et tendresse, passe d’une voix à l’autre, dit ses propres créations accompagnées par Simon Barzilay au piano, après celles d’auteurs qu’a aimés son grand-père&nbsp;: Apollinaire, Rimbaud, Valéry, Vigny et Shakespeare, Poe, Hölderlin. La beauté des poèmes, en anglais, allemand (langues que parlait Hessel), ensuite traduits, nous rappelle combien est nécessaire, voire vitale la poésie, comme le chant et la peinture qui ont accompagné les êtres humains, dès que se fût éveillé leur conscience. La mise en scène épurée de Kevin Keiss laisse toute sa place au texte. La poésie se situe au cœur de la langue, la modèle&nbsp;; et elle est résistance. «&nbsp;Créer, dit Stéphane Hessel, c’est résister et résister c’est créer&nbsp;». Si la poésie n’a jamais changé le monde, elle contribue à changer le regard des femmes et des hommes sur le monde.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Ô ma mémoire</strong>, portrait de Stéphane Hessel<br />Texte de Stéphane Hessel et Sarah Lecarpentier<br />Mise en scène : Kevin Keiss</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Lundi 5 et mardi 6 février 2018 au Théâtre de Belleville à Paris 11e (01.48.06.75.34.)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/O_ma_memoire-13.jpg" alt="O ma memoire" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazanjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>La petite-fille de l’auteur de "Indignez vous", dévoile un aspect peu connu du grand homme.</p> <p style="text-align: justify;">Sites, articles de journaux, études, entretiens se sont penchés sur la vie et l’œuvre de Stéphane Hessel que nombre de ses contemporains ont (re)découvert à l’occasion de la publication de son opuscule plein de sève, Indignez-vous&nbsp;! On connaît ainsi son parcours de résistant, qui le mènera dans l’enfer des camps de concentration nazis, sa carrière de diplomate, notamment à l’ONU au moment où fut adoptée la déclaration des droits de l’Homme, son parcours politique à gauche. Toutes activités qui conduisent à forcer le respect. Mais que sait-on, au fond, de l’homme, né en Allemagne, arrivé en France à l’âge de 8 ans, du jeune homme amoureux, de l’époux et père, du grand-père&nbsp;attentionné ? Peu, il va sans dire. Peu, jusqu’à assister à "Ô ma mémoire" , portrait de Stéphane Hessel, spectacle offert par la compagnie Rêvages. Et qui mieux qu’un membre de la famille aurait pu entrer dans son intimité. <br />Sarah Lecarpentier s’est attelée à la gratifiante tâche. Les initiales S.L. rappellent la filiation&nbsp;: Hessel (est-ce elle?). Avec la complicité de Simon Barzilay au piano, elle endosse tantôt le rôle de Stéphane Hessel (1917-2013), tantôt celui de petite-fille et témoin privilégié. Le jour de son 88e anniversaire, le vieil homme, en paix avec la mort qu’il «&nbsp;attend comme une amie&nbsp;», publie "Ô ma mémoire", la poésie ma nécessité. Il y évoque les 88 poèmes qui ont jalonné sa vie. La comédienne en récite quelques uns qu’elle a appris par cœur, comme l’aïeul, bercée dans une famille où à table on ne parlait pas politique ou météo, mais poésies de Goethe, Valéry, enfin tout ceux qui ont permis à Stéphane Hessel de survivre, par exemple, dans les camps. Ainsi, Le corbeau d’Edgar Poe qui a bercé les nuits de froid et de faim, a aidé à ne pas sombrer dans l’inhumanité qu’avaient programmée les hitlériens. <br />Sarah Lecarpentier, tout de sensibilité et tendresse, passe d’une voix à l’autre, dit ses propres créations accompagnées par Simon Barzilay au piano, après celles d’auteurs qu’a aimés son grand-père&nbsp;: Apollinaire, Rimbaud, Valéry, Vigny et Shakespeare, Poe, Hölderlin. La beauté des poèmes, en anglais, allemand (langues que parlait Hessel), ensuite traduits, nous rappelle combien est nécessaire, voire vitale la poésie, comme le chant et la peinture qui ont accompagné les êtres humains, dès que se fût éveillé leur conscience. La mise en scène épurée de Kevin Keiss laisse toute sa place au texte. La poésie se situe au cœur de la langue, la modèle&nbsp;; et elle est résistance. «&nbsp;Créer, dit Stéphane Hessel, c’est résister et résister c’est créer&nbsp;». Si la poésie n’a jamais changé le monde, elle contribue à changer le regard des femmes et des hommes sur le monde.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Ô ma mémoire</strong>, portrait de Stéphane Hessel<br />Texte de Stéphane Hessel et Sarah Lecarpentier<br />Mise en scène : Kevin Keiss</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Lundi 5 et mardi 6 février 2018 au Théâtre de Belleville à Paris 11e (01.48.06.75.34.)</p> T- Rex : autopsie d'un burn-out dévorant 2018-02-12T17:45:57+00:00 2018-02-12T17:45:57+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2216-t-rex-autopsie-d-un-burn-out-devorant Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/vz-3b16693c-cbb5-4abf-9c6c-d0477fc145df.jpg" alt="t Rex" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> «&nbsp;C’est la chronique d’une vie au bureau&nbsp;». Ordinaire&nbsp;? On ne l’espère pas, car cette descente aux enfers n’est souhaitable à personne, pas même à son pire ennemi.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Entre une N+1 très exigeante, des cafouillages informatiques et une équipe peu coordonnée, la pression monte au bureau.</p> <p style="text-align: justify;">Alexandre, un jeune cadre banquier vient d’avoir une promotion&nbsp;: il est nommé manager et doit finaliser un projet dans un délai irréaliste. Il est d’abord flatté et excité par la belle proposition, mais sombre insidieusement dans une solitaire dépression…. Ayant pris le poste de Cédric, son ancien chef s’étant donné la mort quelques jours auparavant, il ne mesure que très tardivement les conséquences de ses choix personnels et professionnels. On voit alors un aimable jeune homme devenir antipathique, égoïste, se coupant de toute relation sociale, devenant grossier et blessant avec ses plus proches parents.</p> <p style="text-align: justify;">L’idée est plutôt originale et le scénario intéressant&nbsp;: pendant plus d’une heure, s’exposent aux yeux des spectateurs les stigmates et les signes avant-coureurs d’un Burn Out. La pression, l’angoisse, la peur ne pas être à la hauteur se manifestent par un immense T-Rex, hantant ses nuits conduisant à de longues insomnies. <br />Dans un sujet très sérieux, le ton reste humoristique, donnant un angle de réflexion bien engageant. La performance est louable, malgré quelques longueurs. On se dit que cette pièce pourrait bien rendre service…</p> <p><strong>T - Rex</strong><br />Auteur : Alexandre Oppecini<br />
Artistes : Alexandre Oppecini
<br />Metteur en scène : Marie Guibourt</p> <p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">- Jusqu’au mardi 27 mars 2018 au&nbsp;</span>Théâtre de la Contrescarpe (&nbsp;5, rue de Blainville,&nbsp;75&nbsp;005 Paris)</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/vz-3b16693c-cbb5-4abf-9c6c-d0477fc145df.jpg" alt="t Rex" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> «&nbsp;C’est la chronique d’une vie au bureau&nbsp;». Ordinaire&nbsp;? On ne l’espère pas, car cette descente aux enfers n’est souhaitable à personne, pas même à son pire ennemi.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Entre une N+1 très exigeante, des cafouillages informatiques et une équipe peu coordonnée, la pression monte au bureau.</p> <p style="text-align: justify;">Alexandre, un jeune cadre banquier vient d’avoir une promotion&nbsp;: il est nommé manager et doit finaliser un projet dans un délai irréaliste. Il est d’abord flatté et excité par la belle proposition, mais sombre insidieusement dans une solitaire dépression…. Ayant pris le poste de Cédric, son ancien chef s’étant donné la mort quelques jours auparavant, il ne mesure que très tardivement les conséquences de ses choix personnels et professionnels. On voit alors un aimable jeune homme devenir antipathique, égoïste, se coupant de toute relation sociale, devenant grossier et blessant avec ses plus proches parents.</p> <p style="text-align: justify;">L’idée est plutôt originale et le scénario intéressant&nbsp;: pendant plus d’une heure, s’exposent aux yeux des spectateurs les stigmates et les signes avant-coureurs d’un Burn Out. La pression, l’angoisse, la peur ne pas être à la hauteur se manifestent par un immense T-Rex, hantant ses nuits conduisant à de longues insomnies. <br />Dans un sujet très sérieux, le ton reste humoristique, donnant un angle de réflexion bien engageant. La performance est louable, malgré quelques longueurs. On se dit que cette pièce pourrait bien rendre service…</p> <p><strong>T - Rex</strong><br />Auteur : Alexandre Oppecini<br />
Artistes : Alexandre Oppecini
<br />Metteur en scène : Marie Guibourt</p> <p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">- Jusqu’au mardi 27 mars 2018 au&nbsp;</span>Théâtre de la Contrescarpe (&nbsp;5, rue de Blainville,&nbsp;75&nbsp;005 Paris)</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> La voix humaine : rupture sur le fil 2018-02-08T20:32:47+00:00 2018-02-08T20:32:47+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2213-la-voix-humaine-rupture-sur-le-fil Christian Kazandjian christango1@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/la-voix-humaine-charles-gonzales-affiche.jpg" alt="la voix humaine" width="300" height="403" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazandjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Avec "La voix humaine", Jean Cocteau explore les dédales des sentiments d’êtres confrontés à l’épreuve de la fin d’un amour.