L’entrée des artistes - La Grande Parade Site sur l'actualité culturelle http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes 2018-05-24T02:12:55+00:00 La Grande Parade juliedecalee@gmail.com Joomla! - Open Source Content Management - Version 3.6.5 Les Inclassables : la promesse d'une soirée fort agréable et qui porte bien son nom 2015-12-21T23:30:05+00:00 2015-12-21T23:30:05+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/416-les-inclassables-la-promesse-d-une-soiree-fort-agreable-et-qui-porte-bien-son-nom Guillaume Chérel bigcherel@orange.fr <p style="text-align: justify;"><img style="margin: 5px; float: left;" src="http://www.lagrandeparade.fr/images/musique/Les-inclassables0.png" alt="Les inclassables" />Par Guillaume Chérel - <a target="_blank" href="http://www.lagrandeparade.fr/">Lagrandeparade.fr</a>/&nbsp; C’est la bonne surprise de cette fin d’année. Ceux qui connaissent «&nbsp;La Clique&nbsp;», spectacle de cirque improbable, auront une petite idée de ce qui les attend. En moins trash. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» est un spectacle… inclassable, car non résumable, impossible à étiqueter. Pour tout public, avec au programme de l’humour, de l’émotion, du rêve… de l’émerveillement. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» réunissent quasiment tous les genres du spectacle vivant&nbsp;: comédie, mime, danse, musique, cirque: <em>« Nous sommes à l’ère des croisements, des mélanges, assure Eric Bouvron, le Monsieur Loyal à l’accent sud-africain (&nbsp;?!). On ne peut pas classer un musicien qui jongle tout en faisant rire en imitant un éléphant qui danse sur des patins à roulettes sur la banquise. Donc on dit c’est un inclassable. ».</em><br />Produits par «&nbsp;Les Passionnés du Rêve&nbsp;» et le «&nbsp;Studio des Feux&nbsp;», ils sont à leur place dans cette salle populaire des «&nbsp;Feux de la rampe&nbsp;», parce qu’il serait étonnant que la plupart d’entre eux ne se fassent pas repérer par les chercheurs de talent, du style «&nbsp;Le plus grand Cabaret du monde&nbsp;», ou «&nbsp;La France a un incroyable talent&nbsp;»… Si si. Car il s’agit vraiment d’un spectacle original, où des artistes atypiques se succèdent dans une série de numéros d’exception&nbsp;: «&nbsp;Les frères Colle&nbsp;» surprennent par leur dextérité (jonglage)… et leur sens du rythme (percussions)&nbsp;; Maria Dolorès est à mourir de rire en diva bavarde sexy faussement ringarde, fan de Nana Mouskouri&nbsp;; Nata Galkina (du cirque de Moscou) apporte la touche insolite avec son personnage de jongleuse des pieds&nbsp;; les Belges Gaëlle et Boris sont des virtuoses de la guitare et de l’humour&nbsp;; et la touche glamour est apportée par Joby Smith et Sankofa Unit, une chorale urbaine aux accents de gospel. Sans oublier le clown (moderne) de service (en service), et Eric Bouvron accompagné du «&nbsp;Sangouma globe-trotter du théâtre&nbsp;»… La prochaine représentation a lieu le 27 décembre prochain, avec de nouveaux invités surprise. C'est un régal - foncez!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>«<a target="_blank" href="http://www.theatre-lesfeuxdelarampe.com"> Les Inclassables</a> »</strong><br />Au Théâtre Les Feux de la rampe (<span class="st">2, rue Saulnier, 75009 Paris</span> ) <br />Les dimanches 13, 20 et 27 décembre, 18 h
Tarif&nbsp;: 25 euros / 20 euros (étudiants) / 12 euros (- 12 ans).<br />Réservation au 01 42 46 26 19 et points de vente habituels.<br /><br /></p> <p style="text-align: justify;"><img style="margin: 5px; float: left;" src="http://www.lagrandeparade.fr/images/musique/Les-inclassables0.png" alt="Les inclassables" />Par Guillaume Chérel - <a target="_blank" href="http://www.lagrandeparade.fr/">Lagrandeparade.fr</a>/&nbsp; C’est la bonne surprise de cette fin d’année. Ceux qui connaissent «&nbsp;La Clique&nbsp;», spectacle de cirque improbable, auront une petite idée de ce qui les attend. En moins trash. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» est un spectacle… inclassable, car non résumable, impossible à étiqueter. Pour tout public, avec au programme de l’humour, de l’émotion, du rêve… de l’émerveillement. «&nbsp;Les Inclassables&nbsp;» réunissent quasiment tous les genres du spectacle vivant&nbsp;: comédie, mime, danse, musique, cirque: <em>« Nous sommes à l’ère des croisements, des mélanges, assure Eric Bouvron, le Monsieur Loyal à l’accent sud-africain (&nbsp;?!). On ne peut pas classer un musicien qui jongle tout en faisant rire en imitant un éléphant qui danse sur des patins à roulettes sur la banquise. Donc on dit c’est un inclassable. ».</em><br />Produits par «&nbsp;Les Passionnés du Rêve&nbsp;» et le «&nbsp;Studio des Feux&nbsp;», ils sont à leur place dans cette salle populaire des «&nbsp;Feux de la rampe&nbsp;», parce qu’il serait étonnant que la plupart d’entre eux ne se fassent pas repérer par les chercheurs de talent, du style «&nbsp;Le plus grand Cabaret du monde&nbsp;», ou «&nbsp;La France a un incroyable talent&nbsp;»… Si si. Car il s’agit vraiment d’un spectacle original, où des artistes atypiques se succèdent dans une série de numéros d’exception&nbsp;: «&nbsp;Les frères Colle&nbsp;» surprennent par leur dextérité (jonglage)… et leur sens du rythme (percussions)&nbsp;; Maria Dolorès est à mourir de rire en diva bavarde sexy faussement ringarde, fan de Nana Mouskouri&nbsp;; Nata Galkina (du cirque de Moscou) apporte la touche insolite avec son personnage de jongleuse des pieds&nbsp;; les Belges Gaëlle et Boris sont des virtuoses de la guitare et de l’humour&nbsp;; et la touche glamour est apportée par Joby Smith et Sankofa Unit, une chorale urbaine aux accents de gospel. Sans oublier le clown (moderne) de service (en service), et Eric Bouvron accompagné du «&nbsp;Sangouma globe-trotter du théâtre&nbsp;»… La prochaine représentation a lieu le 27 décembre prochain, avec de nouveaux invités surprise. C'est un régal - foncez!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>«<a target="_blank" href="http://www.theatre-lesfeuxdelarampe.com"> Les Inclassables</a> »</strong><br />Au Théâtre Les Feux de la rampe (<span class="st">2, rue Saulnier, 75009 Paris</span> ) <br />Les dimanches 13, 20 et 27 décembre, 18 h
Tarif&nbsp;: 25 euros / 20 euros (étudiants) / 12 euros (- 12 ans).<br />Réservation au 01 42 46 26 19 et points de vente habituels.<br /><br /></p> Cendrillon : un conte moderne et déjanté à la sauce Pommerat de La Guillonnière 2018-05-21T18:39:33+00:00 2018-05-21T18:39:33+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2500-cendrillon-un-conte-moderne-et-dejante-a-la-sauce-pommerat-de-la-guillonniere Justina Zilyte justina.zilyte@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/XT1_12633-1024x682.jpg" alt="Cendrillon" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Justina Zilyte - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>Il était une fois Joêl Pommerat, un jeune garçon devenu grand mais ayant gardé son âme d'enfant. Amoureux dès son plus jeune âge, il déclara sa flamme au Théâtre alors qu'il n'était qu'au collège et depuis la scène et l'écriture font battre son cœur d'un commun accord.</p> <p style="text-align: justify;">Dans son imaginaire débordant, peuplé de contes populaires, le monde de l'enfance tient une place de choix. Après le succès du Petit Chaperon Rouge, il nous offre Cendrillon, réécriture moderne toute aussi fantaisiste que crue sur le thème du deuil familial. Cendrillon alias Sandra a troqué ses sabots pour des baskets, la marâtre versus bimbo siliconée, grande perverse narcissique (maladie du siècle?) a donné naissance à deux ados attardées plutôt boloss que belles goss, quant aux deux personnes potentiellement positives du conte l'un, le beau père, est à moitié dépressif et la fée est totalement blasée et incompétente…. Voilà le conte moderne et déjanté que Camille de La Guillonnière a décidé de mettre en scène d'après le texte de Joël Pommerat. Le décor est minimal, le jeu est franchement comique, on y retrouve les ressorts de la farce et il faut dire qu'ils sont efficaces. L’humour côtoie mais n’atténue pas la cruauté de l'intrigue et la nudité du langage. La réalité de la mort et son lot de souffrances font de Sandra, une véritable Cendrillon …. dans laquelle se reconnaîtront tous ceux pour qui le conte garde sa fonction éducative.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Cendrillon</strong><br />Texte de Joël Pommerat<br />Mise en scène : Camille de La Guillonnière<br />Avec Chloé Chazé, Frédéric Lapinsonnière, Aude Pons, Lise Quet, Mathieu Ricard, Clément Séjourné&nbsp;<br />Lumière : Julie Duquenoÿ et Johanna Boyer-Dilolo<br />Production : Compagnie Le Temps est Incertain mais on joue quand même !</p> <p><a href="http://www.le-temps-est-incertain.com/" target="_blank">Le site de la compagnie</a></p> <p><strong>Dates et lieux des représentations :</strong>&nbsp;</p> <p>- Découvert le Vendredi 18 Mai 2018/ 20h45 
La tour sur Orb, <a href="https://www.sortieouest.fr/saison/spectacle/theatre/cendrillon-1.html" target="_blank">en partenariat avec Sortie Ouest</a></p> <p>- VENDREDI 08 JUIN 2018 À 19:00 - MÈZE - PARC DU CHÂTEAU GIRARD -&nbsp;en partenariat avec Sortie Ouest<br />-&nbsp; SAMEDI 09 JUIN 2018 À 19:00 - PÉZENAS, BUTTE DU CHÂTEAU -&nbsp;en partenariat avec Sortie Ouest</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/XT1_12633-1024x682.jpg" alt="Cendrillon" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Justina Zilyte - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>Il était une fois Joêl Pommerat, un jeune garçon devenu grand mais ayant gardé son âme d'enfant. Amoureux dès son plus jeune âge, il déclara sa flamme au Théâtre alors qu'il n'était qu'au collège et depuis la scène et l'écriture font battre son cœur d'un commun accord.</p> <p style="text-align: justify;">Dans son imaginaire débordant, peuplé de contes populaires, le monde de l'enfance tient une place de choix. Après le succès du Petit Chaperon Rouge, il nous offre Cendrillon, réécriture moderne toute aussi fantaisiste que crue sur le thème du deuil familial. Cendrillon alias Sandra a troqué ses sabots pour des baskets, la marâtre versus bimbo siliconée, grande perverse narcissique (maladie du siècle?) a donné naissance à deux ados attardées plutôt boloss que belles goss, quant aux deux personnes potentiellement positives du conte l'un, le beau père, est à moitié dépressif et la fée est totalement blasée et incompétente…. Voilà le conte moderne et déjanté que Camille de La Guillonnière a décidé de mettre en scène d'après le texte de Joël Pommerat. Le décor est minimal, le jeu est franchement comique, on y retrouve les ressorts de la farce et il faut dire qu'ils sont efficaces. L’humour côtoie mais n’atténue pas la cruauté de l'intrigue et la nudité du langage. La réalité de la mort et son lot de souffrances font de Sandra, une véritable Cendrillon …. dans laquelle se reconnaîtront tous ceux pour qui le conte garde sa fonction éducative.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Cendrillon</strong><br />Texte de Joël Pommerat<br />Mise en scène : Camille de La Guillonnière<br />Avec Chloé Chazé, Frédéric Lapinsonnière, Aude Pons, Lise Quet, Mathieu Ricard, Clément Séjourné&nbsp;<br />Lumière : Julie Duquenoÿ et Johanna Boyer-Dilolo<br />Production : Compagnie Le Temps est Incertain mais on joue quand même !</p> <p><a href="http://www.le-temps-est-incertain.com/" target="_blank">Le site de la compagnie</a></p> <p><strong>Dates et lieux des représentations :</strong>&nbsp;</p> <p>- Découvert le Vendredi 18 Mai 2018/ 20h45 
La tour sur Orb, <a href="https://www.sortieouest.fr/saison/spectacle/theatre/cendrillon-1.html" target="_blank">en partenariat avec Sortie Ouest</a></p> <p>- VENDREDI 08 JUIN 2018 À 19:00 - MÈZE - PARC DU CHÂTEAU GIRARD -&nbsp;en partenariat avec Sortie Ouest<br />-&nbsp; SAMEDI 09 JUIN 2018 À 19:00 - PÉZENAS, BUTTE DU CHÂTEAU -&nbsp;en partenariat avec Sortie Ouest</p> Fabrice Petithuguenin : « C’est compliqué » mais c’est aussi complètement déjanté ! 2018-05-18T15:02:09+00:00 2018-05-18T15:02:09+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2491-fabrice-petithuguenin-c-est-complique-mais-c-est-aussi-completement-dejante Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/vz-61de708d-af85-4674-b192-3ede322c989c.jpg" alt="compliqué" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">- Lagrandeparade.fr</a>/ Fabrice Petithuguenin est un artiste comparable à une frétillante pile électrique, sautillant d’un coin à l’autre, se déguisant, dansant, mimant, riant, pleurant. Et cela, sans s’arrêter&nbsp;! Jeune et passionné, il maîtrise le jeu de scène et explore des terrains où peu se sont aventurés. La prestation est intéressante et fait passer un bien agréable moment… à un public ouvert d’esprit&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">Lui, il aime les hommes, s’amuse des jeux de mots, parodie son psychothérapeute et joue avec son canard rose. Il n’est jamais à court d’idées et déballe tout ce qui lui passe par la tête. Un phénomène, tantôt adulte, tantôt ado, avec une personnalité bien remarquable. <br />C’est aussi un homme simple, qui ne manque pas de s’exaspérer des manies qu’ont les gens de compliquer les choses. Dans un pêle-mêle d’aventures, d’anecdotes, de réflexions personnelles, Fabrice Petithuguenin est drôle, parfois même hilarant. Quelques musiques entraînantes, des mimes farfelus et des remarques salaces (par moment un peu trop longues…), il crée une ambiance très décontractée.</p> <p style="text-align: justify;">On le vend comme un cocktail sur vitaminé&nbsp;: la publicité n’est pas mensongère, elle exerce même l’euphémisme. Un rafraîchissement très sympathique, porteur de valeurs telle que l’acception de l’autre. Malgré quelques lourdeurs, c’est simple et léger. On rit, on apprécie, et on adhère&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"] Je mate des boulards, je mate des boulards, du matin au soir, c’est pas le paradis, c’est un vrai cauchemar ![/bt_quote]</p> <p><strong>C'est compliqué</strong><br />De et avec : Fabrice Petithuguenin 
<br />Mise en scène : Mikaël Chirinian</p> <p style="text-align: justify;"></p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au mardi 26 juin 2018 au Théâtre Le Bout (
6 rue Frochot,
75009 Paris) 
</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/vz-61de708d-af85-4674-b192-3ede322c989c.jpg" alt="compliqué" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">- Lagrandeparade.fr</a>/ Fabrice Petithuguenin est un artiste comparable à une frétillante pile électrique, sautillant d’un coin à l’autre, se déguisant, dansant, mimant, riant, pleurant. Et cela, sans s’arrêter&nbsp;! Jeune et passionné, il maîtrise le jeu de scène et explore des terrains où peu se sont aventurés. La prestation est intéressante et fait passer un bien agréable moment… à un public ouvert d’esprit&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">Lui, il aime les hommes, s’amuse des jeux de mots, parodie son psychothérapeute et joue avec son canard rose. Il n’est jamais à court d’idées et déballe tout ce qui lui passe par la tête. Un phénomène, tantôt adulte, tantôt ado, avec une personnalité bien remarquable. <br />C’est aussi un homme simple, qui ne manque pas de s’exaspérer des manies qu’ont les gens de compliquer les choses. Dans un pêle-mêle d’aventures, d’anecdotes, de réflexions personnelles, Fabrice Petithuguenin est drôle, parfois même hilarant. Quelques musiques entraînantes, des mimes farfelus et des remarques salaces (par moment un peu trop longues…), il crée une ambiance très décontractée.</p> <p style="text-align: justify;">On le vend comme un cocktail sur vitaminé&nbsp;: la publicité n’est pas mensongère, elle exerce même l’euphémisme. Un rafraîchissement très sympathique, porteur de valeurs telle que l’acception de l’autre. Malgré quelques lourdeurs, c’est simple et léger. On rit, on apprécie, et on adhère&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"] Je mate des boulards, je mate des boulards, du matin au soir, c’est pas le paradis, c’est un vrai cauchemar ![/bt_quote]</p> <p><strong>C'est compliqué</strong><br />De et avec : Fabrice Petithuguenin 
<br />Mise en scène : Mikaël Chirinian</p> <p style="text-align: justify;"></p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au mardi 26 juin 2018 au Théâtre Le Bout (
6 rue Frochot,
75009 Paris) 