</p> <p style="text-align: justify;">Une femme. Seule dans la pénombre, un téléphone à l’oreille. Entre diverses coupures dues à des interférences sur la ligne –on est à l’époque où on passait par un standard et ses opératrices- elle parle à un homme, son homme. On comprend qu’il vient de la quitter. Une rupture comme tout le monde en a connue, comme Cocteau en a connue (pour lui, à l’heure d’écrire "La voix humaine" ce fut la plus brutale&nbsp;qui soit : la mort de l’être aimé, Raymond Radiguet en 1923). <br />La femme parle, d’une voix posée, caressante. On sent qu’elle n’accepte pas de couper les ponts&nbsp;; espère-t-elle encore? Sans doute, comme toute personne abandonnée. Elle ment si nécessaire, pour ne pas brusquer l’autre, si loin désormais. Elle ment pour ne pas sombrer totalement aussi. Elle aime encore, donne du «&nbsp;chéri&nbsp;» à son interlocuteur, rappelle les moments agréables, les joies, le bonheur qu’il lui a procurés. A ses réponses, on sent que l’homme, si loin désormais, s’en tient à des considérations matérielles, triviales même (il souhaite récupérer rapidement ses effets, ses gants surtout). On le sent peu préoccupé par les êtres&nbsp;: la femme d’abord, au-delà des questions de convenance, s’inquiétant toutefois de sa tentative de suicide&nbsp;; et du chien qui déprime, se montre agressif envers celle qui en hérite. Lui va au restaurant et s’apprête à partir en villégiature avec sa nouvelle conquête, dans les lieux mêmes où ils allaient avant, ajoutant à son insensibilité la goujaterie&nbsp;: à peine accepte-t-il de ne pas descendre dans «&nbsp;leur hôtel&nbsp;». On l’aura compris&nbsp;: une rupture, même sous les faux atours du consentement, blesse toujours celui qui n’en est pas à l’origine. <br />La mise en scène, la lumière de Charles Gonzalès apportent un éclairage nouveau à une pièce créée en 1930 à la Comédie française, bien secondé par le jeu subtil et tout en nuances de Yannick Rocher. La voix off d’une femme, qu’on devine vieille, se teinte de colère, de désespoir, pendant négatif du calme feint affiché par la femme sur le plateau. Cette voix intérieure, elle, ne joue pas. Elle exprime une souffrance. Le petit film projeté sur les tentures met en scène une dame âgée, qu’on imagine être en réalité la femme au téléphone, plus jeune celle-ci. Cette trouvaille rajoute une autre dimension à la pièce&nbsp;: le drame de la vieillesse, étape qu’on imagine difficilement, loin de l’aimé. La musique, mêlant airs chantés pas la môme Piaf, et plus récents (Procol Harum) établit un pont entre les époques réaffirmant l’universalité du propos. Et les téléphones portables et autres Ipod n’y pourront rien changer. <br />Jean Cocteau, poète, romancier, peintre, cinéaste, dramaturge, pensait que de théâtre, il n’en existait qu’un et qu’il s’appuyait sur le texte. "La voix humaine", pièce qu’on pourrait qualifier de radiophonique, dans une mise en scène qui lui vaut d’être éligible aux Molières 2018, en est la preuve vivante.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La voix humaine</strong> de Jean Cocteau,<br />Mise en scène : Charles Gonzalès</p> <p>Jeu : Yannick Rocher et Monique Dorsel</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Jusqu'au 27 mars 2018 au Théâtre de la Contrescarpe, Paris 5e (01.42.01.81.88) les lundis et mardis à 19h30.</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/la-voix-humaine-charles-gonzales-affiche.jpg" alt="la voix humaine" width="300" height="403" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazandjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Avec "La voix humaine", Jean Cocteau explore les dédales des sentiments d’êtres confrontés à l’épreuve de la fin d’un amour.</p> <p style="text-align: justify;">Une femme. Seule dans la pénombre, un téléphone à l’oreille. Entre diverses coupures dues à des interférences sur la ligne –on est à l’époque où on passait par un standard et ses opératrices- elle parle à un homme, son homme. On comprend qu’il vient de la quitter. Une rupture comme tout le monde en a connue, comme Cocteau en a connue (pour lui, à l’heure d’écrire "La voix humaine" ce fut la plus brutale&nbsp;qui soit : la mort de l’être aimé, Raymond Radiguet en 1923). <br />La femme parle, d’une voix posée, caressante. On sent qu’elle n’accepte pas de couper les ponts&nbsp;; espère-t-elle encore? Sans doute, comme toute personne abandonnée. Elle ment si nécessaire, pour ne pas brusquer l’autre, si loin désormais. Elle ment pour ne pas sombrer totalement aussi. Elle aime encore, donne du «&nbsp;chéri&nbsp;» à son interlocuteur, rappelle les moments agréables, les joies, le bonheur qu’il lui a procurés. A ses réponses, on sent que l’homme, si loin désormais, s’en tient à des considérations matérielles, triviales même (il souhaite récupérer rapidement ses effets, ses gants surtout). On le sent peu préoccupé par les êtres&nbsp;: la femme d’abord, au-delà des questions de convenance, s’inquiétant toutefois de sa tentative de suicide&nbsp;; et du chien qui déprime, se montre agressif envers celle qui en hérite. Lui va au restaurant et s’apprête à partir en villégiature avec sa nouvelle conquête, dans les lieux mêmes où ils allaient avant, ajoutant à son insensibilité la goujaterie&nbsp;: à peine accepte-t-il de ne pas descendre dans «&nbsp;leur hôtel&nbsp;». On l’aura compris&nbsp;: une rupture, même sous les faux atours du consentement, blesse toujours celui qui n’en est pas à l’origine. <br />La mise en scène, la lumière de Charles Gonzalès apportent un éclairage nouveau à une pièce créée en 1930 à la Comédie française, bien secondé par le jeu subtil et tout en nuances de Yannick Rocher. La voix off d’une femme, qu’on devine vieille, se teinte de colère, de désespoir, pendant négatif du calme feint affiché par la femme sur le plateau. Cette voix intérieure, elle, ne joue pas. Elle exprime une souffrance. Le petit film projeté sur les tentures met en scène une dame âgée, qu’on imagine être en réalité la femme au téléphone, plus jeune celle-ci. Cette trouvaille rajoute une autre dimension à la pièce&nbsp;: le drame de la vieillesse, étape qu’on imagine difficilement, loin de l’aimé. La musique, mêlant airs chantés pas la môme Piaf, et plus récents (Procol Harum) établit un pont entre les époques réaffirmant l’universalité du propos. Et les téléphones portables et autres Ipod n’y pourront rien changer. <br />Jean Cocteau, poète, romancier, peintre, cinéaste, dramaturge, pensait que de théâtre, il n’en existait qu’un et qu’il s’appuyait sur le texte. "La voix humaine", pièce qu’on pourrait qualifier de radiophonique, dans une mise en scène qui lui vaut d’être éligible aux Molières 2018, en est la preuve vivante.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La voix humaine</strong> de Jean Cocteau,<br />Mise en scène : Charles Gonzalès</p> <p>Jeu : Yannick Rocher et Monique Dorsel</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Jusqu'au 27 mars 2018 au Théâtre de la Contrescarpe, Paris 5e (01.42.01.81.88) les lundis et mardis à 19h30.</p> La logique des femmes : un tête à tête hilarant entre un moine et une femme libérée 2018-02-08T20:24:42+00:00 2018-02-08T20:24:42+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2212-la-logique-des-femmes-un-tete-a-tete-hilarant-entre-un-moine-et-une-femme-liberee Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/ob_d48007_logique-des-femmes.jpg" alt="logique des femmes " width="300" height="446" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Combien de femmes ont peur ou peinent à concilier vie sentimentale et vie professionnelle? Que peuvent ressentir les femmes carriéristes arrivées à quarante ans, socialement bien accomplies mais sans avoir construit de vie de famille&nbsp;?&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Un bon sujet sociétal que Carole Barbier a décidé de décortiquer avec de belles pointes d’humour. Quoi de mieux qu’un moine déluré pour faire réfléchir Lola, une fougueuse working girl en mal de compagnie lorsque les paillettes ne brillent plus…&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Lola est trader, elle approche la quarantaine et n’a pas de mari, pas d’enfants… Elle s’amuse, elle croque la vie à pleine mais n’a pas vraiment de projets personnels. Cette infatigable fêtarde a laissé les années passer et a pris la poudre d’escampette quand Julien, son ex-compagnon, a souhaité s’engager avec elle. Mais de quoi pouvait-elle avoir bien peur&nbsp;? Frère Félicien a été missionné par «&nbsp;Dieu&nbsp;» pour guider cette pauvre Lola esseulée, qui a bien du mal à avouer son mal-être. Il va devoir mener Lola sur la voie de la réflexion, lui faire prendre du recul et l’aider à renouer avec Julien, l’«homme de sa vie&nbsp;». <br />Mais Lola donne du fil à retordre à un moine moins bien vertueux qu’il le prétend… Elle lui saute littéralement dessus. Frère Félicien doit résister tant bien que mal à ces tentations, et se réfugie dans le bon vin…</p> <p style="text-align: justify;">On assiste à une représentation très réussie&nbsp;: le duo est parfait, enchaîne les répliques avec humour, complicité, justesse et enthousiasme. Virginie Stevenoot est épatante dans le rôle de Lola, et Daniel-Jean Colloredo, hilarant dans&nbsp;la peau du facétieux Frère Félicien. Au grand plaisir des spectateurs, les artistes sont très généreux dans leur interprétation&nbsp;: ils communiquent leur énergie et n’hésitent pas à improviser en pimentant le scénario. Les mimiques, les répliques, tout y est pour rire de bon cœur.</p> <p style="text-align: justify;">On note quelques tendances à tomber dans des clichés discutables (les remarques misogynes du moine) mais Virginie Stevenoot incite avec intelligence le public à huer sympathiquement celui qui les formule. Qu’est-ce qu’on rit, qu’est-ce qu’on s’amuse dans cette comédie désopilante… Avec Virginie Stevenoot et Daniel-Jean Colloredo, c’est une soirée assurément réussie&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La logique des femmes</strong></p> <p style="text-align: justify;">Auteur : Antoine Beauville</p> <p style="text-align: justify;">
Artistes : En alternance : Virginie Stevenoot ou Belen Lorenzo, Dominique-Pierre Devers ou Mehdi ou Daniel-Jean Colloredo
</p> <p style="text-align: justify;">Metteur en scène : Carole Barbier</p> <p style="text-align: justify;">Découvert au théâtre Les Feux de la Rampe (34, rue Richer,&nbsp;75&nbsp;009 Paris)</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/ob_d48007_logique-des-femmes.jpg" alt="logique des femmes " width="300" height="446" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Combien de femmes ont peur ou peinent à concilier vie sentimentale et vie professionnelle? Que peuvent ressentir les femmes carriéristes arrivées à quarante ans, socialement bien accomplies mais sans avoir construit de vie de famille&nbsp;?&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Un bon sujet sociétal que Carole Barbier a décidé de décortiquer avec de belles pointes d’humour. Quoi de mieux qu’un moine déluré pour faire réfléchir Lola, une fougueuse working girl en mal de compagnie lorsque les paillettes ne brillent plus…&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Lola est trader, elle approche la quarantaine et n’a pas de mari, pas d’enfants… Elle s’amuse, elle croque la vie à pleine mais n’a pas vraiment de projets personnels. Cette infatigable fêtarde a laissé les années passer et a pris la poudre d’escampette quand Julien, son ex-compagnon, a souhaité s’engager avec elle. Mais de quoi pouvait-elle avoir bien peur&nbsp;? Frère Félicien a été missionné par «&nbsp;Dieu&nbsp;» pour guider cette pauvre Lola esseulée, qui a bien du mal à avouer son mal-être. Il va devoir mener Lola sur la voie de la réflexion, lui faire prendre du recul et l’aider à renouer avec Julien, l’«homme de sa vie&nbsp;». <br />Mais Lola donne du fil à retordre à un moine moins bien vertueux qu’il le prétend… Elle lui saute littéralement dessus. Frère Félicien doit résister tant bien que mal à ces tentations, et se réfugie dans le bon vin…</p> <p style="text-align: justify;">On assiste à une représentation très réussie&nbsp;: le duo est parfait, enchaîne les répliques avec humour, complicité, justesse et enthousiasme. Virginie Stevenoot est épatante dans le rôle de Lola, et Daniel-Jean Colloredo, hilarant dans&nbsp;la peau du facétieux Frère Félicien. Au grand plaisir des spectateurs, les artistes sont très généreux dans leur interprétation&nbsp;: ils communiquent leur énergie et n’hésitent pas à improviser en pimentant le scénario. Les mimiques, les répliques, tout y est pour rire de bon cœur.</p> <p style="text-align: justify;">On note quelques tendances à tomber dans des clichés discutables (les remarques misogynes du moine) mais Virginie Stevenoot incite avec intelligence le public à huer sympathiquement celui qui les formule. Qu’est-ce qu’on rit, qu’est-ce qu’on s’amuse dans cette comédie désopilante… Avec Virginie Stevenoot et Daniel-Jean Colloredo, c’est une soirée assurément réussie&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La logique des femmes</strong></p> <p style="text-align: justify;">Auteur : Antoine Beauville</p> <p style="text-align: justify;">
Artistes : En alternance : Virginie Stevenoot ou Belen Lorenzo, Dominique-Pierre Devers ou Mehdi ou Daniel-Jean Colloredo
</p> <p style="text-align: justify;">Metteur en scène : Carole Barbier</p> <p style="text-align: justify;">Découvert au théâtre Les Feux de la Rampe (34, rue Richer,&nbsp;75&nbsp;009 Paris)</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> 1336 (parole de Fralib) : parole ouvrière, parole de lutte 2018-02-08T11:24:43+00:00 2018-02-08T11:24:43+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2211-1336-parole-de-fralib-parole-ouvriere-parole-de-lutte Christian Kazandjian christango1@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/184339-plg_parole_de_fralibs_4339_web.jpg" alt="Fralib" width="350" height="234" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazandjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Avec "1336 (parole de Fralib)", l’acteur Philippe Durand rapporte les témoignages d’ouvrières et ouvriers qui ont lutté quatre années durant pour sauvegarder l’emploi et un savoir-faire artisanal.</p> <p style="text-align: justify;">Nous connaissons, à peu près tous, les marques d’infusions Éléphant et Lipton, conditionnées en France par Fralib, filiale de la multinationale Unilever. Peut-être savons-nous qu’en 1998 Unilever ferma l’usine du Havre pour ne garder que l’unité de production de Gémenos près de Marseille. Peut-être savons-nous qu’Unilever décida en 2010 de la fermer également, jetant 182 salariés à la rue. Et que ces derniers décidèrent alors de se battre pour conserver la production et l’emploi. Peut-être savons-nous qu’au bout de 1336 jours d’occupation du site, de séances de tribunal, de menaces de nervis du patronat, d’intimidation de la police, les salariés sont autorisés à conserver le site et créer une coopérative. Peut-être le savons-nous, un peu, beaucoup, ou pas du tout. Le spectacle "1336 (parole de Fralib)" permet de compléter notre information. Et ce, de la bouche même de ceux qui gagnèrent au final, de haute lutte.<br />L’acteur Philippe Durand a recueilli durant des mois les témoignages de ces femmes et de ces hommes qui peuvent fièrement parler de cet épisode exemplaire de conflit social. «&nbsp;Avé l’acent&nbsp;», le comédien donne voix à celles et ceux qui, lassés de n’être ni écoutés ni entendus, décidèrent d’être autre chose que des petites mains réduites au silence. La parole livrée brute est, tout à la fois, drôle, sérieuse, émue et émotive, poétique également. Comme quoi la classe ouvrière connait aussi la force du verbe et ce que parler veut dire. Les propos des protagonistes nous font entrer dans l’intimité de ces ouvriers, nous amenant à découvrir les joies, les doutes, les moments de spleen que solidarité et amitié aident à surmonter. Et sous chaque phrase perce la dignité. Car comment comprendre autrement qu’un ouvrier refuse 90&nbsp;000 euros pour fermer sa gueule et partir en catimini, comme si c’était lui le délinquant. <br />Philippe Durand est assis, face au public disposé en forme d’hémicycle, dans une salle éclairée a giorno. La scénographie minimaliste donne toute sa place aux textes. Les pages du cahier posé sur la table, en tournant, marquent le passage du temps&nbsp;: 1336 jours, 4 ans. Il en faut du courage et de la détermination pour tenir 1336 jours et voir enfin la marque ainsi créée garnir peu à peu les rayons de certains supermarchés. A la fin du spectacle, l’acteur se mue en représentant de 1136 et propose au public les boites d’infusions. De la parole à l’acte. Une leçon d’humanité donnée par une classe ouvrière que le réalisateur Elio Petri envoyait, en 1971, au paradis, mais qui, en attendant, sait garder les pieds sur terre.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>1336</strong> (parole de Fralib)de et par Philippe Durand</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Du 7 mars au 31 mai 2018 au théâtre de Belleville à Paris 11e. Renseignements&nbsp;: 01 48 06 72 34</p> <p style="text-align: justify;">Texte disponible aux éditions D’ores et déjà</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/184339-plg_parole_de_fralibs_4339_web.jpg" alt="Fralib" width="350" height="234" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazandjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Avec "1336 (parole de Fralib)", l’acteur Philippe Durand rapporte les témoignages d’ouvrières et ouvriers qui ont lutté quatre années durant pour sauvegarder l’emploi et un savoir-faire artisanal.</p> <p style="text-align: justify;">Nous connaissons, à peu près tous, les marques d’infusions Éléphant et Lipton, conditionnées en France par Fralib, filiale de la multinationale Unilever. Peut-être savons-nous qu’en 1998 Unilever ferma l’usine du Havre pour ne garder que l’unité de production de Gémenos près de Marseille. Peut-être savons-nous qu’Unilever décida en 2010 de la fermer également, jetant 182 salariés à la rue. Et que ces derniers décidèrent alors de se battre pour conserver la production et l’emploi. Peut-être savons-nous qu’au bout de 1336 jours d’occupation du site, de séances de tribunal, de menaces de nervis du patronat, d’intimidation de la police, les salariés sont autorisés à conserver le site et créer une coopérative. Peut-être le savons-nous, un peu, beaucoup, ou pas du tout. Le spectacle "1336 (parole de Fralib)" permet de compléter notre information. Et ce, de la bouche même de ceux qui gagnèrent au final, de haute lutte.<br />L’acteur Philippe Durand a recueilli durant des mois les témoignages de ces femmes et de ces hommes qui peuvent fièrement parler de cet épisode exemplaire de conflit social. «&nbsp;Avé l’acent&nbsp;», le comédien donne voix à celles et ceux qui, lassés de n’être ni écoutés ni entendus, décidèrent d’être autre chose que des petites mains réduites au silence. La parole livrée brute est, tout à la fois, drôle, sérieuse, émue et émotive, poétique également. Comme quoi la classe ouvrière connait aussi la force du verbe et ce que parler veut dire. Les propos des protagonistes nous font entrer dans l’intimité de ces ouvriers, nous amenant à découvrir les joies, les doutes, les moments de spleen que solidarité et amitié aident à surmonter. Et sous chaque phrase perce la dignité. Car comment comprendre autrement qu’un ouvrier refuse 90&nbsp;000 euros pour fermer sa gueule et partir en catimini, comme si c’était lui le délinquant. <br />Philippe Durand est assis, face au public disposé en forme d’hémicycle, dans une salle éclairée a giorno. La scénographie minimaliste donne toute sa place aux textes. Les pages du cahier posé sur la table, en tournant, marquent le passage du temps&nbsp;: 1336 jours, 4 ans. Il en faut du courage et de la détermination pour tenir 1336 jours et voir enfin la marque ainsi créée garnir peu à peu les rayons de certains supermarchés. A la fin du spectacle, l’acteur se mue en représentant de 1136 et propose au public les boites d’infusions. De la parole à l’acte. Une leçon d’humanité donnée par une classe ouvrière que le réalisateur Elio Petri envoyait, en 1971, au paradis, mais qui, en attendant, sait garder les pieds sur terre.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>1336</strong> (parole de Fralib)de et par Philippe Durand</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Du 7 mars au 31 mai 2018 au théâtre de Belleville à Paris 11e. Renseignements&nbsp;: 01 48 06 72 34</p> <p style="text-align: justify;">Texte disponible aux éditions D’ores et déjà</p> Nouveau(x) genre(s) : l’analysée, la psy et l’interprétation de Lacan 2018-02-08T10:37:22+00:00 2018-02-08T10:37:22+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2208-nouveau-x-genre-s-l-analysee-la-psy-et-l-interpretation-de-lacan Guillaume Chérel bigcherel@orange.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/visuel-NOUVEAU-GENRE-2018--360x540.jpg" alt="Nouveaux genres " width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Guillaume Chérel -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/&nbsp;Ecrit et mis en scène par Caroline de Diesbach, "Nouveau(x) genre(s)" entend mêler&nbsp;théâtre, chant, vidéo et musique. "Nouveau(x) genre(s)" se veut un voyage dans l’inconscient… Soit, mais dans l’inconscient de Caroline de Diesbach, alors, qui aurait dû et pu l’appeler «&nbsp;Voyage dans mon analyse ».</p> <p style="text-align: justify;">C’eut été largement suffisant et surtout très juste. Car c’est bien d’elle dont il s’agit, lorsque cette femme, sur le plateau, interroge son rapport au genre. Elle dépasse largement la question (on ne peut plus d’actualité)&nbsp;: «&nbsp;que signifie être une fille dans un monde dominé par les hommes&nbsp;? Son spectacle va bien plus loin. C’est d’ailleurs écrit sur les affiches de cette pièce jouée à la Manufacture des Abbesses, à Paris&nbsp;: «&nbsp;C’est toute l’énigme de la féminité&nbsp; qui est interrogée (rien que ça&nbsp;!?), désir, fantasme, langage…&nbsp;». Bref, un spectacle annoncé comme subversif et indécemment léger&nbsp;! Avec point d’exclamation… Sans oublier Freud et Lacan qui sont invoqués. Tout doux, Caroline… «&nbsp;Trop de notes&nbsp;», reprocha-t-on à Mozart. Trop de déclarations d’intention peut tuer l’intention.