</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> Cielos – Bien mal-acquis – Le prix des larmes : un concept original, pour une soirée inégale, mais qui procure le très grand plaisir de (re)voir le formidable Michel Heim ! 2018-05-17T19:31:22+00:00 2018-05-17T19:31:22+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2488-cielos-bien-mal-acquis-le-prix-des-larmes-un-concept-original-pour-une-soiree-inegale-mais-qui-procure-le-tres-grand-plaisir-de-re-voir-le-formidable-michel-heim Sylvie Gagnère syl.gagnere@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/27minutes.jpg" alt="Theatre" width="350" height="225" style="margin: 5px; float: left;" />Par Sylvie Gagnère - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Avant toute chose, une petite explication est nécessaire sur le lieu, et le principe. Le City 27 Théâtre, c’est un théâtre qui présente, pendant 3 mois, 3 pièces de 27 minutes, dans un espace de 27 m2, pour 27 personnes, une fois par semaine. Ces micro-pièces sont proposées, mises en scène et jouées par des auteurs, metteurs en scène et acteurs différents.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Après «&nbsp;Le couple&nbsp;» et avant «&nbsp;La nuit&nbsp;» et «&nbsp;Boucherie&nbsp;», c’est donc «&nbsp;L’argent&nbsp;» qui sert de fil conducteur à cette soirée.&nbsp;<br />Le lieu est très cosy, une petite salle en sous-sol, où les spectateurs sont invités à s’asseoir sur tout le tour. Devant eux, des tables-bancs permettent de poser le verre et/ou l’assiette de tapas achetés au bar mobile, qui s’efface lorsque commence le spectacle, puis se réinstalle entre chaque pièce. L’accueil est chaleureux, on se sent presque dans une soirée à la maison.<br />Bien sûr, le risque d’un tel pari, c’est que les œuvres soient très inégales, et qu’il soit difficile de passer d’un thème et d’une ambiance à un(e) autre, avec seulement un entracte de dix minutes entre chacune. Trois histoires, trois styles&nbsp;:</p> <p style="text-align: justify;">Cielos se déroule à Mexico en 1941. Pedro et Juan Sanchez, père et fils, sont peintres en bâtiment. Ils achèvent de repeindre le magnifique plafond doré du Théâtre de Las Bellas Artes. Or, la fin de ce chantier-là va réveiller chez eux une déchirure familiale. La pièce s’avère décevante, avec peu de rythme et un argument qui ne parvient pas à accrocher l’attention du spectateur. Les acteurs ne sont pas en cause, ils font ce qu’ils peuvent, mais la narration ne décolle pas, on ne saisit pas le(s) enjeu(x) du récit.</p> <p style="text-align: justify;">Bien mal-acquis s’attache aux pas de Johnny, un jeune malfrat sans envergure, branché par son pote Kevin, escort de profession, sur un «&nbsp;petit casse pépère&nbsp;» dans une villa de la Côte d’Azur. Malheureusement pour lui, rien ne se passe comme prévu. Mais qu’est-ce qui était prévu, au juste&nbsp;?&nbsp;Cette fois-ci, l’écriture enlevée et incisive de Michel Heim fait mouche. Alerte, enjouée, pleine de rebondissements, avec une chute parfaitement amenée, c’est un régal&nbsp;! Les deux acteurs qui donnent la réplique à un Michel Heim en grande forme sont parfaits. On va de surprise en surprise dans cette galéjade politiquement incorrecte, et franchement très drôle.</p> <p style="text-align: justify;">Enfin, dans Le prix des larmes, un notaire lit un acte notarié à une jeune femme, Fanette. Cet acte demande à la mère d’abandonner son nourrisson, pour qu’il soit adopté par une richissime comtesse. L’histoire est émouvante et les acteurs très bons, mais il est un peu dommage que l’on devine beaucoup trop tôt le ressort «&nbsp;secret&nbsp;» de ce récit. Toutefois, la pièce tient la route et ne démérite pas.</p> <p style="text-align: justify;">On passe finalement un moment agréable, dans ce lieu atypique, au concept original. Et ne serait-ce que pour Michel Heim et son Bien mal acquis, la soirée en vaut la peine&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Cielos – Bien mal-acquis – Le prix des larmes</strong> &nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Cielos<br />Auteure&nbsp;: Anne-Alice Fontaine<br />Mise en scène&nbsp;: Katia Scarton-Kim<br />Avec&nbsp;: Angeli Hucher de Barros et Philippe Carriou</p> <p style="text-align: justify;">Bien mal acquis<br />Auteur&nbsp;: Michel Heim<br />Mise en scène&nbsp;: Cécile Carrère<br />Avec&nbsp;: Clément Hassid, Johann Coste et Michel Heim</p> <p style="text-align: justify;">Le prix des larmes<br />Auteur&nbsp;: Nicolas Spanoudis<br />Mise en scène&nbsp;: Alexandra Causse<br />Avec&nbsp;: Marion Subtil et Christophe Biccherai</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations&nbsp;:</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Tous les samedis, du 21 avril au 7 juillet 2018, à 19 h, au City 27 Théâtre, 75011 Paris</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/27minutes.jpg" alt="Theatre" width="350" height="225" style="margin: 5px; float: left;" />Par Sylvie Gagnère - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Avant toute chose, une petite explication est nécessaire sur le lieu, et le principe. Le City 27 Théâtre, c’est un théâtre qui présente, pendant 3 mois, 3 pièces de 27 minutes, dans un espace de 27 m2, pour 27 personnes, une fois par semaine. Ces micro-pièces sont proposées, mises en scène et jouées par des auteurs, metteurs en scène et acteurs différents.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Après «&nbsp;Le couple&nbsp;» et avant «&nbsp;La nuit&nbsp;» et «&nbsp;Boucherie&nbsp;», c’est donc «&nbsp;L’argent&nbsp;» qui sert de fil conducteur à cette soirée.&nbsp;<br />Le lieu est très cosy, une petite salle en sous-sol, où les spectateurs sont invités à s’asseoir sur tout le tour. Devant eux, des tables-bancs permettent de poser le verre et/ou l’assiette de tapas achetés au bar mobile, qui s’efface lorsque commence le spectacle, puis se réinstalle entre chaque pièce. L’accueil est chaleureux, on se sent presque dans une soirée à la maison.<br />Bien sûr, le risque d’un tel pari, c’est que les œuvres soient très inégales, et qu’il soit difficile de passer d’un thème et d’une ambiance à un(e) autre, avec seulement un entracte de dix minutes entre chacune. Trois histoires, trois styles&nbsp;:</p> <p style="text-align: justify;">Cielos se déroule à Mexico en 1941. Pedro et Juan Sanchez, père et fils, sont peintres en bâtiment. Ils achèvent de repeindre le magnifique plafond doré du Théâtre de Las Bellas Artes. Or, la fin de ce chantier-là va réveiller chez eux une déchirure familiale. La pièce s’avère décevante, avec peu de rythme et un argument qui ne parvient pas à accrocher l’attention du spectateur. Les acteurs ne sont pas en cause, ils font ce qu’ils peuvent, mais la narration ne décolle pas, on ne saisit pas le(s) enjeu(x) du récit.</p> <p style="text-align: justify;">Bien mal-acquis s’attache aux pas de Johnny, un jeune malfrat sans envergure, branché par son pote Kevin, escort de profession, sur un «&nbsp;petit casse pépère&nbsp;» dans une villa de la Côte d’Azur. Malheureusement pour lui, rien ne se passe comme prévu. Mais qu’est-ce qui était prévu, au juste&nbsp;?&nbsp;Cette fois-ci, l’écriture enlevée et incisive de Michel Heim fait mouche. Alerte, enjouée, pleine de rebondissements, avec une chute parfaitement amenée, c’est un régal&nbsp;! Les deux acteurs qui donnent la réplique à un Michel Heim en grande forme sont parfaits. On va de surprise en surprise dans cette galéjade politiquement incorrecte, et franchement très drôle.</p> <p style="text-align: justify;">Enfin, dans Le prix des larmes, un notaire lit un acte notarié à une jeune femme, Fanette. Cet acte demande à la mère d’abandonner son nourrisson, pour qu’il soit adopté par une richissime comtesse. L’histoire est émouvante et les acteurs très bons, mais il est un peu dommage que l’on devine beaucoup trop tôt le ressort «&nbsp;secret&nbsp;» de ce récit. Toutefois, la pièce tient la route et ne démérite pas.</p> <p style="text-align: justify;">On passe finalement un moment agréable, dans ce lieu atypique, au concept original. Et ne serait-ce que pour Michel Heim et son Bien mal acquis, la soirée en vaut la peine&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Cielos – Bien mal-acquis – Le prix des larmes</strong> &nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Cielos<br />Auteure&nbsp;: Anne-Alice Fontaine<br />Mise en scène&nbsp;: Katia Scarton-Kim<br />Avec&nbsp;: Angeli Hucher de Barros et Philippe Carriou</p> <p style="text-align: justify;">Bien mal acquis<br />Auteur&nbsp;: Michel Heim<br />Mise en scène&nbsp;: Cécile Carrère<br />Avec&nbsp;: Clément Hassid, Johann Coste et Michel Heim</p> <p style="text-align: justify;">Le prix des larmes<br />Auteur&nbsp;: Nicolas Spanoudis<br />Mise en scène&nbsp;: Alexandra Causse<br />Avec&nbsp;: Marion Subtil et Christophe Biccherai</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations&nbsp;:</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Tous les samedis, du 21 avril au 7 juillet 2018, à 19 h, au City 27 Théâtre, 75011 Paris</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> Le journal d’une femme de chambre : bourgeois, ladres et méchants 2018-05-14T19:54:50+00:00 2018-05-14T19:54:50+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2484-le-journal-d-une-femme-de-chambre-bourgeois-ladres-et-mechants Christian Kazandjian christango1@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/0x1200x13819-or.jpg" alt="journal d'une femme de chambre" width="300" height="424" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazandjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Avec "Le journal d’une femme de chambre", Octave Mirbeau lève le voile sur les turpitudes de la bourgeoisie du XIXe siècle. Avec de forts échos dans les sociétés d’aujourd’hui.<br />Une femme, du fond de la salle, rejoint la scène&nbsp;: image des pérégrinations d’une servante qui change de place au gré des humeurs et aigreurs des maîtres. Célestine découvre, après des dizaines d’autres demeures bourgeoises, le domaine des Lanlaire couple cupide, vil et madré. Elle se remémore son dernier emploi chez un vieillard fétichiste amoureux de ses bottines. Elle découvre bientôt d’autres turpitudes que ses nouveaux patrons ne cherchent même pas à cacher&nbsp;: elle n’est, après tout, qu’une domestique soumise aux caprices des propriétaires, une quasi esclave. Elle cause avec le reste de la domesticité, véhicule les cancans, repousse les avances de l’époux volage, pantin ridicule aux mains de la mégère qui gère la maison. Rien qu’elle ne connaisse déjà et dont elle se soit accommodée avec le temps. Survient alors une attirance inconcevable au départ pour le chauffeur Joseph, admirateur des politiciens d’extrême droite, antirépublicains, calotins et antisémites, dont il se fait un propagandiste. Faisant écho aux Drumont, idéologue de la race, Jules Guérin, directeur de la Ligue antisémite, vomit le juif Dreyfus et le traître Zola. Célestine, lasse de n’être qu’un élément de plus dans le décor, se laisse emporter par le rêve d’émancipation de Joseph qu’elle soupçonne pourtant du viol et du meurtre d’une enfant. Elle le suit a à Cherbourg dans le bistrot sur le port qu’il achète après avoir volé l’argenterie des Lanlaire. Là, au milieu des militaires et des marins, elle est la fleur qui égaie le lieu et les pousse à boire, nouvel objet dédié au plaisir des hommes. Mais elle est également la patronne et à ce titre, oubliant ses antécédents, elle se sent en droit de fustiger la paresse des servantes, de les soupçonner de menus larcins. C’est que la voilà devenue une bourgeoise, certes de basse extraction, mais avec un solide compte en banque. <br />Octave Mirbeau a écrit une violente satire des mœurs de la bourgeoisie de son temps, à l’époque d’un regain d’antisémitisme et d’anti-républicanisme entourant l’affaire Dreyfus. Il décrit l’enfer social que vivent les gens du peuple à l’heure de l’essor du capitalisme. L’argent, le pouvoir deviennent les ressorts de la société et l’individualisme le ferment, n’épargnant pas même les milieux populaires, qu’incarnent Joseph et Célestine. La mise en scène et le décor le suggèrent quand, après avoir retiré la nappe brodée d’une table bourgeoise pour en faire celle d’un estaminet, il suffit de rajouter un collier à la parure de la servante pour la transformer en patronne. Quant aux femmes, elles restent confinées aux marges, sauf à accéder au pouvoir. Célestine (Mirbeau a-t-il choisi à dessein ce prénom qui renvoie à la maquerelle de la pièce de Rojas&nbsp;?) avoue, derrière la malle redressée en forme de banc des accusés, qu’elle est prête à tuer par amour pour Joseph&nbsp;: l’amour, cet autre moteur des rapports sociaux avec l’argent et le pouvoir. <br />L’auteur gratte les plaies jusqu’à la nausée, sans négliger la griffe de l’humour. L’adaptation de Michel Monnereau, la belle performance de Catherine Artigala qui endosse tous les rôles sans outrance, restituent la force du roman dans ce qu’il projette de lumière sur notre époque. Car, en définitive, les choses n’ont pas fondamentalement changé, sauf à s’exacerber.</p> <p><strong>Le journal d’une femme de chambre</strong> d’Octave Mirbeau<br />Adaptation : Michel Monnereau<br />Mise en scène : Jean-Pierre Hané</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong><br />- Jusqu’au 1er juillet 2018 au théâtre Le Funambule paris 18e (01.42.23.88.83.). <a href="http://www.funambule-montmartre.com" target="_blank">www.funambule-montmartre.com</a></p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/0x1200x13819-or.jpg" alt="journal d'une femme de chambre" width="300" height="424" style="margin: 5px; float: left;" />Par Christian Kazandjian - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Avec "Le journal d’une femme de chambre", Octave Mirbeau lève le voile sur les turpitudes de la bourgeoisie du XIXe siècle. Avec de forts échos dans les sociétés d’aujourd’hui.<br />Une femme, du fond de la salle, rejoint la scène&nbsp;: image des pérégrinations d’une servante qui change de place au gré des humeurs et aigreurs des maîtres. Célestine découvre, après des dizaines d’autres demeures bourgeoises, le domaine des Lanlaire couple cupide, vil et madré. Elle se remémore son dernier emploi chez un vieillard fétichiste amoureux de ses bottines. Elle découvre bientôt d’autres turpitudes que ses nouveaux patrons ne cherchent même pas à cacher&nbsp;: elle n’est, après tout, qu’une domestique soumise aux caprices des propriétaires, une quasi esclave. Elle cause avec le reste de la domesticité, véhicule les cancans, repousse les avances de l’époux volage, pantin ridicule aux mains de la mégère qui gère la maison. Rien qu’elle ne connaisse déjà et dont elle se soit accommodée avec le temps. Survient alors une attirance inconcevable au départ pour le chauffeur Joseph, admirateur des politiciens d’extrême droite, antirépublicains, calotins et antisémites, dont il se fait un propagandiste. Faisant écho aux Drumont, idéologue de la race, Jules Guérin, directeur de la Ligue antisémite, vomit le juif Dreyfus et le traître Zola. Célestine, lasse de n’être qu’un élément de plus dans le décor, se laisse emporter par le rêve d’émancipation de Joseph qu’elle soupçonne pourtant du viol et du meurtre d’une enfant. Elle le suit a à Cherbourg dans le bistrot sur le port qu’il achète après avoir volé l’argenterie des Lanlaire. Là, au milieu des militaires et des marins, elle est la fleur qui égaie le lieu et les pousse à boire, nouvel objet dédié au plaisir des hommes. Mais elle est également la patronne et à ce titre, oubliant ses antécédents, elle se sent en droit de fustiger la paresse des servantes, de les soupçonner de menus larcins. C’est que la voilà devenue une bourgeoise, certes de basse extraction, mais avec un solide compte en banque. <br />Octave Mirbeau a écrit une violente satire des mœurs de la bourgeoisie de son temps, à l’époque d’un regain d’antisémitisme et d’anti-républicanisme entourant l’affaire Dreyfus. Il décrit l’enfer social que vivent les gens du peuple à l’heure de l’essor du capitalisme. L’argent, le pouvoir deviennent les ressorts de la société et l’individualisme le ferment, n’épargnant pas même les milieux populaires, qu’incarnent Joseph et Célestine. La mise en scène et le décor le suggèrent quand, après avoir retiré la nappe brodée d’une table bourgeoise pour en faire celle d’un estaminet, il suffit de rajouter un collier à la parure de la servante pour la transformer en patronne. Quant aux femmes, elles restent confinées aux marges, sauf à accéder au pouvoir. Célestine (Mirbeau a-t-il choisi à dessein ce prénom qui renvoie à la maquerelle de la pièce de Rojas&nbsp;?) avoue, derrière la malle redressée en forme de banc des accusés, qu’elle est prête à tuer par amour pour Joseph&nbsp;: l’amour, cet autre moteur des rapports sociaux avec l’argent et le pouvoir. <br />L’auteur gratte les plaies jusqu’à la nausée, sans négliger la griffe de l’humour. L’adaptation de Michel Monnereau, la belle performance de Catherine Artigala qui endosse tous les rôles sans outrance, restituent la force du roman dans ce qu’il projette de lumière sur notre époque. Car, en définitive, les choses n’ont pas fondamentalement changé, sauf à s’exacerber.</p> <p><strong>Le journal d’une femme de chambre</strong> d’Octave Mirbeau<br />Adaptation : Michel Monnereau<br />Mise en scène : Jean-Pierre Hané</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong><br />- Jusqu’au 1er juillet 2018 au théâtre Le Funambule paris 18e (01.42.23.88.83.). <a href="http://www.funambule-montmartre.com" target="_blank">www.funambule-montmartre.com</a></p> Jacqueline Auriol ou le ciel interrompu : une destinée humaine 2018-05-16T14:41:46+00:00 2018-05-16T14:41:46+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2485-jacqueline-auriol-ou-le-ciel-interrompu-une-destinee-humaine Serge Bressan sergebressan@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/auriol.jpg" alt="Auriol" width="300" height="423" style="margin: 5px; float: left;" />Deux avis pour une même pièce, voilà ce que vous propose La Grande Parade !</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Par Serge Bressan</strong> -&nbsp;<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a> / Entièrement recouverte d’un drap blanc, une silhouette. Vite, on sait que, là, dans ce qu’on imagine une chambre d’hôpital, sous le drap qui glisse lentement, il y a une femme. Elle parle. Elle raconte. Elle ne sait où elle est, si elle est vivante ou morte.</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Dites moi&nbsp;», répète-t-elle. Elle est défigurée, plus de nez, plus de lèvres… Et la mémoire lui revient&nbsp;: la veille, le 11 juillet 1949 en ce département qu’était alors la Seine-et-Oise, entre Les Mureaux et Meulan, l’hydravion dans lequel elle avait pris place avec trois autres personnes a plongé dans la Seine. Accident terrible. Jacqueline Auriol, alors âgée de 32 ans et belle-fille du président Vincent Auriol, sera emmenée à l’hôpital complètement défigurée avec pas moins de 124 fractures. Pendant deux ans, elle va subir vingt-deux interventions chirurgicales et greffes faciales, un chirurgien américain va lui scier le crâne en deux pour qu’il retrouve sa symétrie… Pendant ces deux années de souffrance et d’isolement, elle la passionnée d’aviation, la jeune femme sera toute tendue vers son objectif suprême&nbsp;: faire corps à nouveau avec le ciel. Lorsqu’ils viennent la voir avec leur grand-mère, ses deux fils lui demandent de jurer qu’elle ne remontera jamais dans un avion… En vain. Jacqueline Auriol deviendra la première femme pilote d’essai («&nbsp;non pas pilote de ligne, je ne veux pas trimballer des touristes…&nbsp;»), battra de nombreux records et sera sacrée «&nbsp;femme la plus rapide du monde&nbsp;» (818 kms/h sur circuit fermé en 1951). Peu après son accident, «&nbsp;visage écrasé, gueule cassée&nbsp;», elle avait annoncé&nbsp;: «&nbsp;Une vie de tourments m’attend&nbsp;»...