<br />Il était inutile d’en rajouter ici. Car le duo proposé sur scène (la psy et l’analysée) suffit à lui-même. Une femme ressent le besoin de faire une analyse. Les scènes se succèdent&nbsp;: «&nbsp;venez&nbsp;», dit la psy, jouée tout en finesse par Isabelle Gomez (à&nbsp;la fois bienveillante et cassante). L’analysée, allure fragile mais décidée, entre alors en scène, s’assoit, parle et… la psy la coupe, au moment où elle le juge utile (un mot), par un cinglant&nbsp;: «&nbsp;On arrête là&nbsp;». Ce mot (cu-cul, par exemple, ou «&nbsp;baiser la gueule&nbsp;») est censé faire réfléchir l’analysée jusqu’à la prochaine séance. C’est évidemment un texte autant sur les maux de l’âme que sur les mots, bien entendu. L’analysée, en révélant sa parole intime, pendant les séances psychanalytiques, avance dans sa psyché, en reculant dans son passé. Et c’est passionnant car l’enquête évolue sous nos yeux et pour nos oreilles avec délectation. Caroline semble découvrir avec le public les multiples effets de la langue. Il faut dire aussi que l’ombre de Lacan «&nbsp;fait interprétation&nbsp;»…<br />"Nouveaux Genres" est une expérience intellectuelle qui ouvre le champ des possibles mais pourrait aussi nous laisser sur notre faim, si un débat n’était pas organisé à la fin, comme ce qui fut le cas le soir où nous avons découvert cette pièce touchante, puisque chacun d’entre nous peut se voir en miroir. Elle lève non seulement un voile sur ce qui se passe lors d’une psychanalyse mais également sur nos non-dits, ou trop-dits, voire mal-dits. C’est dit. A la limite (attention à ce que nous écrivons), les chansons et les vidéos sont presque de trop. C’est joli, travaillé, bien amené mais l’essentiel n’est pas là. Caroline de Diesbach (l’analysante) est largement assez passionnante, avec son jeu, ses interrogations, maladresses, passions, désirs, blessures, pour nous captiver. Elle qui est déjà autrice, metteur(e) en scène, comédienne, danseuse, chanteuse, depuis l’âge de 17 ans. On voit bien qu’elle est arrivée à maturité, libérée. D’autant plus qu’elle a une partenaire idéale, Isabelle Gomez (l’analyste), très à l’écoute, qui a travaillé avec &nbsp;Jérôme Savary - comme Caroline de Diesbach - et Roland Topor, entre autres. Il est joli ce geste, quand elles se quittent en se touchant la main en souriant, après chaque séance (parfois douloureuse), pour mimer le transfert d’argent, évoqué d’ailleurs. Ah&nbsp;! L’argent… ça peut durer longtemps une psychanalyse&nbsp;! Alors qu’il suffit parfois d’écrire un livre ou une pièce de théâtre. N’est-ce-pas, Caroline&nbsp;? Voilà, c’est fait. Bravo Caroline de Diesbach. Vous pouvez être fière de vous. Votre psychanalyse valait bien un spectacle d’un genre nouveau. Pluridisciplinaire oui, mais l’essentiel c’est vous. C’est nous.</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Nouveau(x) genre(s)</strong></p> <p style="text-align: justify;">Texte et mise scène :&nbsp;Caroline de Diesbach<br />Actrices :&nbsp;Caroline de Diesbach, Isabelle Gomez</p> <p style="text-align: justify;">Musique&nbsp;:&nbsp;Marielle Tognazzoni, Thierry Epiney, Gilles Normand<br />Vidéo&nbsp;:&nbsp;Vincent Forclaz, Julien Valentini<br />Lumière&nbsp;:&nbsp;Jérôme Hugon<br />Décor&nbsp;:&nbsp;Valérie Margot<br />Chorégraphie&nbsp;:&nbsp;Géraldine Lonfat<br />Regard extérieur&nbsp;:&nbsp;Mathilde Braun, Sébastien Ehlinger<br />Conseiller artistique&nbsp;:&nbsp;Philippe Metz</p> <p><span style="text-align: justify;">- Jusqu'au 7 mars 2018 à la Manufacture des Abbesses( 7, rue Veron – 75018 Paris ) M° Abbesses ou Blanche. Réservations&nbsp;: 01 42 33 42 03 / <a href="http://www.lagrandeparade.fr/manufacturedesabbesses.com" target="_blank">manufacturedesabbesses.com</a>. 2 places à 10 euros, jusqu’au 21 février, avec le carton «&nbsp;magique&nbsp;».</span></p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/visuel-NOUVEAU-GENRE-2018--360x540.jpg" alt="Nouveaux genres " width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Guillaume Chérel -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/&nbsp;Ecrit et mis en scène par Caroline de Diesbach, "Nouveau(x) genre(s)" entend mêler&nbsp;théâtre, chant, vidéo et musique. "Nouveau(x) genre(s)" se veut un voyage dans l’inconscient… Soit, mais dans l’inconscient de Caroline de Diesbach, alors, qui aurait dû et pu l’appeler «&nbsp;Voyage dans mon analyse ».</p> <p style="text-align: justify;">C’eut été largement suffisant et surtout très juste. Car c’est bien d’elle dont il s’agit, lorsque cette femme, sur le plateau, interroge son rapport au genre. Elle dépasse largement la question (on ne peut plus d’actualité)&nbsp;: «&nbsp;que signifie être une fille dans un monde dominé par les hommes&nbsp;? Son spectacle va bien plus loin. C’est d’ailleurs écrit sur les affiches de cette pièce jouée à la Manufacture des Abbesses, à Paris&nbsp;: «&nbsp;C’est toute l’énigme de la féminité&nbsp; qui est interrogée (rien que ça&nbsp;!?), désir, fantasme, langage…&nbsp;». Bref, un spectacle annoncé comme subversif et indécemment léger&nbsp;! Avec point d’exclamation… Sans oublier Freud et Lacan qui sont invoqués. Tout doux, Caroline… «&nbsp;Trop de notes&nbsp;», reprocha-t-on à Mozart. Trop de déclarations d’intention peut tuer l’intention.<br />Il était inutile d’en rajouter ici. Car le duo proposé sur scène (la psy et l’analysée) suffit à lui-même. Une femme ressent le besoin de faire une analyse. Les scènes se succèdent&nbsp;: «&nbsp;venez&nbsp;», dit la psy, jouée tout en finesse par Isabelle Gomez (à&nbsp;la fois bienveillante et cassante). L’analysée, allure fragile mais décidée, entre alors en scène, s’assoit, parle et… la psy la coupe, au moment où elle le juge utile (un mot), par un cinglant&nbsp;: «&nbsp;On arrête là&nbsp;». Ce mot (cu-cul, par exemple, ou «&nbsp;baiser la gueule&nbsp;») est censé faire réfléchir l’analysée jusqu’à la prochaine séance. C’est évidemment un texte autant sur les maux de l’âme que sur les mots, bien entendu. L’analysée, en révélant sa parole intime, pendant les séances psychanalytiques, avance dans sa psyché, en reculant dans son passé. Et c’est passionnant car l’enquête évolue sous nos yeux et pour nos oreilles avec délectation. Caroline semble découvrir avec le public les multiples effets de la langue. Il faut dire aussi que l’ombre de Lacan «&nbsp;fait interprétation&nbsp;»…<br />"Nouveaux Genres" est une expérience intellectuelle qui ouvre le champ des possibles mais pourrait aussi nous laisser sur notre faim, si un débat n’était pas organisé à la fin, comme ce qui fut le cas le soir où nous avons découvert cette pièce touchante, puisque chacun d’entre nous peut se voir en miroir. Elle lève non seulement un voile sur ce qui se passe lors d’une psychanalyse mais également sur nos non-dits, ou trop-dits, voire mal-dits. C’est dit. A la limite (attention à ce que nous écrivons), les chansons et les vidéos sont presque de trop. C’est joli, travaillé, bien amené mais l’essentiel n’est pas là. Caroline de Diesbach (l’analysante) est largement assez passionnante, avec son jeu, ses interrogations, maladresses, passions, désirs, blessures, pour nous captiver. Elle qui est déjà autrice, metteur(e) en scène, comédienne, danseuse, chanteuse, depuis l’âge de 17 ans. On voit bien qu’elle est arrivée à maturité, libérée. D’autant plus qu’elle a une partenaire idéale, Isabelle Gomez (l’analyste), très à l’écoute, qui a travaillé avec &nbsp;Jérôme Savary - comme Caroline de Diesbach - et Roland Topor, entre autres. Il est joli ce geste, quand elles se quittent en se touchant la main en souriant, après chaque séance (parfois douloureuse), pour mimer le transfert d’argent, évoqué d’ailleurs. Ah&nbsp;! L’argent… ça peut durer longtemps une psychanalyse&nbsp;! Alors qu’il suffit parfois d’écrire un livre ou une pièce de théâtre. N’est-ce-pas, Caroline&nbsp;? Voilà, c’est fait. Bravo Caroline de Diesbach. Vous pouvez être fière de vous. Votre psychanalyse valait bien un spectacle d’un genre nouveau. Pluridisciplinaire oui, mais l’essentiel c’est vous. C’est nous.</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Nouveau(x) genre(s)</strong></p> <p style="text-align: justify;">Texte et mise scène :&nbsp;Caroline de Diesbach<br />Actrices :&nbsp;Caroline de Diesbach, Isabelle Gomez</p> <p style="text-align: justify;">Musique&nbsp;:&nbsp;Marielle Tognazzoni, Thierry Epiney, Gilles Normand<br />Vidéo&nbsp;:&nbsp;Vincent Forclaz, Julien Valentini<br />Lumière&nbsp;:&nbsp;Jérôme Hugon<br />Décor&nbsp;:&nbsp;Valérie Margot<br />Chorégraphie&nbsp;:&nbsp;Géraldine Lonfat<br />Regard extérieur&nbsp;:&nbsp;Mathilde Braun, Sébastien Ehlinger<br />Conseiller artistique&nbsp;:&nbsp;Philippe Metz</p> <p><span style="text-align: justify;">- Jusqu'au 7 mars 2018 à la Manufacture des Abbesses( 7, rue Veron – 75018 Paris ) M° Abbesses ou Blanche. Réservations&nbsp;: 01 42 33 42 03 / <a href="http://www.lagrandeparade.fr/manufacturedesabbesses.com" target="_blank">manufacturedesabbesses.com</a>. 2 places à 10 euros, jusqu’au 21 février, avec le carton «&nbsp;magique&nbsp;».</span></p> Désobéir d'Anne Monfort: la nécessité de l’engagement 2018-02-04T21:54:08+00:00 2018-02-04T21:54:08+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2205-desobeir-d-anne-monfort-la-necessite-de-l-engagement Imane Akalay imaneakalay@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/1-desobeir-anne-monfort-cdn-besancon-franche-comte-cri_0.jpg" alt="Désobéir" width="350" height="218" style="margin: 5px; float: left;" />Par Imane Akalay – <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Autour d’une construction de bois et de toile qui rappelle un radeau ou une tente de fortune, la pièce commence avec le procès de Rob Lawrie, citoyen britannique, bénévole dans la jungle de Calais. Lors d’un retour au Royaume Uni, Rob Lawrie ramène dans son camion deux migrants érythréens adultes, cachés là à son insu, et une petite fille afghane de cinq ans dont le père lui avait confiée la garde. Il est contrôlé et arrêté. L’aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en France est passible de prison. Néanmoins l’avocate de la défense et la juge s’affrontent sur la base de valeurs divergentes, humanité contre justice «&nbsp;légale&nbsp;» : «&nbsp;est-ce qu’on ne devrait pas plutôt parler et débattre de la misère humaine&nbsp;?