</p> <p style="text-align: justify;">Seule en scène, la comédienne Pierrette Dupoyet met en scène un texte qu’elle a écrit, tout habité par une «&nbsp;destinée humaine&nbsp;», un parcours de vie, la volonté, l’ambition, la ténacité et surtout la passion. Une passion qui bouscule tout… C’est artistiquement estimable, et elle s’en sort fort honorablement quand elle se glisse dans les habits et les blessures d’une «&nbsp;femme remarquable&nbsp;» comme le fut l’aviatrice Jacqueline Auriol. Mais on regrettera une musique trop présente et parfois trop forte, et un texte qui ne pointe pas assez le caractère universel d’espoir que peut couvrir le destin exceptionnel d’une femme comme Jacqueline Auriol. Ainsi, ces quelques faiblesses ne font de cette pièce qu’un bon spectacle. Sans plus…</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Par Delphine Caudal</strong> - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Jacqueline Auriol, c’est le parcours d’une femme d’exception, que Pierrette Dupoyet illumine avec talent dans le sympathique théâtre de La Contrescarpe. C’est aussi le récit d’une star volante, d’une aviatrice au courage et à la détermination extraordinaires, qui a su surmonter la douleur et le regard d’autrui avec une admirable volonté.&nbsp;Défigurée et brisée psychologiquement à 32 ans, vouée à une passion à l’univers masculin, elle trouve cette indéfectible force pour se remettre au pilotage et s’envolera pour des records mondiaux. Quelle bravoure, et quelle énergie… L’histoire, tout simplement époustouflante, reste gravée dans les mémoires.</p> <p><span style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Vivre pour voler, voler pour vivre.[/bt_quote]</span><span style="text-align: justify;"><br /></span></p> <p style="text-align: justify;">Né en 1917, et formée aux beaux-arts, Jacqueline Auriol devient rapidement une fierté de la nation française. Mais le 11 juillet 1949, la tragédie la frappe de plein fouet&nbsp;: elle est victime d’un accident à bord d’un hydravion et s’avère être la plus gravement blessée. Suite à de multiples fractures, le nez arraché, et le visage est écrasé, elle reste deux années dans un hôpital pour y subir une vingtaine d’opérations. Période pendant laquelle elle souffrira de ne pas voir ses deux jeunes fils grandir.<br />Mais après deux années de frustrations, elle se remet au pilotage et accomplit des records de vitesse mondiaux, décrochant médailles et distinctions. C’est en effet, en 1963 qu’elle réalise l’exploit&nbsp;: 2038 km/h dans les airs. Epatant. Prodigieux.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]On a deux familles, celle de la Terre, et celle du Ciel.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">On prend beaucoup de plaisir à accueillir la démonstration vivante de ces quelques morceaux de vie. On peut dire qu’on assiste à une véritable leçon de courage, poignante, captivante, grâce à un travail remarquable, hypnotique&nbsp;: les yeux ne peuvent quitter la scène tant l’interprétation est émouvante. L’artiste met la barre très haut&nbsp;: l’intensité des émotions est tout bonnement saisissante. <br />Le décor, la prestation de Pierrette Dupoyet, les effets sonores ainsi que la mise en scène témoignent d’un travail intelligent, mûrement réfléchi et d’une grande qualité. Le plaisir est au rendez-vous, invitant à la réflexion et peut-être au dépassement de soi…</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Jacqueline Auriol ou le ciel interrompu</strong> de Pierrette Dupoyet</p> <p style="text-align: justify;">Mise en scène&nbsp;et interprétation&nbsp;: Pierrette Dupoyet<br />Durée&nbsp;: 1h10</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :</strong><br />Les Dimanche 20 et 27 mai 2018, 15h au&nbsp;<span style="text-align: justify;">Théâtre de la Contrescarpe (</span><span style="text-align: justify;">5 Rue Blainville ,</span><span style="text-align: justify;">75&nbsp;005 Paris)&nbsp; -&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">Tél. : 01 42 01 81 88 -&nbsp;</span><a href="http://www.theatredelacontrescarpe.fr" target="_blank">&nbsp;www.theatredelacontrescarpe.fr</a></p> <p style="text-align: justify;">- Du 6 au 29 juillet 2018, 17h45. Relâche le lundi au&nbsp;<span style="text-align: justify;">Festival d’Avignon OFF au&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">Théâtre de la Luna (</span><span style="text-align: justify;">1 rue Séverine,&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">84 000 Avignon) -&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">Tél.&nbsp;: 04 90 86 96 58 / 06 87 46 87 56 -&nbsp;</span><a href="http://www.theatre-laluna.fr" target="_blank">www.theatre-laluna.fr</a></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/auriol.jpg" alt="Auriol" width="300" height="423" style="margin: 5px; float: left;" />Deux avis pour une même pièce, voilà ce que vous propose La Grande Parade !</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Par Serge Bressan</strong> -&nbsp;<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a> / Entièrement recouverte d’un drap blanc, une silhouette. Vite, on sait que, là, dans ce qu’on imagine une chambre d’hôpital, sous le drap qui glisse lentement, il y a une femme. Elle parle. Elle raconte. Elle ne sait où elle est, si elle est vivante ou morte.</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Dites moi&nbsp;», répète-t-elle. Elle est défigurée, plus de nez, plus de lèvres… Et la mémoire lui revient&nbsp;: la veille, le 11 juillet 1949 en ce département qu’était alors la Seine-et-Oise, entre Les Mureaux et Meulan, l’hydravion dans lequel elle avait pris place avec trois autres personnes a plongé dans la Seine. Accident terrible. Jacqueline Auriol, alors âgée de 32 ans et belle-fille du président Vincent Auriol, sera emmenée à l’hôpital complètement défigurée avec pas moins de 124 fractures. Pendant deux ans, elle va subir vingt-deux interventions chirurgicales et greffes faciales, un chirurgien américain va lui scier le crâne en deux pour qu’il retrouve sa symétrie… Pendant ces deux années de souffrance et d’isolement, elle la passionnée d’aviation, la jeune femme sera toute tendue vers son objectif suprême&nbsp;: faire corps à nouveau avec le ciel. Lorsqu’ils viennent la voir avec leur grand-mère, ses deux fils lui demandent de jurer qu’elle ne remontera jamais dans un avion… En vain. Jacqueline Auriol deviendra la première femme pilote d’essai («&nbsp;non pas pilote de ligne, je ne veux pas trimballer des touristes…&nbsp;»), battra de nombreux records et sera sacrée «&nbsp;femme la plus rapide du monde&nbsp;» (818 kms/h sur circuit fermé en 1951). Peu après son accident, «&nbsp;visage écrasé, gueule cassée&nbsp;», elle avait annoncé&nbsp;: «&nbsp;Une vie de tourments m’attend&nbsp;»...</p> <p style="text-align: justify;">Seule en scène, la comédienne Pierrette Dupoyet met en scène un texte qu’elle a écrit, tout habité par une «&nbsp;destinée humaine&nbsp;», un parcours de vie, la volonté, l’ambition, la ténacité et surtout la passion. Une passion qui bouscule tout… C’est artistiquement estimable, et elle s’en sort fort honorablement quand elle se glisse dans les habits et les blessures d’une «&nbsp;femme remarquable&nbsp;» comme le fut l’aviatrice Jacqueline Auriol. Mais on regrettera une musique trop présente et parfois trop forte, et un texte qui ne pointe pas assez le caractère universel d’espoir que peut couvrir le destin exceptionnel d’une femme comme Jacqueline Auriol. Ainsi, ces quelques faiblesses ne font de cette pièce qu’un bon spectacle. Sans plus…</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Par Delphine Caudal</strong> - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Jacqueline Auriol, c’est le parcours d’une femme d’exception, que Pierrette Dupoyet illumine avec talent dans le sympathique théâtre de La Contrescarpe. C’est aussi le récit d’une star volante, d’une aviatrice au courage et à la détermination extraordinaires, qui a su surmonter la douleur et le regard d’autrui avec une admirable volonté.&nbsp;Défigurée et brisée psychologiquement à 32 ans, vouée à une passion à l’univers masculin, elle trouve cette indéfectible force pour se remettre au pilotage et s’envolera pour des records mondiaux. Quelle bravoure, et quelle énergie… L’histoire, tout simplement époustouflante, reste gravée dans les mémoires.</p> <p><span style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Vivre pour voler, voler pour vivre.[/bt_quote]</span><span style="text-align: justify;"><br /></span></p> <p style="text-align: justify;">Né en 1917, et formée aux beaux-arts, Jacqueline Auriol devient rapidement une fierté de la nation française. Mais le 11 juillet 1949, la tragédie la frappe de plein fouet&nbsp;: elle est victime d’un accident à bord d’un hydravion et s’avère être la plus gravement blessée. Suite à de multiples fractures, le nez arraché, et le visage est écrasé, elle reste deux années dans un hôpital pour y subir une vingtaine d’opérations. Période pendant laquelle elle souffrira de ne pas voir ses deux jeunes fils grandir.<br />Mais après deux années de frustrations, elle se remet au pilotage et accomplit des records de vitesse mondiaux, décrochant médailles et distinctions. C’est en effet, en 1963 qu’elle réalise l’exploit&nbsp;: 2038 km/h dans les airs. Epatant. Prodigieux.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]On a deux familles, celle de la Terre, et celle du Ciel.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">On prend beaucoup de plaisir à accueillir la démonstration vivante de ces quelques morceaux de vie. On peut dire qu’on assiste à une véritable leçon de courage, poignante, captivante, grâce à un travail remarquable, hypnotique&nbsp;: les yeux ne peuvent quitter la scène tant l’interprétation est émouvante. L’artiste met la barre très haut&nbsp;: l’intensité des émotions est tout bonnement saisissante. <br />Le décor, la prestation de Pierrette Dupoyet, les effets sonores ainsi que la mise en scène témoignent d’un travail intelligent, mûrement réfléchi et d’une grande qualité. Le plaisir est au rendez-vous, invitant à la réflexion et peut-être au dépassement de soi…</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Jacqueline Auriol ou le ciel interrompu</strong> de Pierrette Dupoyet</p> <p style="text-align: justify;">Mise en scène&nbsp;et interprétation&nbsp;: Pierrette Dupoyet<br />Durée&nbsp;: 1h10</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :</strong><br />Les Dimanche 20 et 27 mai 2018, 15h au&nbsp;<span style="text-align: justify;">Théâtre de la Contrescarpe (</span><span style="text-align: justify;">5 Rue Blainville ,</span><span style="text-align: justify;">75&nbsp;005 Paris)&nbsp; -&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">Tél. : 01 42 01 81 88 -&nbsp;</span><a href="http://www.theatredelacontrescarpe.fr" target="_blank">&nbsp;www.theatredelacontrescarpe.fr</a></p> <p style="text-align: justify;">- Du 6 au 29 juillet 2018, 17h45. Relâche le lundi au&nbsp;<span style="text-align: justify;">Festival d’Avignon OFF au&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">Théâtre de la Luna (</span><span style="text-align: justify;">1 rue Séverine,&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">84 000 Avignon) -&nbsp;</span><span style="text-align: justify;">Tél.&nbsp;: 04 90 86 96 58 / 06 87 46 87 56 -&nbsp;</span><a href="http://www.theatre-laluna.fr" target="_blank">www.theatre-laluna.fr</a></p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> Nous qui habitons vos ruines : la pensée de Charles Fourier comme alternative ? 2018-05-12T19:00:46+00:00 2018-05-12T19:00:46+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2479-nous-qui-habitons-vos-ruines-la-pensee-de-charles-fourier-comme-alternative Victor Waque victorwaque@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/nous-qui-habitons-vos-ruines-photo-yoyo-gonthier_sds6241r_321.jpg" alt="ruines" width="350" height="234" style="margin: 5px; float: left;" />Par Victor Waqué -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr/ </a>C’est l’histoire d’Antoine, thésard sur la pensée utopiste de Charles Fourier. Insatisfait par son mode de vie, il va repartir de zéro en s’appuyant sur les préceptes du philosophe. Le spectacle «&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» propose une alternative face aux lacunes de la société actuelle. Avec des comédiens captivants, nous sommes entraînés dans une réflexion fondamentale&nbsp;: comment vivre aujourd’hui en respectant ses valeurs&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Charles Fourier est un philosophe utopiste de la fin du XVIIIeme siècle, fervent critique de la société industrielle. Il propose une théorie originale dite de "l’attraction passionnée" qu’il cherchera à mettre en place dans une cité idéale. Constituée de phalanstères, d’immenses bâtiments communs dans lesquels les habitants choisissent librement de s’installer, le but est de créer une communauté basée sur l'entraide réciproque. Les activités de la cité sont orientées vers l’agriculture, les arts et les sciences. De nombreuses communautés se sont inspirées de son travail. Celles qui ont voulu créer des phalanstères au sens strict de Fourier n’ont jamais perduré. Mais encore aujourd’hui certaines de ses idées sont mises en application. La compagnie "Interstice" s’immerge dans la pensée du philosophe pour proposer une alternative au monde d’aujourd'hui.</p> <p style="text-align: justify;">A l’instar de Charles Fourier, «&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» met en évidence les limites de la société capitaliste. Antoine débute une psychothérapie, angoissé de s’endetter pour acheter un minuscule appartement hors de prix à Paris. Il refrène ses désirs d’achats d’objets hétéroclites à usage unique, et déplore tous ces produits de consommation. Les comédiens énumèrent les parties sombres de la société d’aujourd’hui&nbsp;: il faudrait cinq planètes pour avoir suffisamment de ressources naturelles si la population mondiale avait le train de vie européen. La famine écrase des millions de personnes. Une femme se fait violer dans le monde toutes les sept secondes. <br />Depuis des centaines d’années, nos ancêtres abîment la planète et ceux qui l’occupent. Nous, hommes et femmes actuels vivons dans les ruines de ce passé. Des tas de pierres qui s’amoncellent. Qui risquent un jour de s’écrouler. Alors que les comédiens déversent ce flot d’informations nauséabondes, une évidence éclate. Il faut agir&nbsp;! C’est ce que va faire Antoine sur la scène du théâtre Jean Vilar de Montpellier. C'est ce à quoi invite "Nous qui habitons nos ruines". Prendre conscience de l'inefficacité du système.</p> <p style="text-align: justify;">Antoine va se jeter dans le vide. Changer de mode de vie. Il arrive dans le lieu-dit «&nbsp;le frigo&nbsp;» dans un coin perdu de la Lozère où vivent en communauté 11 adultes. Tous les habitants travaillent ensemble. Mettant de côté leurs désirs superflus, ils se concentrent sur le travail primaire. Cultiver pour se nourrir. Mettre en place une pompe hydraulique pour boire. Deux fois par semaine, une réunion a lieu entre tous les habitants pour résoudre les problèmes individuels et collectifs de la communauté. Il existe aussi un temps «&nbsp;philosophique&nbsp;» où les habitants partagent leurs questionnements existentiels. Dans ce village, plus de travail à proprement parler. Il n’y a pas d’argent à la clé. Le but est de vivre, sans dépendre des entreprises multinationales, ni des denrées alimentaires qui ont traversé la moitié du globe pour parvenir dans nos paniers. La notion de couple monogame est remise en cause, tout comme la notion de famille. Les enfants sont gardés, choyés, éduqués par les parents, mais aussi par tous les membres du groupe. Antoine l’intellectuel se voit donc investi dans des tâches manuelles. Il devient moins stressé. Plus heureux. Il diminue son impact sur l’écosystème. Il vit en adéquation avec ses valeurs. Celles de Charles Fourier.</p> <p style="text-align: justify;">Si l'expérience est riche d'enseignements, de nombreuses difficultés émergent. La vie est rude. Le travail agricole épuisant. L'hiver froid. L'amour libre convient mal à certains habitants. Certains font machine arrière. Son compagnon resté sur Paris le rejoint par amour et fait émerger tous les paradoxes de ce mode de vie. En se mettant en marge de la société, contribue-t-il à la faire évoluer? Si leur petite communauté fonctionne n'est-ce pas parce qu'elle réunit des personnes aux préoccupations similaires? En serait-il de même avec des personnes aux idées différentes? Son compagnon questionne aussi la perte du confort et des bénéfices technologiques actuels. Enfin, l'arrivée du père d'Antoine, fort de sa vision traditionnelle, enfonce le clou. Il est choqué par ce mode de vie désorganisé, où le travail ne fait pas office de valeur fondamentale, où sa petite fille n'ira pas à l'école, éduquée par des personnes en marge de la société. A quoi ressembleront les adultes de demain dans une société utopique?; Si "Nous qui habitons vos ruines" défend l'importance de changer la société, la mise en scène souligne les limites du village utopiste. Des contraintes et des tensions qu'Antoine subit de plein fouet, tiraillé entre ses valeurs fouriéristes, son compagnon Vincent qu'il aime, la pression de son père. La compagnie "Interstice" nous fait nous poser les bonnes questions.</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» sensibilise les spectateurs à l’importance de chercher des solutions pour une société plus juste. Dans ce monde où les priorités sont d’ordre individuel, les comédiens rappellent que «&nbsp;NOUS&nbsp;» sommes indépendants, «&nbsp;ON&nbsp;» a besoin de l’autre pour s’épanouir. S’il n’existe pas encore d’alternative satisfaisante, «&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» nous invite à l’inventer. Ensemble.