&nbsp;», interroge l’avocate.</p> <p style="text-align: justify;">Au final, pour contourner l’épineuse question du délit de solidarité, l’homme est condamné non pour «&nbsp;aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en France&nbsp;», mais pour mise en danger de la vie d’autrui, car la petite fille cachée dans une couchette ne portait pas de ceinture de sécurité. Ainsi est dressé le tableau de l’absurdité cynique de la justice, principe juridique se confrontant aux valeurs morales.</p> <p style="text-align: justify;">Flash-back sur les années soixante-dix, décennie de violence contestataire en Europe. Les trois comédiens débattent sur la nécessité de la désobéissance civile, illustrent leur propos par des cas historiques – Pierre Overney, militant ouvrier maoïste, tué en 1972 par un vigile de Renault. Pier Paolo Pasolini, assassiné en 1975 dans des circonstances obscures. Aldo Moro abattu en 1978 par les brigades rouges. Plus tard, Carlo Giuliani, abattu par un agent de police lors d’une manifestation en 2001. Tous hommes de gauches, politiquement engagés. Il ne s’agit pas d’un spectacle documentaire mais d’un cri de colère&nbsp;: les cas cités ne sont pas détaillés mais simplement évoqués, les noms des victimes martelés. Charge aux spectateurs nés trop tard de s’informer par la suite. Mais le message est clair. Il s’agit d’une dénonciation et d’une mise en garde&nbsp;: les morts «&nbsp;politiques&nbsp;» en temps de paix n’existent pas, ne sont pas reconnus en tant que tels. Les comédiens portent le texte avec passion.</p> <p style="text-align: justify;">Le texte s’inspire du roman de Mathieu Riboulet, "Entre les deux il n’y a rien", ouvrage de réflexion sur l’usage de la violence en politique. La justice considère ceux qui s’insurgent contre l’ordre établi, soit comme des délinquants, soit comme des terroristes. On oublie qu’entre les deux, il y a, non pas rien, mais de la politique. Comme l’affirme l’un des comédiens, «&nbsp;On ne bâtit jamais de monuments aux morts pour les morts de la paix&nbsp;». Ainsi, la violence meurtrière de cette décennie de désobéissance civile qui a laissé des dizaines d’hommes et de femmes «&nbsp;abattus comme des chiens&nbsp;» est tombée dans l’oubli.</p> <p style="text-align: justify;">Cette pièce-cri de rage interroge les limites de la justice telle définie par la loi et tache d’éveiller les consciences. Le sujet est passionnant et plus que jamais d’actualité comme l’évoque la première scène. On reste néanmoins un peu sur sa faim car si la référence à l’actualité est évidente, on aurait aimé que les questions soient concrètement posées et débattues&nbsp;: comment vivre ensemble&nbsp;? les lois doivent-elles évoluer&nbsp;? la solidarité est-elle un délit&nbsp;? qu’est-ce qui constitue le respect des droits humains&nbsp;?</p> <p><strong>DÉSOBÉIR</strong><br /><strong>Le monde était dans cet ordre-là quand nous l'avons trouvé
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</strong></p> <p>Conception et mise en scène : Anne Monfort<br />Écriture de plateau : d'après Entre les deux il n’y a rien de Mathieu Riboulet<br />Avec&nbsp;Katell Daunis ,&nbsp;Pearl Manifold ,&nbsp;Jean-Baptiste Verquin<br />Dramaturgie :&nbsp;Laure Bachelier-Mazon<br />Scénographie :&nbsp;Clémence Kazémi<br />Création, régie lumières et Régie générale :&nbsp;Cécile Robin<br />Son :&nbsp;Julien Lafosse</p> <p><span style="font-weight: bold; color: #6a6c6e; font-family: Lato, sans-serif; font-size: 12.6px;"></span></p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p>- Du 8 au 21 janvier 2018 - CRÉATION Le Colombier, Bagnolet (93)<br />- Du 20 au 22 mars 2018 - CDN de Besançon-Franche-Comté (25)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/1-desobeir-anne-monfort-cdn-besancon-franche-comte-cri_0.jpg" alt="Désobéir" width="350" height="218" style="margin: 5px; float: left;" />Par Imane Akalay – <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Autour d’une construction de bois et de toile qui rappelle un radeau ou une tente de fortune, la pièce commence avec le procès de Rob Lawrie, citoyen britannique, bénévole dans la jungle de Calais. Lors d’un retour au Royaume Uni, Rob Lawrie ramène dans son camion deux migrants érythréens adultes, cachés là à son insu, et une petite fille afghane de cinq ans dont le père lui avait confiée la garde. Il est contrôlé et arrêté. L’aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en France est passible de prison. Néanmoins l’avocate de la défense et la juge s’affrontent sur la base de valeurs divergentes, humanité contre justice «&nbsp;légale&nbsp;» : «&nbsp;est-ce qu’on ne devrait pas plutôt parler et débattre de la misère humaine&nbsp;?&nbsp;», interroge l’avocate.</p> <p style="text-align: justify;">Au final, pour contourner l’épineuse question du délit de solidarité, l’homme est condamné non pour «&nbsp;aide à l’entrée et à la circulation d’un étranger en France&nbsp;», mais pour mise en danger de la vie d’autrui, car la petite fille cachée dans une couchette ne portait pas de ceinture de sécurité. Ainsi est dressé le tableau de l’absurdité cynique de la justice, principe juridique se confrontant aux valeurs morales.</p> <p style="text-align: justify;">Flash-back sur les années soixante-dix, décennie de violence contestataire en Europe. Les trois comédiens débattent sur la nécessité de la désobéissance civile, illustrent leur propos par des cas historiques – Pierre Overney, militant ouvrier maoïste, tué en 1972 par un vigile de Renault. Pier Paolo Pasolini, assassiné en 1975 dans des circonstances obscures. Aldo Moro abattu en 1978 par les brigades rouges. Plus tard, Carlo Giuliani, abattu par un agent de police lors d’une manifestation en 2001. Tous hommes de gauches, politiquement engagés. Il ne s’agit pas d’un spectacle documentaire mais d’un cri de colère&nbsp;: les cas cités ne sont pas détaillés mais simplement évoqués, les noms des victimes martelés. Charge aux spectateurs nés trop tard de s’informer par la suite. Mais le message est clair. Il s’agit d’une dénonciation et d’une mise en garde&nbsp;: les morts «&nbsp;politiques&nbsp;» en temps de paix n’existent pas, ne sont pas reconnus en tant que tels. Les comédiens portent le texte avec passion.</p> <p style="text-align: justify;">Le texte s’inspire du roman de Mathieu Riboulet, "Entre les deux il n’y a rien", ouvrage de réflexion sur l’usage de la violence en politique. La justice considère ceux qui s’insurgent contre l’ordre établi, soit comme des délinquants, soit comme des terroristes. On oublie qu’entre les deux, il y a, non pas rien, mais de la politique. Comme l’affirme l’un des comédiens, «&nbsp;On ne bâtit jamais de monuments aux morts pour les morts de la paix&nbsp;». Ainsi, la violence meurtrière de cette décennie de désobéissance civile qui a laissé des dizaines d’hommes et de femmes «&nbsp;abattus comme des chiens&nbsp;» est tombée dans l’oubli.</p> <p style="text-align: justify;">Cette pièce-cri de rage interroge les limites de la justice telle définie par la loi et tache d’éveiller les consciences. Le sujet est passionnant et plus que jamais d’actualité comme l’évoque la première scène. On reste néanmoins un peu sur sa faim car si la référence à l’actualité est évidente, on aurait aimé que les questions soient concrètement posées et débattues&nbsp;: comment vivre ensemble&nbsp;? les lois doivent-elles évoluer&nbsp;? la solidarité est-elle un délit&nbsp;? qu’est-ce qui constitue le respect des droits humains&nbsp;?</p> <p><strong>DÉSOBÉIR</strong><br /><strong>Le monde était dans cet ordre-là quand nous l'avons trouvé
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</strong></p> <p>Conception et mise en scène : Anne Monfort<br />Écriture de plateau : d'après Entre les deux il n’y a rien de Mathieu Riboulet<br />Avec&nbsp;Katell Daunis ,&nbsp;Pearl Manifold ,&nbsp;Jean-Baptiste Verquin<br />Dramaturgie :&nbsp;Laure Bachelier-Mazon<br />Scénographie :&nbsp;Clémence Kazémi<br />Création, régie lumières et Régie générale :&nbsp;Cécile Robin<br />Son :&nbsp;Julien Lafosse</p> <p><span style="font-weight: bold; color: #6a6c6e; font-family: Lato, sans-serif; font-size: 12.6px;"></span></p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p>- Du 8 au 21 janvier 2018 - CRÉATION Le Colombier, Bagnolet (93)<br />- Du 20 au 22 mars 2018 - CDN de Besançon-Franche-Comté (25)</p> Cheer up : un hommage à nos chutes sur les planches 2018-02-04T20:43:32+00:00 2018-02-04T20:43:32+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2201-cheer-up-un-hommage-a-nos-chutes-sur-les-planches Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/cheer.jpg" alt="Cher up" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Et si «&nbsp;dire merci&nbsp;» rendait toute épreuve beaucoup plus supportable&nbsp;? Et si l’on se donnait seulement trois jours pour larmoyer sur son sort…&nbsp;? Pas un jour de plus, pas une seconde de plus. Car, après tout «&nbsp;Jésus a mis trois jours à ressusciter&nbsp;!&nbsp;».&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Rendre hommage à nos chutes&nbsp;», c’est la sympathique idée de cette petite troupe bien féminine. Présenter un panel des douloureux moments qui jalonnent une vie, affronter seul(e) les tempêtes de nos existences, et somme toute, savoir s’en relever… Rien n’est bien simple.</p> <p style="text-align: justify;">Trois jeunes et pimpantes pom pom girls, le même nombre de roses et quelques coupes de champagne, la cérémonie d’enterrement des «&nbsp;chutes&nbsp;» débute. Une lettre de rupture, des attentats, une vie bien trop chargée, les tourments peuvent être nombreux… <br />Entre cours sur la gravitation, scène de méditation, notions de psychologie positive, les comédiennes montrent avec énergie et intelligence les moyens que trouve l’Homme pour s’extirper de la douleur. Un petit peu d’ironie …&nbsp;? On aime bien ce fin regard sur la société. «&nbsp;Nous choisissons d’être heureux&nbsp;», vraiment&nbsp;? Même lors de la perte d’un être cher&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Cette représentation propose une réflexion très intéressante sur la souffrance, avec des artistes énergiques et sympathiques. Des petites hésitations, quelques placements sur scène peu judicieux… Mais le dynamisme remarquable des comédiennes fait oublier ces légers impairs. Certains pourraient également reprocher le «&nbsp;trop plein&nbsp;» de thèmes qui se suivent… estompant le message des artistes. Mais il ne faut pas oublier que cette représentation relève du drame contemporain, où le spectateur dispose d’une certaine liberté dans la compréhension du texte et de la mise en scène.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"] Remonter le moral – réconforter – ne pas désespérer –(…) retrouver le sourire [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Ecoutons donc ces trois jeunes comédiennes, le message est beau, la bonté au rendez-vous, «&nbsp;Cheer up&nbsp;», soyons courageux&nbsp;et profitons d’une bonne dose de réalisme et d’espérance!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Cheer up</strong><br />Auteur : Louis Affergan-Cavillon, Clara Benoît-Casanova, Violette Cala, Héloïse Logié</p> <p style="text-align: justify;">
Avec : Clara Benoît-Casanova, Violette Cala, Héloïse Logié
</p> <p style="text-align: justify;">Metteur en scène : Collectif Insub</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:</strong>&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au 3 mars 2018 au Théâtre La Croisée des Chemins (&nbsp;43, rue Mathurins Régnier,&nbsp;75015 Paris) -&nbsp;Tous les samedis à 19h30</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/cheer.jpg" alt="Cher up" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Et si «&nbsp;dire merci&nbsp;» rendait toute épreuve beaucoup plus supportable&nbsp;? Et si l’on se donnait seulement trois jours pour larmoyer sur son sort…&nbsp;? Pas un jour de plus, pas une seconde de plus. Car, après tout «&nbsp;Jésus a mis trois jours à ressusciter&nbsp;!&nbsp;».&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Rendre hommage à nos chutes&nbsp;», c’est la sympathique idée de cette petite troupe bien féminine. Présenter un panel des douloureux moments qui jalonnent une vie, affronter seul(e) les tempêtes de nos existences, et somme toute, savoir s’en relever… Rien n’est bien simple.</p> <p style="text-align: justify;">Trois jeunes et pimpantes pom pom girls, le même nombre de roses et quelques coupes de champagne, la cérémonie d’enterrement des «&nbsp;chutes&nbsp;» débute. Une lettre de rupture, des attentats, une vie bien trop chargée, les tourments peuvent être nombreux… <br />Entre cours sur la gravitation, scène de méditation, notions de psychologie positive, les comédiennes montrent avec énergie et intelligence les moyens que trouve l’Homme pour s’extirper de la douleur. Un petit peu d’ironie …&nbsp;? On aime bien ce fin regard sur la société. «&nbsp;Nous choisissons d’être heureux&nbsp;», vraiment&nbsp;? Même lors de la perte d’un être cher&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Cette représentation propose une réflexion très intéressante sur la souffrance, avec des artistes énergiques et sympathiques. Des petites hésitations, quelques placements sur scène peu judicieux… Mais le dynamisme remarquable des comédiennes fait oublier ces légers impairs. Certains pourraient également reprocher le «&nbsp;trop plein&nbsp;» de thèmes qui se suivent… estompant le message des artistes. Mais il ne faut pas oublier que cette représentation relève du drame contemporain, où le spectateur dispose d’une certaine liberté dans la compréhension du texte et de la mise en scène.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"] Remonter le moral – réconforter – ne pas désespérer –(…) retrouver le sourire [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Ecoutons donc ces trois jeunes comédiennes, le message est beau, la bonté au rendez-vous, «&nbsp;Cheer up&nbsp;», soyons courageux&nbsp;et profitons d’une bonne dose de réalisme et d’espérance!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Cheer up</strong><br />Auteur : Louis Affergan-Cavillon, Clara Benoît-Casanova, Violette Cala, Héloïse Logié</p> <p style="text-align: justify;">
Avec : Clara Benoît-Casanova, Violette Cala, Héloïse Logié
</p> <p style="text-align: justify;">Metteur en scène : Collectif Insub</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:</strong>&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au 3 mars 2018 au Théâtre La Croisée des Chemins (&nbsp;43, rue Mathurins Régnier,&nbsp;75015 Paris) -&nbsp;Tous les samedis à 19h30</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> Terres closes : une parole dramatique et un chant de veilleur 2018-02-04T18:12:53+00:00 2018-02-04T18:12:53+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2198-terres-closes-une-parole-dramatique-et-un-chant-de-veilleur Catherine Verne vernec@hotmail.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/TERRES-CLOSES_3779904037901575839.jpg" alt="Terres closes" style="margin: 5px; float: left;" />Par Catherine Verne - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Un spectacle digne qui sait délivrer son message sensible sans verser dans le pathos. Le ton du texte de Simon Grangeat est celui du constat plus que du réquisitoire, du "Il y a " plus que du "J'accuse", un constat d'une sècheresse accablante.Qu'y a-t-il donc? Une seule terre, quadrillée en territoires fermés à leurs frontières. Jetés au monde dans ce décor insensé, des hommes errant d'un point à un autre en quête de salut : les migrants clandestins. La pièce raconte leur déambulation hébétée, d'obstacle en obstacle, d'avancées en point de non-retour, de traversées en no man's land jusqu'au pied du mur. Crise identitaire, casse-tête administratif, violence de la lutte pour survivre, érection de murs partout dans le monde, l'état des lieux englobe l'intime comme le planétaire : en tutoyant l'étranger en exil, il interroge les contradictions du défi à vivre ensemble et du hobbesien "chacun contre chacun". <br />C'est une mise en scène rythmée qui donne relief et intensité dramatique à chacun des tableaux dynamiques appelés "chants". Les comédiens jouent une partition ici poétique, leur gestuelle parfois se faisant danse pour dire mieux que tout discours la rage muette des corps, la stupeur, l'effroi ou la confusion. Le ballet des tableaux s'enchaîne sur une scène aux lignes épurées, assez nue pour dire le dépouillement et la vulnérabilité des migrants, assez hérissée de dispositifs en tout genre pour signifier l'omniprésence du contrôle étatique sur l'individu: lumières, fumées, sons ne démarquent pas seulement la zone où se déploie la fiction, ils débordent le plateau scénique pour gagner les premiers rangs des spectateurs, les aveuglant d'un jet de torche ou les prenant en étau entre quatre voix. Ainsi, entre ces murs formés physiquement par les quatre comédiens comme pour mimer les quatre coins du globe, le public pris en tenaille sent bien ce que ça fait, qu'être concerné. Piliers ou garde-fous plus que des murs, voilà quatre porte-parole qui ouvrent l'esprit plus qu'ils ne le séquestrent. De quoi viennent-ils nous parler avec cette insistante présence scénique, ces jeunes comédiens encore enfants quand le premier des murs, à Berlin, est tombé? De l'espace, lieu du lien, qui est mobile en vérité, et de ses lignes qui sont des normes pouvant se déplacer: aux hommes de s'approprier le terrain de ce qui les rapproche contre ce qui les sépare. Quoi qu'il en soit, le temps de cette pièce engagée, jouée avec une justesse remarquablement sobre par les jeunes comédiens de la prometteuse Compagnie Les Petites Gens, une parole libre aura occupé la scène. Une parole dramatique et un chant de veilleur.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Terres closes</strong><br /> texte&nbsp;de&nbsp;Simon&nbsp;Grangeat<br />mise en scène&nbsp;Muriel Sapinho<br />Avec :&nbsp;Jean-Baptiste Epiard,&nbsp;Samuel Martin,&nbsp;Claire Olivier,&nbsp;Muriel Sapinho</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:</strong> <br />- Le 2 février 2018 au Théâtre Jacques Coeur - Lattes ( 34)<br />- Le 6 avril 2018 au Centre Culturel Jean Ferrat - Cabestany</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/TERRES-CLOSES_3779904037901575839.jpg" alt="Terres closes" style="margin: 5px; float: left;" />Par Catherine Verne - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Un spectacle digne qui sait délivrer son message sensible sans verser dans le pathos. Le ton du texte de Simon Grangeat est celui du constat plus que du réquisitoire, du "Il y a " plus que du "J'accuse", un constat d'une sècheresse accablante.Qu'y a-t-il donc? Une seule terre, quadrillée en territoires fermés à leurs frontières. Jetés au monde dans ce décor insensé, des hommes errant d'un point à un autre en quête de salut : les migrants clandestins. La pièce raconte leur déambulation hébétée, d'obstacle en obstacle, d'avancées en point de non-retour, de traversées en no man's land jusqu'au pied du mur. Crise identitaire, casse-tête administratif, violence de la lutte pour survivre, érection de murs partout dans le monde, l'état des lieux englobe l'intime comme le planétaire : en tutoyant l'étranger en exil, il interroge les contradictions du défi à vivre ensemble et du hobbesien "chacun contre chacun". <br />C'est une mise en scène rythmée qui donne relief et intensité dramatique à chacun des tableaux dynamiques appelés "chants". Les comédiens jouent une partition ici poétique, leur gestuelle parfois se faisant danse pour dire mieux que tout discours la rage muette des corps, la stupeur, l'effroi ou la confusion. Le ballet des tableaux s'enchaîne sur une scène aux lignes épurées, assez nue pour dire le dépouillement et la vulnérabilité des migrants, assez hérissée de dispositifs en tout genre pour signifier l'omniprésence du contrôle étatique sur l'individu: lumières, fumées, sons ne démarquent pas seulement la zone où se déploie la fiction, ils débordent le plateau scénique pour gagner les premiers rangs des spectateurs, les aveuglant d'un jet de torche ou les prenant en étau entre quatre voix. Ainsi, entre ces murs formés physiquement par les quatre comédiens comme pour mimer les quatre coins du globe, le public pris en tenaille sent bien ce que ça fait, qu'être concerné. Piliers ou garde-fous plus que des murs, voilà quatre porte-parole qui ouvrent l'esprit plus qu'ils ne le séquestrent. De quoi viennent-ils nous parler avec cette insistante présence scénique, ces jeunes comédiens encore enfants quand le premier des murs, à Berlin, est tombé? De l'espace, lieu du lien, qui est mobile en vérité, et de ses lignes qui sont des normes pouvant se déplacer: aux hommes de s'approprier le terrain de ce qui les rapproche contre ce qui les sépare. Quoi qu'il en soit, le temps de cette pièce engagée, jouée avec une justesse remarquablement sobre par les jeunes comédiens de la prometteuse Compagnie Les Petites Gens, une parole libre aura occupé la scène. Une parole dramatique et un chant de veilleur.