</p> <p><strong>NOUS QUI HABITONS VOS RUINES</strong><br />Une enquête d’après Charles Fourier - Texte et dramaturgie:&nbsp; Barbara Métais-Chastanier<br />Conception et mise en scène : Marie Lamachère<br />Avec Michaël Hallouin, Damien Valero, Laurélie Riffault</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p>- 3 et 4 MAI 2018 au&nbsp;Théâtre Jean Vilar, Montpellier&nbsp;<br />- 19 MAI 2018 -&nbsp;Musée de la préhistoire, Orgnac-l'Aven<br />- 28 JUILLET 2018 -&nbsp;Festival Textes en l'Air, Saint Antoine l'Abbaye — Festival Textes en l'Air</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/nous-qui-habitons-vos-ruines-photo-yoyo-gonthier_sds6241r_321.jpg" alt="ruines" width="350" height="234" style="margin: 5px; float: left;" />Par Victor Waqué -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr/ </a>C’est l’histoire d’Antoine, thésard sur la pensée utopiste de Charles Fourier. Insatisfait par son mode de vie, il va repartir de zéro en s’appuyant sur les préceptes du philosophe. Le spectacle «&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» propose une alternative face aux lacunes de la société actuelle. Avec des comédiens captivants, nous sommes entraînés dans une réflexion fondamentale&nbsp;: comment vivre aujourd’hui en respectant ses valeurs&nbsp;?</p> <p style="text-align: justify;">Charles Fourier est un philosophe utopiste de la fin du XVIIIeme siècle, fervent critique de la société industrielle. Il propose une théorie originale dite de "l’attraction passionnée" qu’il cherchera à mettre en place dans une cité idéale. Constituée de phalanstères, d’immenses bâtiments communs dans lesquels les habitants choisissent librement de s’installer, le but est de créer une communauté basée sur l'entraide réciproque. Les activités de la cité sont orientées vers l’agriculture, les arts et les sciences. De nombreuses communautés se sont inspirées de son travail. Celles qui ont voulu créer des phalanstères au sens strict de Fourier n’ont jamais perduré. Mais encore aujourd’hui certaines de ses idées sont mises en application. La compagnie "Interstice" s’immerge dans la pensée du philosophe pour proposer une alternative au monde d’aujourd'hui.</p> <p style="text-align: justify;">A l’instar de Charles Fourier, «&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» met en évidence les limites de la société capitaliste. Antoine débute une psychothérapie, angoissé de s’endetter pour acheter un minuscule appartement hors de prix à Paris. Il refrène ses désirs d’achats d’objets hétéroclites à usage unique, et déplore tous ces produits de consommation. Les comédiens énumèrent les parties sombres de la société d’aujourd’hui&nbsp;: il faudrait cinq planètes pour avoir suffisamment de ressources naturelles si la population mondiale avait le train de vie européen. La famine écrase des millions de personnes. Une femme se fait violer dans le monde toutes les sept secondes. <br />Depuis des centaines d’années, nos ancêtres abîment la planète et ceux qui l’occupent. Nous, hommes et femmes actuels vivons dans les ruines de ce passé. Des tas de pierres qui s’amoncellent. Qui risquent un jour de s’écrouler. Alors que les comédiens déversent ce flot d’informations nauséabondes, une évidence éclate. Il faut agir&nbsp;! C’est ce que va faire Antoine sur la scène du théâtre Jean Vilar de Montpellier. C'est ce à quoi invite "Nous qui habitons nos ruines". Prendre conscience de l'inefficacité du système.</p> <p style="text-align: justify;">Antoine va se jeter dans le vide. Changer de mode de vie. Il arrive dans le lieu-dit «&nbsp;le frigo&nbsp;» dans un coin perdu de la Lozère où vivent en communauté 11 adultes. Tous les habitants travaillent ensemble. Mettant de côté leurs désirs superflus, ils se concentrent sur le travail primaire. Cultiver pour se nourrir. Mettre en place une pompe hydraulique pour boire. Deux fois par semaine, une réunion a lieu entre tous les habitants pour résoudre les problèmes individuels et collectifs de la communauté. Il existe aussi un temps «&nbsp;philosophique&nbsp;» où les habitants partagent leurs questionnements existentiels. Dans ce village, plus de travail à proprement parler. Il n’y a pas d’argent à la clé. Le but est de vivre, sans dépendre des entreprises multinationales, ni des denrées alimentaires qui ont traversé la moitié du globe pour parvenir dans nos paniers. La notion de couple monogame est remise en cause, tout comme la notion de famille. Les enfants sont gardés, choyés, éduqués par les parents, mais aussi par tous les membres du groupe. Antoine l’intellectuel se voit donc investi dans des tâches manuelles. Il devient moins stressé. Plus heureux. Il diminue son impact sur l’écosystème. Il vit en adéquation avec ses valeurs. Celles de Charles Fourier.</p> <p style="text-align: justify;">Si l'expérience est riche d'enseignements, de nombreuses difficultés émergent. La vie est rude. Le travail agricole épuisant. L'hiver froid. L'amour libre convient mal à certains habitants. Certains font machine arrière. Son compagnon resté sur Paris le rejoint par amour et fait émerger tous les paradoxes de ce mode de vie. En se mettant en marge de la société, contribue-t-il à la faire évoluer? Si leur petite communauté fonctionne n'est-ce pas parce qu'elle réunit des personnes aux préoccupations similaires? En serait-il de même avec des personnes aux idées différentes? Son compagnon questionne aussi la perte du confort et des bénéfices technologiques actuels. Enfin, l'arrivée du père d'Antoine, fort de sa vision traditionnelle, enfonce le clou. Il est choqué par ce mode de vie désorganisé, où le travail ne fait pas office de valeur fondamentale, où sa petite fille n'ira pas à l'école, éduquée par des personnes en marge de la société. A quoi ressembleront les adultes de demain dans une société utopique?; Si "Nous qui habitons vos ruines" défend l'importance de changer la société, la mise en scène souligne les limites du village utopiste. Des contraintes et des tensions qu'Antoine subit de plein fouet, tiraillé entre ses valeurs fouriéristes, son compagnon Vincent qu'il aime, la pression de son père. La compagnie "Interstice" nous fait nous poser les bonnes questions.</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» sensibilise les spectateurs à l’importance de chercher des solutions pour une société plus juste. Dans ce monde où les priorités sont d’ordre individuel, les comédiens rappellent que «&nbsp;NOUS&nbsp;» sommes indépendants, «&nbsp;ON&nbsp;» a besoin de l’autre pour s’épanouir. S’il n’existe pas encore d’alternative satisfaisante, «&nbsp;Nous qui habitons vos ruines&nbsp;» nous invite à l’inventer. Ensemble.</p> <p><strong>NOUS QUI HABITONS VOS RUINES</strong><br />Une enquête d’après Charles Fourier - Texte et dramaturgie:&nbsp; Barbara Métais-Chastanier<br />Conception et mise en scène : Marie Lamachère<br />Avec Michaël Hallouin, Damien Valero, Laurélie Riffault</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p>- 3 et 4 MAI 2018 au&nbsp;Théâtre Jean Vilar, Montpellier&nbsp;<br />- 19 MAI 2018 -&nbsp;Musée de la préhistoire, Orgnac-l'Aven<br />- 28 JUILLET 2018 -&nbsp;Festival Textes en l'Air, Saint Antoine l'Abbaye — Festival Textes en l'Air</p> L’état de siège : « Ni peur, ni haine c’est là notre victoire. » 2018-05-12T18:21:01+00:00 2018-05-12T18:21:01+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2478-l-etat-de-siege-ni-peur-ni-haine-c-est-la-notre-victoire Julie Cadilhac juliecadilhac@lagrandeparade.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/letat_de_siegecjean_louis_fernandez.jpg" alt="L'état de siège " width="350" height="231" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> «&nbsp;L’état de siège&nbsp;» est une pièce - fort peu connue - d’Albert Camus où il est question d’une ville qui sombre dans la dictature…et c'est la Peste en personne qui l'orchestre. Accompagnée de quelques sbires sinistres opportunistes recrutés sur place ( un fonctionnaire servile et appliqué, un nihiliste cynique (Nada au genou raide et qui ne croit en rien) et un juge corrompu ) et de la Mort, sa secrétaire au rire aussi glaçant que ses tenues sont élégantes, elle fait régner la terreur.</p> <p style="text-align: justify;">Fable politique faisant écho avec acuité à l’actualité, cette intrigue met au premier plan un couple de jeunes amoureux qui décide de se révolter. Héros martyr, Diego choisit de mourir pour sauver sa bien-aimée Victoria et sa ville.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]L’insensé meurt. Evidemment. Mais le reste est sauvé.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Métaphore finement filée que celle de cette Peste tyrannique et dont les victimes sont désignées arbitrairement! Son arrivée glace, secoue puis divise…elle incite en effet à la délation - pensez donc si l’épidémie gagne du terrain! Il faut dénoncer ses voisins! - Le propos d'Albert Camus, aussi terrible que jubilatoire par sa perspicacité, nous renvoie sans cesse à nos peurs et à leurs fondements.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Mentir est une politique. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Le gouverneur aime un monde bien peigné et pas les cheveux fous.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Rappellons que le philosophe disait « l'absurde&nbsp;naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde&nbsp;»…et le militant&nbsp;insistait sur la nécessité de maintenir l'absurde, de ne pas tenter de le résoudre, car ce dernier engendre une puissance qui se réalise dans la révolte. «&nbsp;L’état de siège&nbsp;» en est une parfaite démonstration. Invitation ambivalente à «&nbsp;la mise à mort universelle&nbsp;», à l’acceptation désabusée de la réalité d’un monde qui ne change pas mais aussi à l’insurrection et à la prise de conscience qu’il suffit d’une seule voix pour faire taire, un jour, les monocraties, même si elles sont remplacées par des démocraties faillibles et insatisfaisantes.<br />La scénographie à étages - épatante - qui nous plonge dans un lieu aussi hostile qu'intemporel, aux atours futuristes et apocalyptiques, une ambiance à la Blade-Runner, les costumes et maquillages imprégnés d’autant de réalisme que de fantasmagorie, la bande-son aussi pertinente qu’éclectique et décalée, les masques d’Anne Leray del medico della peste vénitien, les jeux de lumière teintées essentiellement de vert électrique et de violet macabre, le triptyque d’écrans sur le fond de scène, sont autant d’atouts utilisés par Emmanuel Demarcy-Mota pour marquer les différentes strates de la société dépeinte, <img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/siegeetat.jpg" alt="siège" width="350" height="231" style="margin: 5px; float: right;" />l’universalité et l’intemporalité du propos, la farce cauchemardesque qui se joue. Serge Maggiani est prodigieux en Allégorie de la Peste : «&nbsp;Vos singeries ont fait leur temps&nbsp;» annonce-t-il. Oui, c'est l’heure des couvre-feu, des croix sur les maisons, des administrations absurdes où la déshumanisation va bon train ( vous avez votre certificat d’existence? Des raisons d’être?&nbsp;), des dénonciations recommandées et récompensées et puis moins vous comprendrez, mieux vous marcherez. Chef d'orchestre de cette épouvantable mascarade politique, autour de lui gravitent des êtres tour à tour éteints, soumis, rebelles...et l'on applaudira ici le ballet chorégraphique esthétique des déplacements de décors qui permettent de créer cette impression de rouage infernal aux dents carnassières auquel personne ne peut plus échapper. Valérie Dashwood séduit également en secrétaire au rire cruel et, dans ce mauvais rêve perçant des fumerolles de la noirceur humaine, celle qui met à mort d’une simple page déchirée convainc par le panel d’émotions qu’elle incarne et sa capacité à ne pas basculer dans la caricature, dans un rôle qui pourrait en être l’écueil. Philippe Demarle est un Nada d’une insupportable justesse. Diego et Victoria, portés par les «&nbsp; chevaux noirs de l’amour&nbsp;» ont le lyrisme un tantinet excessif et émeuvent davantage dans les derniers instants.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]L’éxécuté collabore à sa propre exécution.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Je crois en cet effort quotidien où l’intelligence et la passion se mêlent. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">"L'état de siège"? Une oeuvre puissante et visionnaire qui rappelle combien la méfiance, le ressentiment et la cupidité sont le terreau des totalitarismes ; une parabole de la nécessité de vaincre la peur, source de tous les malheurs. «&nbsp;N’ayez plus peur…relevez le front…voici l’heure de la fierté!&nbsp;». Est-ce vraiment l’hiver? Savons-nous ce que nous redoutons? N’engendrons-nous pas nous-mêmes des tragédies humaines par négligence ou anticipation d'un malheur qui ne viendrait pas?<br />Emmanuel Demarcy-Mota et toute son équipe d’artistes ont réussi le pari de restituer la puissance de cette pièce chorale qui fait brillamment écho aux réalités préoccupantes de notre XXIème siècle toujours inquiet.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Il y a dans l’homme une force que vous ne réduirez pas. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;"><strong>L’état de siège</strong><br />Texte
 : Albert Camus<br />Mise en scène : 
Emmanuel Demarcy-Mota<br />Assistant à la mise en scène
 : Christophe Lemaire<br />Scénographie
: Yves Collet<br />Lumière : 
Yves Collet&nbsp;et
 Christophe Lemaire<br />Costumes : 
Fanny Brouste<br />Création sonore : 
David Lesser<br />Création vidéo : 
Mike Guermyet<br />Maquillage
 : Catherine Nicolas<br />Accessoires : 
Griet de Vis<br />Masques
 : Anne Leray<br />Conseiller artistique : 
François Regnault<br />Travail vocal
 : Maryse Martines<br />Construction décor
 : Espace et compagnie<br />Avec&nbsp;Serge Maggiani, 
Hugues Quester, 
Alain Libolt
, Valérie Dashwood
, Jackee Toto, 
Hannah Levin Seiderman, 
Jauris Casanova, 
Philippe Demarle, 
Sandra Faure
, Sarah Karbasnikoff, 
Gérald Maillet
, Walter N’Guyen, 
Pascal Vuillemot</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Du&nbsp;jeu. 03/05/18&nbsp;au&nbsp;ven. 04/05/18 à la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau -&nbsp;Tel. +33 (0)4 67 74 66 97</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/letat_de_siegecjean_louis_fernandez.jpg" alt="L'état de siège " width="350" height="231" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> «&nbsp;L’état de siège&nbsp;» est une pièce - fort peu connue - d’Albert Camus où il est question d’une ville qui sombre dans la dictature…et c'est la Peste en personne qui l'orchestre. Accompagnée de quelques sbires sinistres opportunistes recrutés sur place ( un fonctionnaire servile et appliqué, un nihiliste cynique (Nada au genou raide et qui ne croit en rien) et un juge corrompu ) et de la Mort, sa secrétaire au rire aussi glaçant que ses tenues sont élégantes, elle fait régner la terreur.</p> <p style="text-align: justify;">Fable politique faisant écho avec acuité à l’actualité, cette intrigue met au premier plan un couple de jeunes amoureux qui décide de se révolter. Héros martyr, Diego choisit de mourir pour sauver sa bien-aimée Victoria et sa ville.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]L’insensé meurt. Evidemment. Mais le reste est sauvé.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Métaphore finement filée que celle de cette Peste tyrannique et dont les victimes sont désignées arbitrairement! Son arrivée glace, secoue puis divise…elle incite en effet à la délation - pensez donc si l’épidémie gagne du terrain! Il faut dénoncer ses voisins! - Le propos d'Albert Camus, aussi terrible que jubilatoire par sa perspicacité, nous renvoie sans cesse à nos peurs et à leurs fondements.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Mentir est une politique. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Le gouverneur aime un monde bien peigné et pas les cheveux fous.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Rappellons que le philosophe disait « l'absurde&nbsp;naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde&nbsp;»…et le militant&nbsp;insistait sur la nécessité de maintenir l'absurde, de ne pas tenter de le résoudre, car ce dernier engendre une puissance qui se réalise dans la révolte. «&nbsp;L’état de siège&nbsp;» en est une parfaite démonstration. Invitation ambivalente à «&nbsp;la mise à mort universelle&nbsp;», à l’acceptation désabusée de la réalité d’un monde qui ne change pas mais aussi à l’insurrection et à la prise de conscience qu’il suffit d’une seule voix pour faire taire, un jour, les monocraties, même si elles sont remplacées par des démocraties faillibles et insatisfaisantes.<br />La scénographie à étages - épatante - qui nous plonge dans un lieu aussi hostile qu'intemporel, aux atours futuristes et apocalyptiques, une ambiance à la Blade-Runner, les costumes et maquillages imprégnés d’autant de réalisme que de fantasmagorie, la bande-son aussi pertinente qu’éclectique et décalée, les masques d’Anne Leray del medico della peste vénitien, les jeux de lumière teintées essentiellement de vert électrique et de violet macabre, le triptyque d’écrans sur le fond de scène, sont autant d’atouts utilisés par Emmanuel Demarcy-Mota pour marquer les différentes strates de la société dépeinte, <img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/siegeetat.jpg" alt="siège" width="350" height="231" style="margin: 5px; float: right;" />l’universalité et l’intemporalité du propos, la farce cauchemardesque qui se joue. Serge Maggiani est prodigieux en Allégorie de la Peste : «&nbsp;Vos singeries ont fait leur temps&nbsp;» annonce-t-il. Oui, c'est l’heure des couvre-feu, des croix sur les maisons, des administrations absurdes où la déshumanisation va bon train ( vous avez votre certificat d’existence? Des raisons d’être?&nbsp;), des dénonciations recommandées et récompensées et puis moins vous comprendrez, mieux vous marcherez. Chef d'orchestre de cette épouvantable mascarade politique, autour de lui gravitent des êtres tour à tour éteints, soumis, rebelles...et l'on applaudira ici le ballet chorégraphique esthétique des déplacements de décors qui permettent de créer cette impression de rouage infernal aux dents carnassières auquel personne ne peut plus échapper. Valérie Dashwood séduit également en secrétaire au rire cruel et, dans ce mauvais rêve perçant des fumerolles de la noirceur humaine, celle qui met à mort d’une simple page déchirée convainc par le panel d’émotions qu’elle incarne et sa capacité à ne pas basculer dans la caricature, dans un rôle qui pourrait en être l’écueil. Philippe Demarle est un Nada d’une insupportable justesse. Diego et Victoria, portés par les «&nbsp; chevaux noirs de l’amour&nbsp;» ont le lyrisme un tantinet excessif et émeuvent davantage dans les derniers instants.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]L’éxécuté collabore à sa propre exécution.[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Je crois en cet effort quotidien où l’intelligence et la passion se mêlent. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">"L'état de siège"? Une oeuvre puissante et visionnaire qui rappelle combien la méfiance, le ressentiment et la cupidité sont le terreau des totalitarismes ; une parabole de la nécessité de vaincre la peur, source de tous les malheurs. «&nbsp;N’ayez plus peur…relevez le front…voici l’heure de la fierté!&nbsp;». Est-ce vraiment l’hiver? Savons-nous ce que nous redoutons? N’engendrons-nous pas nous-mêmes des tragédies humaines par négligence ou anticipation d'un malheur qui ne viendrait pas?<br />Emmanuel Demarcy-Mota et toute son équipe d’artistes ont réussi le pari de restituer la puissance de cette pièce chorale qui fait brillamment écho aux réalités préoccupantes de notre XXIème siècle toujours inquiet.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]Il y a dans l’homme une force que vous ne réduirez pas. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;"><strong>L’état de siège</strong><br />Texte
 : Albert Camus<br />Mise en scène : 
Emmanuel Demarcy-Mota<br />Assistant à la mise en scène
 : Christophe Lemaire<br />Scénographie
: Yves Collet<br />Lumière : 
Yves Collet&nbsp;et
 Christophe Lemaire<br />Costumes : 
Fanny Brouste<br />Création sonore : 
David Lesser<br />Création vidéo : 
Mike Guermyet<br />Maquillage
 : Catherine Nicolas<br />Accessoires : 
Griet de Vis<br />Masques
 : Anne Leray<br />Conseiller artistique : 
François Regnault<br />Travail vocal
 : Maryse Martines<br />Construction décor
 : Espace et compagnie<br />Avec&nbsp;Serge Maggiani, 
Hugues Quester, 
Alain Libolt
, Valérie Dashwood
, Jackee Toto, 
Hannah Levin Seiderman, 
Jauris Casanova, 
Philippe Demarle, 
Sandra Faure
, Sarah Karbasnikoff, 
Gérald Maillet
, Walter N’Guyen, 
Pascal Vuillemot</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong><br />- Du&nbsp;jeu. 03/05/18&nbsp;au&nbsp;ven. 04/05/18 à la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau -&nbsp;Tel. +33 (0)4 67 74 66 97</p> Le mariage forcé : la Cie Mandragore, la Fabrique à théâtre et leur cocasse et pétillant théâtre baroque 2018-05-13T15:26:27+00:00 2018-05-13T15:26:27+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2482-le-mariage-force-la-cie-mandragore-et-son-cocasse-et-petillant-theatre-baroque Julie Cadilhac juliecadilhac@lagrandeparade.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/4cb0cc_b1667900902d40e0ac7f7a62a056862e_mv2.png" alt="mariage forcé" width="300" height="429" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Comédie-ballet&nbsp;en un acte de&nbsp;Molière&nbsp;et&nbsp;Lully, Le mariage forcé raconte comment Sganarelle, déjà âgé de 52 ans - et fortuné -, s’est entiché de la jeune et belle Dorimène.</p> <p style="text-align: justify;">Geronimo, son confident et ami, lui déconseille un tel mariage qui risque de lui apporter plus de déconvenues que de plaisir. Sganarelle entreprend de demander leur avis à deux philosophes, dont l’un est un fidèle d’Aristote et l’autre de Pyrrhon, ainsi qu’à deux bohémiennes : leurs réponses peu claires ne font qu’accroitre la perplexité de ce dernier. Dorimène entre en scène alors avec son amant Lycaste : elle lui confie, sans savoir que Sganarelle l’entend, qu’elle ne se marie que pour l’argent et espère bien être veuve avant six mois. Sganarelle entend donc reprendre sa promesse de mariage auprès de son beau-père mais Alcidas, le frère de Dorimène, provoque de ce fait Sganarelle en duel et comme ce dernier refuse de se battre, il est roué de coups de bâton!</p> <p style="text-align: justify;">C’est dans la pure tradition de nos ancêtres que les compagnies Mandragore & Fabrique à Théâtre interprètent cette pièce de Molière….comme en 1664…ou presque! Accompagnés d’un clavecin, d’une basse de viole et d’un traverso, éclairés seulement à la bougie, usant d’une prononciation et d’un accent «&nbsp;qui, hélas, s’est un peu perdu&nbsp;», le visage fardé et ceints de beaux costumes à la facture d’époque, Enrique Medrano, Alain Jacot, Garance La Fata, Jacint Margarit, Philippe Vuilleumier, Anthony Rivera nous invitent à un voyage dans le temps aussi passionnant que drôle!<br />Amateur de théâtre baroque et de commedia dell’arte, tu ne seras pas déçu! La compagnie Mandragore use de mimiques tordantes à plaisir, d’une «&nbsp;machinerie&nbsp;» qui ne cesse de dysfonctionner (Ah les nuages joueurs et la mer qui fait boire la tasse!), choisit une adresse frontale au public pour l’impliquer davantage…et chaque geste, précieux et affuté, accompagne avec précision les mots délicieux de Molière. Tous les comiques s’entremêlent et rivalisent sur le plateau : les gestes et déplacements sont plein d’inventivité et de cocasserie, les situations se succèdent à un rythme enlevé, les jeux de mots pétillent à nos oreilles…et les caractères rivalisent tantôt de bêtise, d’espièglerie ou encore de ruse. Ah quelle scène que celle du dialogue-soliloque entre les futurs époux où chacun énumère ses attentes concernant le mariage, celles de Sganarelle s'opposant radicalement à celles de Dorimène !&nbsp;<br />Et si les deux compagnies ont décidé volontairement de rendre hommage au théâtre d’avant, n’imaginez pas qu’elles excluent toute modernité! Au contraire..la pièce est piquée de clins d’oeil joueurs et anachroniques!<br />Une mise en scène réactive et inventive où les situations se renversent à plaisir, la loufoquerie est de mise et dans laquelle on croise même un magicien aux multiples têtes et aux tours spectaculaires, c’est vous dire...Ajoutez-y des musiciens de qualité et voilà une création qui " a toute la mine d'une fort bonne pièce!"&nbsp;<br />[bt_quote style="default" width="0"]Il faut bien qu’il me semble puisque cela est. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Le mariage forcé</strong><br /> Compagnies : Mandragore et La Fabrique à théâtre<br />Mise en scène Jean-Denis Monory</p> <p style="text-align: justify;">Comédiens :&nbsp;Garance La Fata, Alain Jacot, Jacint Margarit, Enrique Medrano, Philippe Vuilleumier</p> <p style="text-align: justify;">Musique et chant : <br />Estefania Casanovas i Villar, Direction musicale et clavecin<br />Dimitri Kindynis, violoncelle<br />Nadja Camichel, flûte<br />Anthony Rivera, baryton</p> <p style="text-align: justify;">Assistant à la mise en scène : Alain Jacot<br />Scénographe : Valère Girardin<br />Costumière : Chantal Rousseau<br />Directeur technique : Dominique Dardant</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p>- Découvert les 9 et 10 février 2018 au Théâtre Jacques Coeur de Lattes ( 34)
<br />- Le&nbsp;11 février 2018 au Théâtre Albarède à Ganges ( 34)&nbsp;
<br />- Le 06 avril 2018 au&nbsp;CENTRE CULTUREL DE DOURDAN
<br />- Le 04 mai 2018 au&nbsp;JARDIN 100 GRANDE RUE, ARPAJON</p> <p><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/19645994-23441708.jpg" alt="mariage forcé" width="700" height="506" style="display: block; margin: 5px auto;" /></p> <p>&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/4cb0cc_b1667900902d40e0ac7f7a62a056862e_mv2.png" alt="mariage forcé" width="300" height="429" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr</a>/ Comédie-ballet&nbsp;en un acte de&nbsp;Molière&nbsp;et&nbsp;Lully, Le mariage forcé raconte comment Sganarelle, déjà âgé de 52 ans - et fortuné -, s’est entiché de la jeune et belle Dorimène.</p> <p style="text-align: justify;">Geronimo, son confident et ami, lui déconseille un tel mariage qui risque de lui apporter plus de déconvenues que de plaisir. Sganarelle entreprend de demander leur avis à deux philosophes, dont l’un est un fidèle d’Aristote et l’autre de Pyrrhon, ainsi qu’à deux bohémiennes : leurs réponses peu claires ne font qu’accroitre la perplexité de ce dernier. Dorimène entre en scène alors avec son amant Lycaste : elle lui confie, sans savoir que Sganarelle l’entend, qu’elle ne se marie que pour l’argent et espère bien être veuve avant six mois. Sganarelle entend donc reprendre sa promesse de mariage auprès de son beau-père mais Alcidas, le frère de Dorimène, provoque de ce fait Sganarelle en duel et comme ce dernier refuse de se battre, il est roué de coups de bâton!</p> <p style="text-align: justify;">C’est dans la pure tradition de nos ancêtres que les compagnies Mandragore & Fabrique à Théâtre interprètent cette pièce de Molière….comme en 1664…ou presque! Accompagnés d’un clavecin, d’une basse de viole et d’un traverso, éclairés seulement à la bougie, usant d’une prononciation et d’un accent «&nbsp;qui, hélas, s’est un peu perdu&nbsp;», le visage fardé et ceints de beaux costumes à la facture d’époque, Enrique Medrano, Alain Jacot, Garance La Fata, Jacint Margarit, Philippe Vuilleumier, Anthony Rivera nous invitent à un voyage dans le temps aussi passionnant que drôle!<br />Amateur de théâtre baroque et de commedia dell’arte, tu ne seras pas déçu! La compagnie Mandragore use de mimiques tordantes à plaisir, d’une «&nbsp;machinerie&nbsp;» qui ne cesse de dysfonctionner (Ah les nuages joueurs et la mer qui fait boire la tasse!), choisit une adresse frontale au public pour l’impliquer davantage…et chaque geste, précieux et affuté, accompagne avec précision les mots délicieux de Molière. Tous les comiques s’entremêlent et rivalisent sur le plateau : les gestes et déplacements sont plein d’inventivité et de cocasserie, les situations se succèdent à un rythme enlevé, les jeux de mots pétillent à nos oreilles…et les caractères rivalisent tantôt de bêtise, d’espièglerie ou encore de ruse. Ah quelle scène que celle du dialogue-soliloque entre les futurs époux où chacun énumère ses attentes concernant le mariage, celles de Sganarelle s'opposant radicalement à celles de Dorimène !&nbsp;<br />Et si les deux compagnies ont décidé volontairement de rendre hommage au théâtre d’avant, n’imaginez pas qu’elles excluent toute modernité! Au contraire..la pièce est piquée de clins d’oeil joueurs et anachroniques!<br />Une mise en scène réactive et inventive où les situations se renversent à plaisir, la loufoquerie est de mise et dans laquelle on croise même un magicien aux multiples têtes et aux tours spectaculaires, c’est vous dire...Ajoutez-y des musiciens de qualité et voilà une création qui " a toute la mine d'une fort bonne pièce!"&nbsp;<br />[bt_quote style="default" width="0"]Il faut bien qu’il me semble puisque cela est. [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Le mariage forcé</strong><br /> Compagnies : Mandragore et La Fabrique à théâtre<br />Mise en scène Jean-Denis Monory</p> <p style="text-align: justify;">Comédiens :&nbsp;Garance La Fata, Alain Jacot, Jacint Margarit, Enrique Medrano, Philippe Vuilleumier</p> <p style="text-align: justify;">Musique et chant : <br />Estefania Casanovas i Villar, Direction musicale et clavecin<br />Dimitri Kindynis, violoncelle<br />Nadja Camichel, flûte<br />Anthony Rivera, baryton</p> <p style="text-align: justify;">Assistant à la mise en scène : Alain Jacot<br />Scénographe : Valère Girardin<br />Costumière : Chantal Rousseau<br />Directeur technique : Dominique Dardant</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p>- Découvert les 9 et 10 février 2018 au Théâtre Jacques Coeur de Lattes ( 34)
<br />- Le&nbsp;11 février 2018 au Théâtre Albarède à Ganges ( 34)&nbsp;
<br />- Le 06 avril 2018 au&nbsp;CENTRE CULTUREL DE DOURDAN
<br />- Le 04 mai 2018 au&nbsp;JARDIN 100 GRANDE RUE, ARPAJON</p> <p><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/19645994-23441708.jpg" alt="mariage forcé" width="700" height="506" style="display: block; margin: 5px auto;" /></p> <p>&nbsp;</p> Oscar : un tête à squelette étonnant ! 2018-05-12T15:16:53+00:00 2018-05-12T15:16:53+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2477-oscar-un-tete-a-squelette-etonnant Justina Zilyte justina.zilyte@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/oscar.jpg" alt="Oscar" width="300" height="323" style="margin: 5px; float: left;" />Par Justina Zilyte -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr</a>/ Crédit-photo : Catherine Chabaudie/ Manque de peau&nbsp;, Oscar est né squelette, différence avec laquelle il va devoir apprendre à vivre dans un monde à la chair glorifiée. Cet apprentissage douloureux mais néanmoins mis à distance par l'humour et l'ironie, nous est livré dans un tête à squelette étonnant.</p> <p style="text-align: justify;">D'abord sous forme de roman illustré et maintenant en pièce de théâtre, Sébastien Miro nous offre son «&nbsp;égo-graphie&nbsp;» fantasmée. Le pari de la scène est réussi&nbsp;! La représentation est belle de ses contrastes, on y voit se marier une scénographie d'Outre-tombe aux allures de scènes de cinéma Tim burtonienne avec une parole tantôt enfantine, tantôt sarcastique mais toujours emplie de gaîté, consacrée au plaisir des mots et la beauté des images. Si Oscar est né squelette en manque d'amour et si son univers relève du fantastique et des jeux de langage, son regard sur le monde est quant à lui, terriblement humain, joyeusement critique et sa compagnie est fort agréable. Victor Hugo écrivait en préface de ses Contemplations&nbsp;: «&nbsp;quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi&nbsp;!&nbsp;».&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">A bon entendeur...</p> <p style="text-align: justify;"><strong>OSCAR</strong></p> <p style="text-align: justify;">Création artistique et mise en scène&nbsp;: Valérie L'HOTE et Sébastien MIRO&nbsp;<br />Adaptation du roman illustré Oscar de et avec Sébastien MIRO<br />Marionette conçue par : Christiana DANEO d'après un dessin de Sébastien SPAGNOLO<br />Création lumière&nbsp;: Alexandre PENARRUBIA<br />Création sonore&nbsp;: Florian PAPET<br />Maquillage&nbsp;: Agnès Gourin</p> <p style="text-align: justify;">Découvert le&nbsp;5 Mai 2018 à 20h45 - 
THEATRE de PEZENAS ( 34)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/oscar.jpg" alt="Oscar" width="300" height="323" style="margin: 5px; float: left;" />Par Justina Zilyte -<a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank"> Lagrandeparade.fr</a>/ Crédit-photo : Catherine Chabaudie/ Manque de peau&nbsp;, Oscar est né squelette, différence avec laquelle il va devoir apprendre à vivre dans un monde à la chair glorifiée. Cet apprentissage douloureux mais néanmoins mis à distance par l'humour et l'ironie, nous est livré dans un tête à squelette étonnant.</p> <p style="text-align: justify;">D'abord sous forme de roman illustré et maintenant en pièce de théâtre, Sébastien Miro nous offre son «&nbsp;égo-graphie&nbsp;» fantasmée. Le pari de la scène est réussi&nbsp;! La représentation est belle de ses contrastes, on y voit se marier une scénographie d'Outre-tombe aux allures de scènes de cinéma Tim burtonienne avec une parole tantôt enfantine, tantôt sarcastique mais toujours emplie de gaîté, consacrée au plaisir des mots et la beauté des images. Si Oscar est né squelette en manque d'amour et si son univers relève du fantastique et des jeux de langage, son regard sur le monde est quant à lui, terriblement humain, joyeusement critique et sa compagnie est fort agréable. Victor Hugo écrivait en préface de ses Contemplations&nbsp;: «&nbsp;quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi&nbsp;!&nbsp;».&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">A bon entendeur...</p> <p style="text-align: justify;"><strong>OSCAR</strong></p> <p style="text-align: justify;">Création artistique et mise en scène&nbsp;: Valérie L'HOTE et Sébastien MIRO&nbsp;<br />Adaptation du roman illustré Oscar de et avec Sébastien MIRO<br />Marionette conçue par : Christiana DANEO d'après un dessin de Sébastien SPAGNOLO<br />Création lumière&nbsp;: Alexandre PENARRUBIA<br />Création sonore&nbsp;: Florian PAPET<br />Maquillage&nbsp;: Agnès Gourin</p> <p style="text-align: justify;">Découvert le&nbsp;5 Mai 2018 à 20h45 - 