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Terres closes</strong><br /> texte&nbsp;de&nbsp;Simon&nbsp;Grangeat<br />mise en scène&nbsp;Muriel Sapinho<br />Avec :&nbsp;Jean-Baptiste Epiard,&nbsp;Samuel Martin,&nbsp;Claire Olivier,&nbsp;Muriel Sapinho</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:</strong> <br />- Le 2 février 2018 au Théâtre Jacques Coeur - Lattes ( 34)<br />- Le 6 avril 2018 au Centre Culturel Jean Ferrat - Cabestany</p> ZigZag : Et si le théâtre devenait le sujet d’une pièce de théâtre? 2018-02-03T11:05:13+00:00 2018-02-03T11:05:13+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2195-zigzag-et-si-le-theatre-devenait-le-sujet-d-une-piece-de-theatre Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Affiche-Zig-Zag-def.jpg" alt="ZigZag" width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Et si le théâtre devenait le sujet d’une pièce de théâtre? Au premier abord, une bien drôle d’idée… Au second, un véritable coup de maître&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">La Compagnie Les Larrons, sous l’impulsion de Xavier Lemaire, propose une intéressante déambulation dans l’esprit d’un metteur en scène&nbsp;: la place des comédiens, les choix artistiques en matière de décor, la tonalité des échanges… C’est donc avec humour, intelligence et talent que trois courants sont abordés&nbsp;: le réalisme, le symbolisme, et la stylisation, à travers trois interprétations de la première scène du «&nbsp;Médecin Malgré Lui&nbsp;» de Molière.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0" author="Xavier Lemaire"] Il faut chasser l’ennui des salles de théâtre.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Trois séduisantes déclinaisons de la célèbre pièce de Molière sont menées par des artistes brillants.</p> <p style="text-align: justify;">Qu’ils sont amusants ces régisseurs avec leur gros nez et leur démarche nonchalante. Ils vont interrompre plus d’une fois la conférence de Xavier Lemaire par des cris, des remarques, et des rires outranciers. On se délecte de ces interventions bien atypiques et très plaisantes&nbsp;! Les deux comédiens, Isabelle Andréani et Franck Jouglas, interprétent également les personnages de Sganarelle et de Martine avec brio.</p> <p style="text-align: justify;">Dans la première proposition, on assiste à une représentation bien réaliste, tirée de la Comedia dell'arte, où «&nbsp;l’acteur est roi&nbsp;», et les décors indispensables. Les tenues vestimentaires indiquent le statut social des personnages, et les deux artistes adoptent avec ingéniosité la gestuelle de l’époque. Le metteur en scène, quant à lui, n’a aucune place. <br /> Dans la seconde proposition, la scène relève du symbolisme&nbsp;: aucun décor, des mouvements et des paroles saccadés. Le metteur en scène est à son tour «&nbsp;roi&nbsp;» et les comédiens des outils à ses réalisations théâtrales. On est bien en accord avec Xavier Lemaire&nbsp;: sans artifices, le texte prend bien plus de valeurs aux oreilles du public.<br /> La dernière, la plus surprenante, se caractérise par une stylisation très intéressante. La pièce phare de Molière traverse les siècles et prend place dans un «&nbsp;no man’s land&nbsp;», avec pour décor des cannettes, des bâches, et deux SDF en conflit. C’est le style «&nbsp;urbain&nbsp;» du 21 ème siècle.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0" author="Xavier Lemaire"] Le spectacle, c’est la catharsis… ![/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">C’est un véritable cours de dramaturgie que propose la Compagnie les Larons, illustré par des exemples étonnants, épatants. Xavier Lemaire mène la danse en partageant ses réflexions, avec prestance et élégance dans ce sympathique trois pièces noir. <br />On salue également la prestation des artistes, très convaincante et particulièrement réjouissante. On apprend, on rit. Et quelle belle prise de risque... On est conquis&nbsp;!</p> <p><strong>
ZigZag</strong><br />Auteur : Xavier Lemaire 
<br />Avec Xavier Lemaire en alternance avec Alain Sachs, Isabelle Andreani, Franck Jouglas<br />
Mise en scène : Xavier Lemaire<br />Pour tout public -&nbsp;à partir de 10 ans</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">-Jusqu’au dimanche 4 mars 2018 au Théâtre du Petit Montparnasse (&nbsp;31 rue de la Gaité,&nbsp;75 014 Paris ) -&nbsp;Métro Gaité</p> <p>[bt_youtube url="https://www.youtube.com/watch?v=HvD71Ur8410" width="600" height="400" responsive="yes" autoplay="no"][/bt_youtube]</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Affiche-Zig-Zag-def.jpg" alt="ZigZag" width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Et si le théâtre devenait le sujet d’une pièce de théâtre? Au premier abord, une bien drôle d’idée… Au second, un véritable coup de maître&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">La Compagnie Les Larrons, sous l’impulsion de Xavier Lemaire, propose une intéressante déambulation dans l’esprit d’un metteur en scène&nbsp;: la place des comédiens, les choix artistiques en matière de décor, la tonalité des échanges… C’est donc avec humour, intelligence et talent que trois courants sont abordés&nbsp;: le réalisme, le symbolisme, et la stylisation, à travers trois interprétations de la première scène du «&nbsp;Médecin Malgré Lui&nbsp;» de Molière.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0" author="Xavier Lemaire"] Il faut chasser l’ennui des salles de théâtre.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Trois séduisantes déclinaisons de la célèbre pièce de Molière sont menées par des artistes brillants.</p> <p style="text-align: justify;">Qu’ils sont amusants ces régisseurs avec leur gros nez et leur démarche nonchalante. Ils vont interrompre plus d’une fois la conférence de Xavier Lemaire par des cris, des remarques, et des rires outranciers. On se délecte de ces interventions bien atypiques et très plaisantes&nbsp;! Les deux comédiens, Isabelle Andréani et Franck Jouglas, interprétent également les personnages de Sganarelle et de Martine avec brio.</p> <p style="text-align: justify;">Dans la première proposition, on assiste à une représentation bien réaliste, tirée de la Comedia dell'arte, où «&nbsp;l’acteur est roi&nbsp;», et les décors indispensables. Les tenues vestimentaires indiquent le statut social des personnages, et les deux artistes adoptent avec ingéniosité la gestuelle de l’époque. Le metteur en scène, quant à lui, n’a aucune place. <br /> Dans la seconde proposition, la scène relève du symbolisme&nbsp;: aucun décor, des mouvements et des paroles saccadés. Le metteur en scène est à son tour «&nbsp;roi&nbsp;» et les comédiens des outils à ses réalisations théâtrales. On est bien en accord avec Xavier Lemaire&nbsp;: sans artifices, le texte prend bien plus de valeurs aux oreilles du public.<br /> La dernière, la plus surprenante, se caractérise par une stylisation très intéressante. La pièce phare de Molière traverse les siècles et prend place dans un «&nbsp;no man’s land&nbsp;», avec pour décor des cannettes, des bâches, et deux SDF en conflit. C’est le style «&nbsp;urbain&nbsp;» du 21 ème siècle.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0" author="Xavier Lemaire"] Le spectacle, c’est la catharsis… ![/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">C’est un véritable cours de dramaturgie que propose la Compagnie les Larons, illustré par des exemples étonnants, épatants. Xavier Lemaire mène la danse en partageant ses réflexions, avec prestance et élégance dans ce sympathique trois pièces noir. <br />On salue également la prestation des artistes, très convaincante et particulièrement réjouissante. On apprend, on rit. Et quelle belle prise de risque... On est conquis&nbsp;!</p> <p><strong>
ZigZag</strong><br />Auteur : Xavier Lemaire 
<br />Avec Xavier Lemaire en alternance avec Alain Sachs, Isabelle Andreani, Franck Jouglas<br />
Mise en scène : Xavier Lemaire<br />Pour tout public -&nbsp;à partir de 10 ans</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">-Jusqu’au dimanche 4 mars 2018 au Théâtre du Petit Montparnasse (&nbsp;31 rue de la Gaité,&nbsp;75 014 Paris ) -&nbsp;Métro Gaité</p> <p>[bt_youtube url="https://www.youtube.com/watch?v=HvD71Ur8410" width="600" height="400" responsive="yes" autoplay="no"][/bt_youtube]</p> Les bacchantes : Sara Llorca, armée de son micro-thyrse, ménade-coryphée envoûtante 2018-02-04T20:38:54+00:00 2018-02-04T20:38:54+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2200-les-bacchantes-sara-llorca-armee-de-son-micro-thyrse-menade-coryphee-envoutante Julie Cadilhac juliecadilhac@lagrandeparade.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Les-Bacchantes-HQ--Adrien-Berthet-Copie.jpg" alt="les bacchantes" width="350" height="232" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> «&nbsp;Viens Dionysos, viens&nbsp;»…la voix envoûtante au grain rocailleux de Sara Llorca accroche immédiatement l’oreille du spectateur, séduit de bout en bout par la partition sonore qui s’exécute en live.</p> <p style="text-align: justify;">Ménade-coryphée, armée de son micro-thyrse, son corps revêt la transe et l’hybris grecque qui va emporter les protagonistes de l’histoire. Dans une tonalité très rock, c’est d'abord l’incantation de la naissance qui se raconte, de ce dieu étrange (que l’on appelle Bacchus dans la mythologie romaine), qui ne vit pas sur l’Olympe - même s’il est sorti de la cuisse de Jupiter - parce qu’il est le fils d’une mortelle et qu’il a des comptes à rendre avec certains membres de sa famille. «&nbsp;L’étranger aux allures de femme&nbsp;» enlève, drogue et mystifie les femmes de la cité qui laissent leurs instincts se déployer jusqu’à l’animalité la plus déraisonnable…Le roi Penthée n’honore pas son culte comme il le devrait ; il faut qu'il soit puni! «&nbsp;Thèbes est tiraillé entre les détracteurs et ceux qui le suivent.&nbsp;» Le sage Tirésias et Cadmos, le père de la défunte Sémélé, savent qu’il faut craindre les dieux et ont choisi de reconnaître le caractère divin de Dionysos mais Penthée, du haut de sa fougueuse jeunesse et de son désir de tout contrôler, refuse l’idée de cet être vagabond qui ne lui inspire rien de bon…Pourtant les signes sont là, dans les miracles que l’étranger accomplit : dans sa prison, «&nbsp;les liens se sont défaits; les verrous se sont ouverts.&nbsp;»</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]La parole intelligente paraît bête à l’ignorant.