THEATRE de PEZENAS ( 34)</p> J’ai mangé du Jacques : un superbe spectacle musical, qui vous promène du rire aux larmes, avec délicatesse et un humour ravageur 2018-05-12T14:54:49+00:00 2018-05-12T14:54:49+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2475-j-ai-mange-du-jacques-un-superbe-spectacle-musical-qui-vous-promene-du-rire-aux-larmes-avec-delicatesse-et-un-humour-ravageur Sylvie Gagnère syl.gagnere@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/JMDJ-affiche-neutre-Web.jpg" alt="JMDJ" width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Sylvie Gagnère - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>"J’ai mangé du Jacques", c’est un spectacle musical, où se jouent et se chantent des tas de chansons, interprétées, écrites, composées… par plein de Jacques. Cela va de Prévert à Brel, de Demy à Dutronc, des Frères Jacques à Higelin, sans oublier, pour les plus anciens, Jacques Douai. Et pas seulement, puisque des Jacques plus méconnus ont écrit pour Nougaro, composé pour Claude François ou inspiré des génériques de dessins animés&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">Julie Autissier, chanteuse et comédienne et Raphaël Callandreau, auteur et compositeur, forment un duo très réussi, qui dégage une énergie et un bonheur d’être en scène qui ne se dément pas. Le choix des titres est particulièrement pertinent, passant du sentiment au rire, de la légèreté parfois salace («&nbsp;Les fesses&nbsp;», «&nbsp;L’école des fans&nbsp;» ou «&nbsp;Le duo des théâtreux&nbsp;») à l’émotion pure («&nbsp;Tombé du ciel&nbsp;», «&nbsp;Orly&nbsp;»).</p> <p style="text-align: justify;">Les deux artistes ne se contentent pas de reprendre les chansons, ils les réinterprètent et proposent de nouveaux arrangements où «&nbsp;Fais pas ci, Fais pas ça&nbsp;» devient un rap endiablé, et «&nbsp;Comme d’habitude&nbsp;» une bossa d’amoureux blasés&nbsp;; ils perdent le souffle en courant après «&nbsp;La petite fille en pleurs&nbsp;» et jouent avec les émotions des spectateurs en mêlant «&nbsp;L’ivrogne&nbsp;» à «&nbsp;Je suis grise&nbsp;».</p> <p style="text-align: justify;">Les mélodies s’enchaînent avec malice, et les deux compères alternent leurs places et les instruments de musique (du piano au triangle, de la flûte à bec à la guitare, du mélodica à la darbouka) avec une complicité et une aisance impressionnantes.</p> <p style="text-align: justify;">Julie Autissier est magnifique, elle allie les qualités d’une chanteuse, à la voix très juste et puissante, à celles d’une comédienne, qui habite son interprétation et transcende le moment. Lorsqu’elle chante «&nbsp;Orly&nbsp;», de Jacques Brel, l’émotion est palpable et le silence qui suit la dernière note témoigne d’un public bouleversé.</p> <p style="text-align: justify;">Raphaël Callandreau apporte un contrepoint humoristique, auquel la jeune femme se joint pour proposer des ponctuations très drôles et entraînantes.</p> <p style="text-align: justify;">Une heure dix de chansons, de sourires, d’émotion, de souvenirs… c’est le beau cadeau que ces deux artistes-là nous offrent&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>J’ai mangé du Jacques</strong></p> <p style="text-align: justify;">Avec&nbsp;: Julie Autissier et Raphaël Callandreau<br />Collaboration artistique&nbsp;: Émilie Chevrillon<br />Durée du spectacle&nbsp;: 1 h 10</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- du 7 au 29 mai 2018, les lundis et mardis à 19 h 45, Théâtre de l’Essaïon, 75004 Paris</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/JMDJ-affiche-neutre-Web.jpg" alt="JMDJ" width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Sylvie Gagnère - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>"J’ai mangé du Jacques", c’est un spectacle musical, où se jouent et se chantent des tas de chansons, interprétées, écrites, composées… par plein de Jacques. Cela va de Prévert à Brel, de Demy à Dutronc, des Frères Jacques à Higelin, sans oublier, pour les plus anciens, Jacques Douai. Et pas seulement, puisque des Jacques plus méconnus ont écrit pour Nougaro, composé pour Claude François ou inspiré des génériques de dessins animés&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;">Julie Autissier, chanteuse et comédienne et Raphaël Callandreau, auteur et compositeur, forment un duo très réussi, qui dégage une énergie et un bonheur d’être en scène qui ne se dément pas. Le choix des titres est particulièrement pertinent, passant du sentiment au rire, de la légèreté parfois salace («&nbsp;Les fesses&nbsp;», «&nbsp;L’école des fans&nbsp;» ou «&nbsp;Le duo des théâtreux&nbsp;») à l’émotion pure («&nbsp;Tombé du ciel&nbsp;», «&nbsp;Orly&nbsp;»).</p> <p style="text-align: justify;">Les deux artistes ne se contentent pas de reprendre les chansons, ils les réinterprètent et proposent de nouveaux arrangements où «&nbsp;Fais pas ci, Fais pas ça&nbsp;» devient un rap endiablé, et «&nbsp;Comme d’habitude&nbsp;» une bossa d’amoureux blasés&nbsp;; ils perdent le souffle en courant après «&nbsp;La petite fille en pleurs&nbsp;» et jouent avec les émotions des spectateurs en mêlant «&nbsp;L’ivrogne&nbsp;» à «&nbsp;Je suis grise&nbsp;».</p> <p style="text-align: justify;">Les mélodies s’enchaînent avec malice, et les deux compères alternent leurs places et les instruments de musique (du piano au triangle, de la flûte à bec à la guitare, du mélodica à la darbouka) avec une complicité et une aisance impressionnantes.</p> <p style="text-align: justify;">Julie Autissier est magnifique, elle allie les qualités d’une chanteuse, à la voix très juste et puissante, à celles d’une comédienne, qui habite son interprétation et transcende le moment. Lorsqu’elle chante «&nbsp;Orly&nbsp;», de Jacques Brel, l’émotion est palpable et le silence qui suit la dernière note témoigne d’un public bouleversé.</p> <p style="text-align: justify;">Raphaël Callandreau apporte un contrepoint humoristique, auquel la jeune femme se joint pour proposer des ponctuations très drôles et entraînantes.</p> <p style="text-align: justify;">Une heure dix de chansons, de sourires, d’émotion, de souvenirs… c’est le beau cadeau que ces deux artistes-là nous offrent&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>J’ai mangé du Jacques</strong></p> <p style="text-align: justify;">Avec&nbsp;: Julie Autissier et Raphaël Callandreau<br />Collaboration artistique&nbsp;: Émilie Chevrillon<br />Durée du spectacle&nbsp;: 1 h 10</p> <p style="text-align: justify;"><br /><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- du 7 au 29 mai 2018, les lundis et mardis à 19 h 45, Théâtre de l’Essaïon, 75004 Paris</p> Dom Juan ou les limbes de la mémoire : une introspection théâtrale fort pertinente! 2018-05-07T19:46:01+00:00 2018-05-07T19:46:01+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2465-dom-juan-ou-les-limbes-de-la-memoire-une-introspection-theatrale-fort-pertinente Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/dj1.png" alt="Don Juan" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Quand un des plus grands séducteurs de la dramaturgie classique se livre à une profonde et intense introspection… Intéressant&nbsp;! Cet éternel Dom Juan, en proie aux fantasmes et peurs qui ont habité sa vie, fait le bilan de sa tumultueuse existence.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Dans une ambiance intime, aux projecteurs bleus et au mobilier d’un autre siècle, l’atmosphère est propice aux confidences. Tel un patient face à son psychiatre, Dom Juan expose quelques souvenirs de sa vie, avec nostalgie, amertume et mélancolie. Inquiet pour la suite&nbsp;? Il est raisonnablement bien lucide quant au châtiment qui l’attend…</p> <p style="text-align: justify;">Sur scène, un vieil homme est allongé sur un divan, l’attitude nonchalante et teintée d’assurance. Il semble fatigué, usé par le temps. Un autre, bien plus jeune, bien plus fringant, prend des notes et suit avec beaucoup d’attention les propos de son compagnon. Il s’agit bien là d’un Dom Juan en fin de vie, qui s’expose au questionnement de son serviteur de toujours, Sganarelle.</p> <p style="text-align: justify;">Sur un texte fidèle à la version originale, avec quelques répliques finement croisées, Dom Juan, pétri de péchés, dévoile les moindres recoins de sa personnalité. Il répond aux questions les plus indélicates de Sganarelle, scandant à multiples reprises qu’il «&nbsp;avait un cœur à aimer toute la terre&nbsp;». Il sait qu’il a causé du tort, mais ne se résout à l’expliciter…</p> <p style="text-align: justify;">Une revisite d’un grand classique de Molière&nbsp;? Tout juste&nbsp;! Et cela se savoure, faisant vivre (ou survivre&nbsp;?!) des œuvres que l’on espère éternelles. C’est avec beaucoup d’intelligence et de perspicacité qu’Audrey Mas et Sonia Ouldammar donnent un nouveau souffle à cette pièce tant interprétée. Les prestations des deux artistes sont également bien louables… C’est que l’on aime ces prises de risque, surtout lorsqu’elles sont couronnées de succès&nbsp;!</p> <p><strong>Dom Juan ou les limbes de la mémoire</strong><br />Auteur : Molière (adaptation Audrey Mas)<br />Avec Patrick Rouzaud, Aymeric Marvillet
<br />Metteur en scène : Sonia Ouldammar</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au 20 mai 2018 au Théâtre La Croisée des Chemins
 ( 43 rue Mathurin Régnier, 
75015 Paris)&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/dj1.png" alt="Don Juan" width="350" height="233" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Quand un des plus grands séducteurs de la dramaturgie classique se livre à une profonde et intense introspection… Intéressant&nbsp;! Cet éternel Dom Juan, en proie aux fantasmes et peurs qui ont habité sa vie, fait le bilan de sa tumultueuse existence.&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">Dans une ambiance intime, aux projecteurs bleus et au mobilier d’un autre siècle, l’atmosphère est propice aux confidences. Tel un patient face à son psychiatre, Dom Juan expose quelques souvenirs de sa vie, avec nostalgie, amertume et mélancolie. Inquiet pour la suite&nbsp;? Il est raisonnablement bien lucide quant au châtiment qui l’attend…</p> <p style="text-align: justify;">Sur scène, un vieil homme est allongé sur un divan, l’attitude nonchalante et teintée d’assurance. Il semble fatigué, usé par le temps. Un autre, bien plus jeune, bien plus fringant, prend des notes et suit avec beaucoup d’attention les propos de son compagnon. Il s’agit bien là d’un Dom Juan en fin de vie, qui s’expose au questionnement de son serviteur de toujours, Sganarelle.</p> <p style="text-align: justify;">Sur un texte fidèle à la version originale, avec quelques répliques finement croisées, Dom Juan, pétri de péchés, dévoile les moindres recoins de sa personnalité. Il répond aux questions les plus indélicates de Sganarelle, scandant à multiples reprises qu’il «&nbsp;avait un cœur à aimer toute la terre&nbsp;». Il sait qu’il a causé du tort, mais ne se résout à l’expliciter…</p> <p style="text-align: justify;">Une revisite d’un grand classique de Molière&nbsp;? Tout juste&nbsp;! Et cela se savoure, faisant vivre (ou survivre&nbsp;?!) des œuvres que l’on espère éternelles. C’est avec beaucoup d’intelligence et de perspicacité qu’Audrey Mas et Sonia Ouldammar donnent un nouveau souffle à cette pièce tant interprétée. Les prestations des deux artistes sont également bien louables… C’est que l’on aime ces prises de risque, surtout lorsqu’elles sont couronnées de succès&nbsp;!</p> <p><strong>Dom Juan ou les limbes de la mémoire</strong><br />Auteur : Molière (adaptation Audrey Mas)<br />Avec Patrick Rouzaud, Aymeric Marvillet
<br />Metteur en scène : Sonia Ouldammar</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au 20 mai 2018 au Théâtre La Croisée des Chemins
 ( 43 rue Mathurin Régnier, 
75015 Paris)&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> La Guerre de Troie (en moins de deux !) : histoire et humour font bon ménage… 2018-05-09T12:32:48+00:00 2018-05-09T12:32:48+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2468-la-guerre-de-troie-en-moins-de-deux-histoire-et-humour-font-bon-menage Serge Bressan sergebressan@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/guerretroieaffiche.jpg" alt="guerre de troie" width="300" height="451" style="margin: 5px; float: left;" />Par Serge Bressan - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Sur la scène, une très belle table rectangulaire aux pieds métalliques et sept chaises noires en bois. Dans un coin, un piano. Il n’en faut pas plus pour une invitation au voyage.</p> <p style="text-align: justify;">Inspiré par Homère, Sophocle, Euripide, Hésiode ou encore Virgile, on file en Grèce antique. Tout est en place pour «&nbsp;La Guerre de Troie (en moins de deux&nbsp;!)&nbsp;». Et ça déménage&nbsp;: en effet, en vingt-quatre tableaux et un épilogue (la même construction dramaturgique que chez Homère et les vingt-quatre chants de «&nbsp;L’Iliade&nbsp;»), on va donc tout savoir sur cette guerre. Les sept comédiens et le pianiste (tous de noir vêtus, sandalettes spartiates au pied) racontent tout&nbsp;: de la naissance divine d’Hélène (qui sera «&nbsp;la plus belle femme du monde&nbsp;» mais qui apparaît durant tout le spectacle sous la seule forme d’une poupée Barbie&nbsp;! ) au dénouement d’une guerre implacable qui a duré dix ans, en passant par la colère et la mort d’Achille blessé au talon par une flèche empoisonnée, la jalousie des déesses face à la Pomme d’or, le sacrifice d’Iphigénie, la transformation de Zeus en cygne blanc, la folie du valeureux Ajax, le destin de Philoctète, les combines de Palamède pour piéger Ulysse et ses innombrables ruses dont son légendaire cheval de Troie… On a droit aussi à une ribambelle de dieux et demi-dieux, certains coquinant avec des humains. Et, durant toute la pièce, on comprend bien que ces histoires d’autrefois parlent, en creux, d’aujourd’hui…</p> <p style="text-align: justify;">Eudes Labrusse, l’un des auteurs- metteurs en scène, précise que «&nbsp;le projet&nbsp;s’attache à retracer la «&nbsp;miniature&nbsp;» d’une immense fresque mythologique, tout en tâchant d’en traduire le souffle d’épopée. La mise en scène est ancrée dans ce jeu de confrontation entre le petit et le grand…L’objectif est pleinement atteint parce que porté par un texte intelligent mêlant allégrement histoire, pédagogie et humour. Spectateur, on apprécie également la belle cohésion de la troupe des sept comédiennes et comédiens&nbsp;: chacun(e) jongle avec plusieurs personnages et tous jouent la même partition&nbsp;; à aucun moment, l’un(e) ou l’autre ne cherche à se mettre en avant, au dessus de ses compagnons de jeu. Quant à la mise en scène efficace, sans fioritures et signé Jérôme Imard et Eudes Labrusse, elle raconte sérieusement la mythologie sans jamais se prendre au sérieux, appuyée par une musique variée interprétée en direct par le pianiste Christian Roux qui rappelle que «&nbsp;la Grèce antique ne connaissait que le mode monophonique&nbsp;». Enfin, les quatre chansons qui, placées avec à-propos, emmènent cette&nbsp;«&nbsp;Guerre de Troie (en moins de deux&nbsp;!)&nbsp;» vers la comédie musicale de bonne tenue. En quittant le théâtre, on nourrira un seul regret&nbsp;: version Imard et Labrusse, cette «&nbsp;Guerre de Troie&nbsp;», ne dure qu’environ une heure et vingt minutes… C’est bien la seule fois qu’on aimerait qu’une guerre dure plus longtemps&nbsp;! <br /> Les auteurs- metteurs en scène promettaient du théâtre mythologique et forain… Promesse tenue- mieux encore&nbsp;: on a là un moment follement joyeux, délicieusement enjoué, choral à souhait et émouvant. Un spectacle où l’Histoire est nourrie par les histoires. Donc, pour les adultes mais aussi pour les enfants, même s’ils ont moins de 9 ans, et tous ceux qui souhaitent (re)découvrir leurs classiques&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La Guerre de Troie (en moins de deux&nbsp;!)</strong> de Jérôme Imard et Eudes Labrusse<br />Mise en scène&nbsp;: Jérôme Imard et Eudes Labrusse <br />Musique&nbsp;: Christian Roux. Scénographie, costumes et accessoires&nbsp;: Cécile Pelletier.<br />Avec Catherine Bayle, Audrey Le Bihan, Hoa-Lan Scremin, Laurent Joly, Nicolas Postillon, Loïc Puichevrier, Philippe Weissert.<br />Durée&nbsp;: environ 1h20.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:</strong><br />- Jusqu’au 10 juin 2018. Du mardi au samedi, 20h. Dimanche, 16h. Relâche le lundi au&nbsp;Théâtre 13 / Jardin (103A Boulevard Auguste Blanqui,&nbsp;75 013 Paris -&nbsp;Tél. : 01 45 88 62 22)</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/guerretroieaffiche.jpg" alt="guerre de troie" width="300" height="451" style="margin: 5px; float: left;" />Par Serge Bressan - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Sur la scène, une très belle table rectangulaire aux pieds métalliques et sept chaises noires en bois. Dans un coin, un piano. Il n’en faut pas plus pour une invitation au voyage.</p> <p style="text-align: justify;">Inspiré par Homère, Sophocle, Euripide, Hésiode ou encore Virgile, on file en Grèce antique. Tout est en place pour «&nbsp;La Guerre de Troie (en moins de deux&nbsp;!)&nbsp;». Et ça déménage&nbsp;: en effet, en vingt-quatre tableaux et un épilogue (la même construction dramaturgique que chez Homère et les vingt-quatre chants de «&nbsp;L’Iliade&nbsp;»), on va donc tout savoir sur cette guerre. Les sept comédiens et le pianiste (tous de noir vêtus, sandalettes spartiates au pied) racontent tout&nbsp;: de la naissance divine d’Hélène (qui sera «&nbsp;la plus belle femme du monde&nbsp;» mais qui apparaît durant tout le spectacle sous la seule forme d’une poupée Barbie&nbsp;! ) au dénouement d’une guerre implacable qui a duré dix ans, en passant par la colère et la mort d’Achille blessé au talon par une flèche empoisonnée, la jalousie des déesses face à la Pomme d’or, le sacrifice d’Iphigénie, la transformation de Zeus en cygne blanc, la folie du valeureux Ajax, le destin de Philoctète, les combines de Palamède pour piéger Ulysse et ses innombrables ruses dont son légendaire cheval de Troie… On a droit aussi à une ribambelle de dieux et demi-dieux, certains coquinant avec des humains. Et, durant toute la pièce, on comprend bien que ces histoires d’autrefois parlent, en creux, d’aujourd’hui…</p> <p style="text-align: justify;">Eudes Labrusse, l’un des auteurs- metteurs en scène, précise que «&nbsp;le projet&nbsp;s’attache à retracer la «&nbsp;miniature&nbsp;» d’une immense fresque mythologique, tout en tâchant d’en traduire le souffle d’épopée. La mise en scène est ancrée dans ce jeu de confrontation entre le petit et le grand…L’objectif est pleinement atteint parce que porté par un texte intelligent mêlant allégrement histoire, pédagogie et humour. Spectateur, on apprécie également la belle cohésion de la troupe des sept comédiennes et comédiens&nbsp;: chacun(e) jongle avec plusieurs personnages et tous jouent la même partition&nbsp;; à aucun moment, l’un(e) ou l’autre ne cherche à se mettre en avant, au dessus de ses compagnons de jeu. Quant à la mise en scène efficace, sans fioritures et signé Jérôme Imard et Eudes Labrusse, elle raconte sérieusement la mythologie sans jamais se prendre au sérieux, appuyée par une musique variée interprétée en direct par le pianiste Christian Roux qui rappelle que «&nbsp;la Grèce antique ne connaissait que le mode monophonique&nbsp;». Enfin, les quatre chansons qui, placées avec à-propos, emmènent cette&nbsp;«&nbsp;Guerre de Troie (en moins de deux&nbsp;!)&nbsp;» vers la comédie musicale de bonne tenue. En quittant le théâtre, on nourrira un seul regret&nbsp;: version Imard et Labrusse, cette «&nbsp;Guerre de Troie&nbsp;», ne dure qu’environ une heure et vingt minutes… C’est bien la seule fois qu’on aimerait qu’une guerre dure plus longtemps&nbsp;! <br /> Les auteurs- metteurs en scène promettaient du théâtre mythologique et forain… Promesse tenue- mieux encore&nbsp;: on a là un moment follement joyeux, délicieusement enjoué, choral à souhait et émouvant. Un spectacle où l’Histoire est nourrie par les histoires. Donc, pour les adultes mais aussi pour les enfants, même s’ils ont moins de 9 ans, et tous ceux qui souhaitent (re)découvrir leurs classiques&nbsp;!</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La Guerre de Troie (en moins de deux&nbsp;!)</strong> de Jérôme Imard et Eudes Labrusse<br />Mise en scène&nbsp;: Jérôme Imard et Eudes Labrusse <br />Musique&nbsp;: Christian Roux. Scénographie, costumes et accessoires&nbsp;: Cécile Pelletier.<br />Avec Catherine Bayle, Audrey Le Bihan, Hoa-Lan Scremin, Laurent Joly, Nicolas Postillon, Loïc Puichevrier, Philippe Weissert.<br />Durée&nbsp;: environ 1h20.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations:</strong><br />- Jusqu’au 10 juin 2018. Du mardi au samedi, 20h. Dimanche, 16h. Relâche le lundi au&nbsp;Théâtre 13 / Jardin (103A Boulevard Auguste Blanqui,&nbsp;75 013 Paris -&nbsp;Tél. : 01 45 88 62 22)</p> Le Liseur du 6h27 : Quand les mots suspendent le temps au p’tit matin dans une rame de RER 2018-05-09T12:30:24+00:00 2018-05-09T12:30:24+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2467-le-liseur-du-6h27-quand-les-mots-suspendent-le-temps-au-p-tit-matin-dans-une-rame-de-rer Philippe Delhumeau ph.delhumeau@live.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Affiche-Liseur-du-6h27-72dpi.jpg" alt="le liseur" style="margin: 5px; float: left;" />Par Philippe Delhumeau - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Sibylle de Montigny est l’adaptatrice et la metteure en scène du roman à succès de Jean-Paul Didierlaurent, "Le Liseur du 6h27". L’histoire d’un jeune homme, Guylain, que l’ordinaire ballote dans la routine quotidienne entre son travail dans une usine de broyage de livres et les coups de téléphone de sa mère.</p> <p style="text-align: justify;">Avant 6H27. Des gens, la mine hagarde des lève-tôt, montent dans une rame de RER. Les uns s’accrochent à la barre d’appui, les autres assis tanguent sur les à-coups imposés par le train. Le quotidien, somme toute, de milliers de franciliens qui font corps avec tous ces anonymes, se croisent,&nbsp;se frôlent, se bousculent, partagent l’espace réduit, respirent des parfums fleuris ou des after-shave, subissent les odeurs des levés de la dernière minute ou des couche-tard, travailleurs et fêtards.<br />Tous les matins, les mêmes gens font les mêmes choses par habitude. Une façon de se démarquer du voisin pour s’isoler dans la cohue. Une rame de RER est un œil ouvert sur le monde décliné au singulier et au pluriel. <br />6H27. Guylain, feuilles en main, lit des bribes de textes sauvés de la destruction. Qui le connait, l’écoute. Des histoires décousues, des recettes de cuisine inachevées, des personnages qui s’extraient des lignes et disparaissent dans le brouhaha. Des mots, des virgules, des phrases, des points, le temps, trois points de suspension. A demain.<br />Demain. 6H27. Une rame de RER. Des gens, les mêmes et d’autres. Guylain, ses lectures et arrêt sur le quai du qui est qui et du qui fait quoi.<br />Une usine. Des ouvrières, affichant un sourire mécanique et tuniquées sur le mode identique, s’installent sur leur poste de travail. Guylain met en route les machines, les cadences infernales peuvent commencer. Le bruit, la répétitivité des gestes, les pauses imposées, le glas de fin de journée. <br />Demain. 6H27. Une rame de RER. Des gens, encore et toujours les mêmes. Guylain, ses lectures et arrêt sur deux mamies qui prennent plaisir à écouter les histoires du jeune homme. Des rencontres ridées & what else&nbsp;?<br />Un autre jour. Julie, dame-pipi dans un centre commercial. Un joli brin de nana. Son quotidien est conditionné par le nettoyage des cabines souillées par des pipis mal visés ou des boyaux qui se sont vidés de leur contenu. Les gens vont et viennent dans son lieu d’aisance, petite ou grosse commission, ils l’ignorent. Il y a le gros con de dix heures qui prend toujours la cabine huit. Même ici, les habitudes prennent trône. Un bonjour, ici, un au revoir, là, un merci, même périmé, est rare. Il y a aussi les 14717 carreaux de faïence comptés… par habitude. Julie tient un carnet de mots qu’elle annote de ces p’tits riens du quotidien. Ce quotidien qui sent la javel. Jusqu’au jour où le quotidien s’écrira en pétales de fleurs.<br />Guylain est interprété par William Lottiaux. Le comédien sublime son personnage en l’édifiant à un statut qui le démarque de ses semblables. Il se montre tour à tour touchant, sensible, fragile, joyeux, réservé, spontané. Amoureux des mots, il leur rend vie tous les matins à 6H27. Ces mots le conduiront à l’amour de la belle inconnue au carnet intime perdu et trouvé par hasard. Guylain et William. William est Guylain. Excellente interprétation.<br />Swann Nymphar joue le rôle de Julie. Tendre et drôle, coquette et coquine, romantique et nostalgique, Swann incarne une jeune fille dont le destin ressemble à l’histoire de Cendrillon. Julie tire la chasse d’eau sur l’indifférence des gens qui fréquentent ses toilettes. Swann rentre de corps dans l’interprétation de son personnage avec conviction et tempérament. Son jeu est fait de matière (sans jeux de mots) et de réalité car cette dame-pipi existe pour de vrai. Comment est-elle perçue&nbsp;? Julie en est le tableau vivant. Swann Nymphar, une artiste accomplie.<br />Les comédiens de la Compagnie Circée, poussés par l’aura et la fougue de leur jeunesse, rendent la part belle au roman éponyme de Jean-Paul Didierlaurent.<br />Sibylle de Montigny réalise une mise en scène aboutie où la poésie du présent s’ouvre sur les pages blanches de vies anonymes. De belles rencontres jalonnent Le Liseur du 6H27, la singularité des protagonistes en présence témoigne de la routine des je, tu, il, nous, vous, ils, contraints à cette mécanique des temps modernes.<br />Un très joli spectacle à voir pour le meilleur et pour l’humour.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Le Liseur du 6h27</strong><br />Auteur : Sibylle de Montigny (adaptation du roman de Jean-Paul Didierlaurent) 
<br />Avec Marie Jocteur ou Alicia Ligi, William Lottiaux, Sibylle de Montigny, Swann Nymphar, Eliot Partaud, Grégoire Roqueplo, Sophia Zaïdat
<br />Metteur en scène : Sibylle de Montigny, Jessica Boutan Laroze</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong><br />- Du 7 mai au 26 juin 2018 au Funambule Montmartre (&nbsp;<span style="color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: small;">53 Rue des Saules, 75018 Paris)</span></p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Affiche-Liseur-du-6h27-72dpi.jpg" alt="le liseur" style="margin: 5px; float: left;" />Par Philippe Delhumeau - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Sibylle de Montigny est l’adaptatrice et la metteure en scène du roman à succès de Jean-Paul Didierlaurent, "Le Liseur du 6h27". L’histoire d’un jeune homme, Guylain, que l’ordinaire ballote dans la routine quotidienne entre son travail dans une usine de broyage de livres et les coups de téléphone de sa mère.</p> <p style="text-align: justify;">Avant 6H27. Des gens, la mine hagarde des lève-tôt, montent dans une rame de RER. Les uns s’accrochent à la barre d’appui, les autres assis tanguent sur les à-coups imposés par le train. Le quotidien, somme toute, de milliers de franciliens qui font corps avec tous ces anonymes, se croisent,&nbsp;se frôlent, se bousculent, partagent l’espace réduit, respirent des parfums fleuris ou des after-shave, subissent les odeurs des levés de la dernière minute ou des couche-tard, travailleurs et fêtards.<br />Tous les matins, les mêmes gens font les mêmes choses par habitude. Une façon de se démarquer du voisin pour s’isoler dans la cohue. Une rame de RER est un œil ouvert sur le monde décliné au singulier et au pluriel. <br />6H27. Guylain, feuilles en main, lit des bribes de textes sauvés de la destruction. Qui le connait, l’écoute. Des histoires décousues, des recettes de cuisine inachevées, des personnages qui s’extraient des lignes et disparaissent dans le brouhaha. Des mots, des virgules, des phrases, des points, le temps, trois points de suspension. A demain.<br />Demain. 6H27. Une rame de RER. Des gens, les mêmes et d’autres. Guylain, ses lectures et arrêt sur le quai du qui est qui et du qui fait quoi.<br />Une usine. Des ouvrières, affichant un sourire mécanique et tuniquées sur le mode identique, s’installent sur leur poste de travail. Guylain met en route les machines, les cadences infernales peuvent commencer. Le bruit, la répétitivité des gestes, les pauses imposées, le glas de fin de journée. <br />Demain. 6H27. Une rame de RER. Des gens, encore et toujours les mêmes. Guylain, ses lectures et arrêt sur deux mamies qui prennent plaisir à écouter les histoires du jeune homme. Des rencontres ridées & what else&nbsp;?<br />Un autre jour. Julie, dame-pipi dans un centre commercial. Un joli brin de nana. Son quotidien est conditionné par le nettoyage des cabines souillées par des pipis mal visés ou des boyaux qui se sont vidés de leur contenu. Les gens vont et viennent dans son lieu d’aisance, petite ou grosse commission, ils l’ignorent. Il y a le gros con de dix heures qui prend toujours la cabine huit. Même ici, les habitudes prennent trône. Un bonjour, ici, un au revoir, là, un merci, même périmé, est rare. Il y a aussi les 14717 carreaux de faïence comptés… par habitude. Julie tient un carnet de mots qu’elle annote de ces p’tits riens du quotidien. Ce quotidien qui sent la javel. Jusqu’au jour où le quotidien s’écrira en pétales de fleurs.<br />Guylain est interprété par William Lottiaux. Le comédien sublime son personnage en l’édifiant à un statut qui le démarque de ses semblables. Il se montre tour à tour touchant, sensible, fragile, joyeux, réservé, spontané. Amoureux des mots, il leur rend vie tous les matins à 6H27. Ces mots le conduiront à l’amour de la belle inconnue au carnet intime perdu et trouvé par hasard. Guylain et William. William est Guylain. Excellente interprétation.<br />Swann Nymphar joue le rôle de Julie. Tendre et drôle, coquette et coquine, romantique et nostalgique, Swann incarne une jeune fille dont le destin ressemble à l’histoire de Cendrillon. Julie tire la chasse d’eau sur l’indifférence des gens qui fréquentent ses toilettes. Swann rentre de corps dans l’interprétation de son personnage avec conviction et tempérament. Son jeu est fait de matière (sans jeux de mots) et de réalité car cette dame-pipi existe pour de vrai. Comment est-elle perçue&nbsp;? Julie en est le tableau vivant. Swann Nymphar, une artiste accomplie.<br />Les comédiens de la Compagnie Circée, poussés par l’aura et la fougue de leur jeunesse, rendent la part belle au roman éponyme de Jean-Paul Didierlaurent.<br />Sibylle de Montigny réalise une mise en scène aboutie où la poésie du présent s’ouvre sur les pages blanches de vies anonymes. De belles rencontres jalonnent Le Liseur du 6H27, la singularité des protagonistes en présence témoigne de la routine des je, tu, il, nous, vous, ils, contraints à cette mécanique des temps modernes.<br />Un très joli spectacle à voir pour le meilleur et pour l’humour.</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Le Liseur du 6h27</strong><br />Auteur : Sibylle de Montigny (adaptation du roman de Jean-Paul Didierlaurent) 
<br />Avec Marie Jocteur ou Alicia Ligi, William Lottiaux, Sibylle de Montigny, Swann Nymphar, Eliot Partaud, Grégoire Roqueplo, Sophia Zaïdat
<br />Metteur en scène : Sibylle de Montigny, Jessica Boutan Laroze</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :&nbsp;</strong><br />- Du 7 mai au 26 juin 2018 au Funambule Montmartre (&nbsp;<span style="color: #222222; font-family: arial, sans-serif; font-size: small;">53 Rue des Saules, 75018 Paris)</span></p> Meilleurs alliés : un face à face captivant entre deux grandes figures politiques du 20ème siècle 2018-05-07T19:06:58+00:00 2018-05-07T19:06:58+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2462-meilleurs-allies-un-face-a-face-captivant-entre-deux-grandes-figures-politiques-du-20eme-siecle Delphine Caudal delphine-caudal@laposte.net <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Affiche-Meilleurs-Allies-Petit-Montparnasse-1-1.jpg" alt="meilleurs alliés" width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>Un face à face captivant entre deux grandes figures politiques du 20ème siècle, à la veille du débarquement de 1944. Churchill, Charles de Gaulle, ce sont des personnalités qui ont marqué l’histoire par leur force, leur courage et leurs décisions. L’un est grand, maigre, introverti, et l’autre plutôt petit, rond, bavard, et terriblement extraverti. C’est un duo aux multiples contrastes, tantôt soudé, tantôt opposé, qui a su être à la hauteur des dramatiques évènements. Un épisode de l’histoire que l’on prend plaisir à redécouvrir au théâtre.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]« Roosevelt a raison, vous êtes dingue ! » Winston Churchill à Charles de Gaulle, le 5 juin 1944[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">La journée du 6 Juin 1944 est souvent réduite à l’appel du général français par la BBC…. Mais en réalité, se cache derrière ce célèbre discours de longues négociations et un bras de fer musclé entre les deux hommes, influencé par Roosevelt. La pièce «&nbsp;Meilleurs alliés&nbsp;», écrite par Hervé Bentégeat et mise en scène par Jean-Claude Idée, permet d’appréhender avec sourire et humanité, ce face à face tumultueux qui a dessiné les décennies qui ont suivies.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]« Vous allez écrire cette déclaration et vous allez à lire à la radio, que cela vous plaise ou non. » Churchill à Charles de Gaulle[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Le 5 Juin 1944, le débarquement des alliés sur les terres normandes est repoussé. De Gaulle est à Londres, et a appris la veille le projet des alliés. Il s’offusque violemment de ne pas prendre part aux discussions. Churchill et Roosevelt écartent intentionnellement le militaire français, ce que ce dernier n’est pas prêt d’accepter. Le débarquement s’ensuit le 6 juin, en dépit des conditions climatiques peu favorables. On vibre, on attend cet appel du général, la tension est palpable dans&nbsp;le public. C’est savoureux, instructif, fascinant.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]« On ne demande pas aux français de se battre, et d’ailleurs, on n’a jamais pu compter sur eux dans cette guerre ». Churchill[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Meilleurs Alliés&nbsp;» est tout bonnement remarquable, servie par des comédiens brillants, dont les prestations sont très proches des personnalités qu’ils incarnent. Un panel d’émotions s’impose aux spectateurs, mélangeant humour, drame, fascination, exaspération, colère, espoir, doute… Un moment poignant. On salue ce travail de très haut niveau, tant au niveau du texte, que des interprétations des quatre artistes sur scène.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]« L’ultime bataille ! » Churchill [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Un face à face entre deux géants de l’histoire, intense, percutant, inoubliable.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]« Et ce sera la bataille de France » Charles de Gaulle[/bt_quote]</p> <p><strong>Meilleurs alliés</strong>&nbsp;</p> <p>Avec Pascal RACAN, Michel de WARZÉE, Laurent D’OLCE et Denis BERNER</p> <p>Texte : Hervé BENTÉGEAT<br />Mise en scène, décor, costumes et lumières : Jean-Claude IDÉE<br />Son et vidéo: Olivier LOUIS CAMILLE</p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au samedi 9 juin 2018 au Théâtre du Petit Montparnasse
 (31 rue de la Gaité,
75014 Paris )<br /><br />