[/bt_quote]<br /><br />Et, comme dans toute tragédie antique qui se respecte, les dieux prennent soin des réveils douloureux…Rester insouciant dans la folie, ce serait trop facile…Chez les grecs, la lucidité saisit au retour des pires atrocités et il ne reste que les pleurs des femmes sur le corps des enfants sacrifiés…</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"] Ne m’enchaînez pas. C’est moi le sage et vous les fous.[/bt_quote]<br />Créée en 405 avant J. C, "Les Bacchantes" ne manque pas d’aborder des thèmes qui font écho à notre actualité : un fanatisme envers un dieu qui rend aveugle et déchaîne la violence, la religion comme enjeu de conformisme social, la difficulté à s’ouvrir à la nouveauté et à l’autre. Anne Alvaro incarne ici le dieu vengeur : «&nbsp;j’agirai travesti sous les traits d’un étranger.&nbsp;» et l’on avoue qu’entourée de trois acteurs porteurs d’une belle énergie vigoureuse, son allure un brin apathique dans ce rôle détone ( elle en joue cependant d’autres dans la pièce où elle convainc pleinement); l’on aurait été séduit davantage par un personnage charismatique, aux yeux brillants et joueurs, au corps brûlant de jeunesse…</p> <p style="text-align: justify;">On salue le choix d’une scénographie épurée où se positionnent ça et là quelques accessoires symboliques, comme la grappe de raisin dont chacun se saisit par gourmandise, revendication ou déjà désir d'un enivrement espéré. Un peu de terre éparse, une lumière en clair-obscur et du rouge sang aussi. Rien de trop. Applaudissons en outre l’adaptation de ce texte exigeant qui s’avère audible et compréhensible ; les parenthèses chantées sont toutes pertinentes car elles reprennent en refrain des idées fortes du texte, comme le faisait dans l’antiquité le choeur. «&nbsp;Innombrables sont les espérances.&nbsp;» «&nbsp;En quoi consiste la sagesse?&nbsp;»&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">La descente aux enfers finale reste en mémoire; la «&nbsp;bienheureuse Agavé&nbsp;», bacchante déchaînée, tenant dans sa main la tête de son fils comme un trophée, bouleverse. Euripide rappelait ainsi à ses contemporains qu’il faut craindre les dieux…le spectateur d’aujourd’hui y entendra les conséquences de l’orgueil, de l’intolérance et de la tyrannie…</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]Même en plein jour on découvre des choses malhonnêtes.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;"><strong>LES BACCHANTES</strong><br />d'Euripide, d'après la traduction de Jean et Mayotte Bollack, adapté par Sara Llorca avec Henri Berguin<br />Mise en scène : Sara Llorca, artiste associée à La Manufacture - Centre dramatique national Nancy Lorrain<br />Avec Anne Alvaro, Ulrich N'Toyo, Jocelyn Lagarrigue, Sara Llorca, Benoît Lugué, Martin Wangermée<br />Accompagnement à la réécriture : Charlotte Farcet<br />Dramaturgie : Guillaume Clayssen<br />Assistante à la mise en scène : Lou Henry<br />Chorégraphie : Thierry Thieû Niang<br />Collaboration artistique chœurs : Kên Higelin<br />Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy<br />Lumière : Léo Thévenon<br />Costumes et accessoires : Mariette Niquet-Rioux<br />Musique : Benoît Lugué et Martin Wangermée<br />Son : Axel Pfirrmann (Studio Sextan - La Fonderie)<br />Régie générale et plateau : Julie Roëls<br />Production :&nbsp; Hasard Objectif<br />Coproduction : Théâtre 71 – scène nationale de Malakoff, La Manufacture - CDN de Nancy Lorraine, La Halle aux grains – scène nationale de Blois, La Filature - scène nationale de Mulhouse et Théâtre Montansier / Versailles et.<br />Avec l’aide à la production de la DRAC Île-de-France et le soutien d'ARCADI Ile-de-France et de la SPEDIDAM.<br />Remerciements Charles Vitez, DeLaVallet Bidiefono, Dieudonné Niangouna et Faustine Boissery<br />avec la participation artistique du Jeune Théâtre National</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Le samedi 20 janvier 2018 au théâtre Jacques Coeur - Lattes ( 34)<br />- Le 6 février 2018 à Narbonne -&nbsp;Théâtre+Cinéma -&nbsp;Tel. +33 (0)4 68 90 90 20</p> <p style="text-align: justify;">- Du 23 au 27 janvier 2018 au Théâtre Olympia - Centre dramatique national de Tours&nbsp;<br />- Du 30 janvier au 1er février 2018 à La Filature Scène nationale de Mulhouse -&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">- Le 8 février 2018 à Colombes -&nbsp;L'Avant Seine / Théâtre de Colombes -&nbsp;Tel. +33 (0)1 56 05 00 76</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Les-Bacchantes-HQ--Adrien-Berthet-Copie.jpg" alt="les bacchantes" width="350" height="232" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> «&nbsp;Viens Dionysos, viens&nbsp;»…la voix envoûtante au grain rocailleux de Sara Llorca accroche immédiatement l’oreille du spectateur, séduit de bout en bout par la partition sonore qui s’exécute en live.</p> <p style="text-align: justify;">Ménade-coryphée, armée de son micro-thyrse, son corps revêt la transe et l’hybris grecque qui va emporter les protagonistes de l’histoire. Dans une tonalité très rock, c’est d'abord l’incantation de la naissance qui se raconte, de ce dieu étrange (que l’on appelle Bacchus dans la mythologie romaine), qui ne vit pas sur l’Olympe - même s’il est sorti de la cuisse de Jupiter - parce qu’il est le fils d’une mortelle et qu’il a des comptes à rendre avec certains membres de sa famille. «&nbsp;L’étranger aux allures de femme&nbsp;» enlève, drogue et mystifie les femmes de la cité qui laissent leurs instincts se déployer jusqu’à l’animalité la plus déraisonnable…Le roi Penthée n’honore pas son culte comme il le devrait ; il faut qu'il soit puni! «&nbsp;Thèbes est tiraillé entre les détracteurs et ceux qui le suivent.&nbsp;» Le sage Tirésias et Cadmos, le père de la défunte Sémélé, savent qu’il faut craindre les dieux et ont choisi de reconnaître le caractère divin de Dionysos mais Penthée, du haut de sa fougueuse jeunesse et de son désir de tout contrôler, refuse l’idée de cet être vagabond qui ne lui inspire rien de bon…Pourtant les signes sont là, dans les miracles que l’étranger accomplit : dans sa prison, «&nbsp;les liens se sont défaits; les verrous se sont ouverts.&nbsp;»</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]La parole intelligente paraît bête à l’ignorant.[/bt_quote]<br /><br />Et, comme dans toute tragédie antique qui se respecte, les dieux prennent soin des réveils douloureux…Rester insouciant dans la folie, ce serait trop facile…Chez les grecs, la lucidité saisit au retour des pires atrocités et il ne reste que les pleurs des femmes sur le corps des enfants sacrifiés…</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"] Ne m’enchaînez pas. C’est moi le sage et vous les fous.[/bt_quote]<br />Créée en 405 avant J. C, "Les Bacchantes" ne manque pas d’aborder des thèmes qui font écho à notre actualité : un fanatisme envers un dieu qui rend aveugle et déchaîne la violence, la religion comme enjeu de conformisme social, la difficulté à s’ouvrir à la nouveauté et à l’autre. Anne Alvaro incarne ici le dieu vengeur : «&nbsp;j’agirai travesti sous les traits d’un étranger.&nbsp;» et l’on avoue qu’entourée de trois acteurs porteurs d’une belle énergie vigoureuse, son allure un brin apathique dans ce rôle détone ( elle en joue cependant d’autres dans la pièce où elle convainc pleinement); l’on aurait été séduit davantage par un personnage charismatique, aux yeux brillants et joueurs, au corps brûlant de jeunesse…</p> <p style="text-align: justify;">On salue le choix d’une scénographie épurée où se positionnent ça et là quelques accessoires symboliques, comme la grappe de raisin dont chacun se saisit par gourmandise, revendication ou déjà désir d'un enivrement espéré. Un peu de terre éparse, une lumière en clair-obscur et du rouge sang aussi. Rien de trop. Applaudissons en outre l’adaptation de ce texte exigeant qui s’avère audible et compréhensible ; les parenthèses chantées sont toutes pertinentes car elles reprennent en refrain des idées fortes du texte, comme le faisait dans l’antiquité le choeur. «&nbsp;Innombrables sont les espérances.&nbsp;» «&nbsp;En quoi consiste la sagesse?&nbsp;»&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">La descente aux enfers finale reste en mémoire; la «&nbsp;bienheureuse Agavé&nbsp;», bacchante déchaînée, tenant dans sa main la tête de son fils comme un trophée, bouleverse. Euripide rappelait ainsi à ses contemporains qu’il faut craindre les dieux…le spectateur d’aujourd’hui y entendra les conséquences de l’orgueil, de l’intolérance et de la tyrannie…</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]Même en plein jour on découvre des choses malhonnêtes.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;"><strong>LES BACCHANTES</strong><br />d'Euripide, d'après la traduction de Jean et Mayotte Bollack, adapté par Sara Llorca avec Henri Berguin<br />Mise en scène : Sara Llorca, artiste associée à La Manufacture - Centre dramatique national Nancy Lorrain<br />Avec Anne Alvaro, Ulrich N'Toyo, Jocelyn Lagarrigue, Sara Llorca, Benoît Lugué, Martin Wangermée<br />Accompagnement à la réécriture : Charlotte Farcet<br />Dramaturgie : Guillaume Clayssen<br />Assistante à la mise en scène : Lou Henry<br />Chorégraphie : Thierry Thieû Niang<br />Collaboration artistique chœurs : Kên Higelin<br />Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy<br />Lumière : Léo Thévenon<br />Costumes et accessoires : Mariette Niquet-Rioux<br />Musique : Benoît Lugué et Martin Wangermée<br />Son : Axel Pfirrmann (Studio Sextan - La Fonderie)<br />Régie générale et plateau : Julie Roëls<br />Production :&nbsp; Hasard Objectif<br />Coproduction : Théâtre 71 – scène nationale de Malakoff, La Manufacture - CDN de Nancy Lorraine, La Halle aux grains – scène nationale de Blois, La Filature - scène nationale de Mulhouse et Théâtre Montansier / Versailles et.<br />Avec l’aide à la production de la DRAC Île-de-France et le soutien d'ARCADI Ile-de-France et de la SPEDIDAM.<br />Remerciements Charles Vitez, DeLaVallet Bidiefono, Dieudonné Niangouna et Faustine Boissery<br />avec la participation artistique du Jeune Théâtre National</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Le samedi 20 janvier 2018 au théâtre Jacques Coeur - Lattes ( 34)<br />- Le 6 février 2018 à Narbonne -&nbsp;Théâtre+Cinéma -&nbsp;Tel. +33 (0)4 68 90 90 20</p> <p style="text-align: justify;">- Du 23 au 27 janvier 2018 au Théâtre Olympia - Centre dramatique national de Tours&nbsp;<br />- Du 30 janvier au 1er février 2018 à La Filature Scène nationale de Mulhouse -&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">- Le 8 février 2018 à Colombes -&nbsp;L'Avant Seine / Théâtre de Colombes -&nbsp;Tel. +33 (0)1 56 05 00 76</p>