</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/Affiche-Meilleurs-Allies-Petit-Montparnasse-1-1.jpg" alt="meilleurs alliés" width="300" height="450" style="margin: 5px; float: left;" />Par Delphine Caudal - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/ </a>Un face à face captivant entre deux grandes figures politiques du 20ème siècle, à la veille du débarquement de 1944. Churchill, Charles de Gaulle, ce sont des personnalités qui ont marqué l’histoire par leur force, leur courage et leurs décisions. L’un est grand, maigre, introverti, et l’autre plutôt petit, rond, bavard, et terriblement extraverti. C’est un duo aux multiples contrastes, tantôt soudé, tantôt opposé, qui a su être à la hauteur des dramatiques évènements. Un épisode de l’histoire que l’on prend plaisir à redécouvrir au théâtre.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]« Roosevelt a raison, vous êtes dingue ! » Winston Churchill à Charles de Gaulle, le 5 juin 1944[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">La journée du 6 Juin 1944 est souvent réduite à l’appel du général français par la BBC…. Mais en réalité, se cache derrière ce célèbre discours de longues négociations et un bras de fer musclé entre les deux hommes, influencé par Roosevelt. La pièce «&nbsp;Meilleurs alliés&nbsp;», écrite par Hervé Bentégeat et mise en scène par Jean-Claude Idée, permet d’appréhender avec sourire et humanité, ce face à face tumultueux qui a dessiné les décennies qui ont suivies.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]« Vous allez écrire cette déclaration et vous allez à lire à la radio, que cela vous plaise ou non. » Churchill à Charles de Gaulle[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Le 5 Juin 1944, le débarquement des alliés sur les terres normandes est repoussé. De Gaulle est à Londres, et a appris la veille le projet des alliés. Il s’offusque violemment de ne pas prendre part aux discussions. Churchill et Roosevelt écartent intentionnellement le militaire français, ce que ce dernier n’est pas prêt d’accepter. Le débarquement s’ensuit le 6 juin, en dépit des conditions climatiques peu favorables. On vibre, on attend cet appel du général, la tension est palpable dans&nbsp;le public. C’est savoureux, instructif, fascinant.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]« On ne demande pas aux français de se battre, et d’ailleurs, on n’a jamais pu compter sur eux dans cette guerre ». Churchill[/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Meilleurs Alliés&nbsp;» est tout bonnement remarquable, servie par des comédiens brillants, dont les prestations sont très proches des personnalités qu’ils incarnent. Un panel d’émotions s’impose aux spectateurs, mélangeant humour, drame, fascination, exaspération, colère, espoir, doute… Un moment poignant. On salue ce travail de très haut niveau, tant au niveau du texte, que des interprétations des quatre artistes sur scène.</p> <p>[bt_quote style="default" width="0"]« L’ultime bataille ! » Churchill [/bt_quote]</p> <p style="text-align: justify;">Un face à face entre deux géants de l’histoire, intense, percutant, inoubliable.</p> <p style="text-align: justify;">[bt_quote style="default" width="0"]« Et ce sera la bataille de France » Charles de Gaulle[/bt_quote]</p> <p><strong>Meilleurs alliés</strong>&nbsp;</p> <p>Avec Pascal RACAN, Michel de WARZÉE, Laurent D’OLCE et Denis BERNER</p> <p>Texte : Hervé BENTÉGEAT<br />Mise en scène, décor, costumes et lumières : Jean-Claude IDÉE<br />Son et vidéo: Olivier LOUIS CAMILLE</p> <p style="text-align: justify;">- Jusqu'au samedi 9 juin 2018 au Théâtre du Petit Montparnasse
 (31 rue de la Gaité,
75014 Paris )<br /><br />
</p> Le canard sauvage : en quête de la Vérité absolue avec Henrik Ibsen 2018-05-07T18:48:54+00:00 2018-05-07T18:48:54+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2461-le-canard-sauvage-en-quete-de-la-verite-absolue-avec-henrik-ibsen Serge Bressan sergebressan@gmail.com <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/0506canardsauvageaffiche.jpg" alt="canard sauvage" width="300" height="326" style="margin: 5px; float: left;" />Par Serge Bressan - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Après un exil d’une quinzaine d’années, Gregers Werle est de retour. Il est accueilli par son père, et va vite être plongé dans de troubles affaires familiales aux conséquences désastreuses.Il y a aussi les Ekdal, chez eux tout paraît refléter une certaine idée du bonheur. «&nbsp;Le canard sauvage&nbsp;» (écrit en 1884, créé en 1885), ce n’est que façade et illusions- comme si souvent chez le dramaturge norvégien Henrik Ibsen (1828- 1906), adapté et mis en scène ici par l’efficace Jean-Luc Jeener. Au fil des échanges, on va apprendre que ces familles «&nbsp;bien sous tous rapports&nbsp;», en fait, avaient décidé d’un modus vivendi pour cacher les fautes&nbsp;: ainsi, le père de Gregers a fait un enfant à sa servante Gina qu’il a mariée à Hjalmar qui a dû reconnaitre l’enfant, et le lieutenant Ekdal- le père de Hjalmar, a été emprisonné pour un crime perpétré par le père de Gregers… On y ajoute que ce petit monde se plait à vivre dans l’imaginaire&nbsp;: ainsi, le père de Gregers se pense grand inventeur, le grand-père se rappelle un passé de glorieux sportif et Hedvig l’enfant trouve refuge dans le grenier où un canard sauvage estropié vit dans une forêt imaginaire. Et c’est dans ce monde qu’est plongé, avec son retour, Gregers l’idéaliste. Il se met alors en tête de trouver, de révéler la Vérité absolue, les «&nbsp;Impératifs de l’Idéal&nbsp;». Mais lorsque la vérité éclate, c’est un véritable tsunami qui s’abat sur ce petit monde. Hjalmar se sent obligé de quitter sa femme, Hedvig abrège la vie du canard et se tue avec la même arme. Définitif, le docteur Relling lance&nbsp;: «&nbsp;Si vous retirez le mensonge de la vie de personnes ordinaires, vous leur retirez en même temps le bonheur&nbsp;».</p> <p style="text-align: justify;">Dans ce «&nbsp;Canard sauvage&nbsp;», on savoure une thématique chère à Henrik Ibsen à qui on doit «&nbsp;Peer Gynt&nbsp;» (1866), «&nbsp;Une maison de poupée&nbsp;» (1878) ou encore «&nbsp;Hedda Gabler&nbsp;» (1890) : la confrontation de deux conceptions, d’appréhensions de la vie. D’un côté, l’idéaliste qui souhaite rétablir la vérité&nbsp;; de l’autre, l’individu qui opte pour le confort ordinaire, celui de la compromission et du «&nbsp;mensonge vital&nbsp;». On prend aussi plaisir à déguster le réalisme implacable de la pièce, et l’art de l’ambiguïté cher à Henrik Ibsen qui, là dans cette pièce, prend plaisir à renvoyer dos à dos les adversaires. Mais voilà, le plaisir est sérieusement entamé par deux points faibles&nbsp;: la longueur de la pièce (environ 2 heures 30 minutes) avec des temps faibles qui casse le rythme de l’ensemble, et le décor banal de ce «&nbsp;Canard sauvage&nbsp;». Oui, sur le papier, «&nbsp;Le canard sauvage&nbsp;» possède tous les ingrédients nécessaires&nbsp;(confrontation entre deux conceptions de la vie, avec la vérité,…) pour un beau moment de théâtre. Mais (à cause de la longue durée), on a là tout juste un bon moment de théâtre. Sans plus. Quel dommage pour Ibsen…</p> <p><strong>Le canard sauvage</strong><br />Auteur&nbsp;: Henrik Ibsen<br />Adaptation et mise en scène&nbsp;: Jean-Luc Jeener<br />Avec Philippe Brigaud, Katia Lamberger, Christine Liétot, Hervé Maugoust, Fabrice Michal, Valentin Terrer, Michel Wyn<br />Costumes : Catherine Lainard</p> <p style="text-align: justify;">Durée&nbsp;: environ 2h30</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :</strong><br />- Les 20, 21, 24, 26, 27, 28 et 30 mai et le 3 juin 2018 (Mai : dimanche 20 (20h45) ; lundi 21 (17h) ; jeudi 24 (21h) ; samedi 26 (17h) ; dimanche 27 (17h) ; lundi 28 (21h) ; mercredi 30 (20h45) /Juin : dimanche 3 (17h)) au&nbsp;<a href="http://theatredunordouest.com/"%20http://theatredunordouest.com/" target="_blank">&nbsp;Théâtre du Nord-Ouest</a> (&nbsp;13 rue du Faubourg-Montmartre,&nbsp;75&nbsp;009 Paris -&nbsp;Tél. : 01 47 70 32 75)&nbsp;</p> <p><br /><br /></p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/0506canardsauvageaffiche.jpg" alt="canard sauvage" width="300" height="326" style="margin: 5px; float: left;" />Par Serge Bressan - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr </a>/ Après un exil d’une quinzaine d’années, Gregers Werle est de retour. Il est accueilli par son père, et va vite être plongé dans de troubles affaires familiales aux conséquences désastreuses.Il y a aussi les Ekdal, chez eux tout paraît refléter une certaine idée du bonheur. «&nbsp;Le canard sauvage&nbsp;» (écrit en 1884, créé en 1885), ce n’est que façade et illusions- comme si souvent chez le dramaturge norvégien Henrik Ibsen (1828- 1906), adapté et mis en scène ici par l’efficace Jean-Luc Jeener. Au fil des échanges, on va apprendre que ces familles «&nbsp;bien sous tous rapports&nbsp;», en fait, avaient décidé d’un modus vivendi pour cacher les fautes&nbsp;: ainsi, le père de Gregers a fait un enfant à sa servante Gina qu’il a mariée à Hjalmar qui a dû reconnaitre l’enfant, et le lieutenant Ekdal- le père de Hjalmar, a été emprisonné pour un crime perpétré par le père de Gregers… On y ajoute que ce petit monde se plait à vivre dans l’imaginaire&nbsp;: ainsi, le père de Gregers se pense grand inventeur, le grand-père se rappelle un passé de glorieux sportif et Hedvig l’enfant trouve refuge dans le grenier où un canard sauvage estropié vit dans une forêt imaginaire. Et c’est dans ce monde qu’est plongé, avec son retour, Gregers l’idéaliste. Il se met alors en tête de trouver, de révéler la Vérité absolue, les «&nbsp;Impératifs de l’Idéal&nbsp;». Mais lorsque la vérité éclate, c’est un véritable tsunami qui s’abat sur ce petit monde. Hjalmar se sent obligé de quitter sa femme, Hedvig abrège la vie du canard et se tue avec la même arme. Définitif, le docteur Relling lance&nbsp;: «&nbsp;Si vous retirez le mensonge de la vie de personnes ordinaires, vous leur retirez en même temps le bonheur&nbsp;».</p> <p style="text-align: justify;">Dans ce «&nbsp;Canard sauvage&nbsp;», on savoure une thématique chère à Henrik Ibsen à qui on doit «&nbsp;Peer Gynt&nbsp;» (1866), «&nbsp;Une maison de poupée&nbsp;» (1878) ou encore «&nbsp;Hedda Gabler&nbsp;» (1890) : la confrontation de deux conceptions, d’appréhensions de la vie. D’un côté, l’idéaliste qui souhaite rétablir la vérité&nbsp;; de l’autre, l’individu qui opte pour le confort ordinaire, celui de la compromission et du «&nbsp;mensonge vital&nbsp;». On prend aussi plaisir à déguster le réalisme implacable de la pièce, et l’art de l’ambiguïté cher à Henrik Ibsen qui, là dans cette pièce, prend plaisir à renvoyer dos à dos les adversaires. Mais voilà, le plaisir est sérieusement entamé par deux points faibles&nbsp;: la longueur de la pièce (environ 2 heures 30 minutes) avec des temps faibles qui casse le rythme de l’ensemble, et le décor banal de ce «&nbsp;Canard sauvage&nbsp;». Oui, sur le papier, «&nbsp;Le canard sauvage&nbsp;» possède tous les ingrédients nécessaires&nbsp;(confrontation entre deux conceptions de la vie, avec la vérité,…) pour un beau moment de théâtre. Mais (à cause de la longue durée), on a là tout juste un bon moment de théâtre. Sans plus. Quel dommage pour Ibsen…</p> <p><strong>Le canard sauvage</strong><br />Auteur&nbsp;: Henrik Ibsen<br />Adaptation et mise en scène&nbsp;: Jean-Luc Jeener<br />Avec Philippe Brigaud, Katia Lamberger, Christine Liétot, Hervé Maugoust, Fabrice Michal, Valentin Terrer, Michel Wyn<br />Costumes : Catherine Lainard</p> <p style="text-align: justify;">Durée&nbsp;: environ 2h30</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Dates et lieux des représentations :</strong><br />- Les 20, 21, 24, 26, 27, 28 et 30 mai et le 3 juin 2018 (Mai : dimanche 20 (20h45) ; lundi 21 (17h) ; jeudi 24 (21h) ; samedi 26 (17h) ; dimanche 27 (17h) ; lundi 28 (21h) ; mercredi 30 (20h45) /Juin : dimanche 3 (17h)) au&nbsp;<a href="http://theatredunordouest.com/"%20http://theatredunordouest.com/" target="_blank">&nbsp;Théâtre du Nord-Ouest</a> (&nbsp;13 rue du Faubourg-Montmartre,&nbsp;75&nbsp;009 Paris -&nbsp;Tél. : 01 47 70 32 75)&nbsp;</p> <p><br /><br /></p> La nostalgie des blattes : les tribulations absurdes de vieilles peaux synanthropes 2018-04-29T15:06:47+00:00 2018-04-29T15:06:47+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2446-la-nostalgie-des-blattes-les-tribulations-absurdes-de-vieilles-peaux-synanthropes Julie Cadilhac juliecadilhac@lagrandeparade.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/2Recadre_Web_LA-NOSTALGIE-DES-BLATTES_GiovanniCittadiniCesi_096_2000_1500.jpg" alt="blattes" width="350" height="214" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Elles sont deux. L’un est arrivée avant l’autre vraisemblablement mais les considérations spatio-temporelles ont perdu ici de leur intérêt. Le temps semble s’être allongé, pénitence inexplicable à laquelle il faut bien s’adapter.Il n’y a rien à faire d’autre qu’attendre…alors on parle, on se répète, on se chamaille, on convoque des souvenirs. Tout aussi différentes que complémentaires, deux sexagénaires puisent une formidable énergie du désespoir dans la nostalgie d’un passé où tout était plus vrai, où les sensations étaient décuplées, où l’aseptisé et le souci d’uniformisation n’avaient pas gommé toute la saveur des choses…Sont-elles les tout derniers vestiges qui tiennent encore debout d’un monde définitivement disparu? «&nbsp;La Nostalgie des blattes&nbsp;» est-elle une fable apocalyptique grinçante? Une démonstration dramatique en tous cas de l’absurdité d’une époque contemporaine qui nie le temps qui passe et se renie par là-même.<br />Ces deux-là ont refusé les interventions chirurgicales et elles s’exposent au monde, comme des pièces de musée, dernières représentations d’authentiques vieilles peaux. «&nbsp;Il est bâclé votre Alzheimer&nbsp;» reproche l’une. C’est que les fesses vissées toute la journée sur une chaise, il faut bien s’occuper. Alors on s’improvise comédienne, on feint de perdre la tête, on teste l’autre puisqu’il est essentiel encore et toujours d’exister ...et comment ne pas disparaître si l’on ne vous regarde plus? &nbsp;Elles ne cessent d’espérer un visiteur qui, comme le Godot de Beckett, ne viendra pas. Ou alors sous la forme fantômatique d’un fils qu’on a sans doute rêvé. Des drones, par contre, les menacent sans cesse…mais elles sont résistantes ces deux bonnes femmes et encore capables d’être solidaires pour faire front à l’adversité! <br />Pierre Notte a imaginé un texte fin et drôle servi avec justesse par&nbsp;Catherine Hiegel et&nbsp;Tania Torrens et une mise en scène sobre appuyée d’effets de lumière discrets et d’effets sonores inquiétants al dente. Un moment de théâtre fort plaisant ayant fait l’objet de deux nominations pour les Molières 2018 ( Molière de l’auteur francophone vivant pour Pierre Notte/ Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre public pour Catherine Hiegel).-&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La Nostalgie des blattes</strong><br />Texte et mise en scène&nbsp;:&nbsp;Pierre Notte<br />Avec&nbsp;:&nbsp;Catherine Hiegel,&nbsp;Tania Torrens<br />Lumières&nbsp;: Antonio de Carvalho<br />Son&nbsp;: David Geffard<br />Assistanat&nbsp;: Alexandra Thys<br />Administration, production et diffusion&nbsp;: En Votre Compagnie</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:</strong></p> <p>- Le 19 avril 2018 au Théâtre Jacques Coeur à Lattes ( 34)<br />- Le 19 avril 2018&nbsp;à Le Carré - Cesson-Sévigné</p> <p>&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/theatre/2Recadre_Web_LA-NOSTALGIE-DES-BLATTES_GiovanniCittadiniCesi_096_2000_1500.jpg" alt="blattes" width="350" height="214" style="margin: 5px; float: left;" />Par Julie Cadilhac - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> Elles sont deux. L’un est arrivée avant l’autre vraisemblablement mais les considérations spatio-temporelles ont perdu ici de leur intérêt. Le temps semble s’être allongé, pénitence inexplicable à laquelle il faut bien s’adapter.Il n’y a rien à faire d’autre qu’attendre…alors on parle, on se répète, on se chamaille, on convoque des souvenirs. Tout aussi différentes que complémentaires, deux sexagénaires puisent une formidable énergie du désespoir dans la nostalgie d’un passé où tout était plus vrai, où les sensations étaient décuplées, où l’aseptisé et le souci d’uniformisation n’avaient pas gommé toute la saveur des choses…Sont-elles les tout derniers vestiges qui tiennent encore debout d’un monde définitivement disparu? «&nbsp;La Nostalgie des blattes&nbsp;» est-elle une fable apocalyptique grinçante? Une démonstration dramatique en tous cas de l’absurdité d’une époque contemporaine qui nie le temps qui passe et se renie par là-même.<br />Ces deux-là ont refusé les interventions chirurgicales et elles s’exposent au monde, comme des pièces de musée, dernières représentations d’authentiques vieilles peaux. «&nbsp;Il est bâclé votre Alzheimer&nbsp;» reproche l’une. C’est que les fesses vissées toute la journée sur une chaise, il faut bien s’occuper. Alors on s’improvise comédienne, on feint de perdre la tête, on teste l’autre puisqu’il est essentiel encore et toujours d’exister ...et comment ne pas disparaître si l’on ne vous regarde plus? &nbsp;Elles ne cessent d’espérer un visiteur qui, comme le Godot de Beckett, ne viendra pas. Ou alors sous la forme fantômatique d’un fils qu’on a sans doute rêvé. Des drones, par contre, les menacent sans cesse…mais elles sont résistantes ces deux bonnes femmes et encore capables d’être solidaires pour faire front à l’adversité! <br />Pierre Notte a imaginé un texte fin et drôle servi avec justesse par&nbsp;Catherine Hiegel et&nbsp;Tania Torrens et une mise en scène sobre appuyée d’effets de lumière discrets et d’effets sonores inquiétants al dente. Un moment de théâtre fort plaisant ayant fait l’objet de deux nominations pour les Molières 2018 ( Molière de l’auteur francophone vivant pour Pierre Notte/ Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre public pour Catherine Hiegel).-&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><strong>La Nostalgie des blattes</strong><br />Texte et mise en scène&nbsp;:&nbsp;Pierre Notte<br />Avec&nbsp;:&nbsp;Catherine Hiegel,&nbsp;Tania Torrens<br />Lumières&nbsp;: Antonio de Carvalho<br />Son&nbsp;: David Geffard<br />Assistanat&nbsp;: Alexandra Thys<br />Administration, production et diffusion&nbsp;: En Votre Compagnie</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations:</strong></p> <p>- Le 19 avril 2018 au Théâtre Jacques Coeur à Lattes ( 34)<br />- Le 19 avril 2018&nbsp;à Le Carré - Cesson-Sévigné</p> <p>&nbsp;</p> Argent, pudeurs et décadences : un billet sur l'économie aussi dramatique que pertinent 2018-04-29T10:07:43+00:00 2018-04-29T10:07:43+00:00 http://www.lagrandeparade.fr/index.php/l-entree-des-artistes/theatre/2445-argent-pudeurs-et-decadences-un-billet-sur-l-economie Victor Waque victorwaque@yahoo.fr <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/laiaa-argent-pudeurs-decadences.jpg" alt="argent" width="350" height="197" style="margin: 5px; float: left;" />Par Victor Waqué - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> L'argent sous toutes ses formes ne cesse de pleuvoir sur la scène de l'Agora. Des flux monétaires sur ordinateurs. Des liasses de billet. Un chèque de 15 millions d'euros gagné à la loterie. «&nbsp;Argent, pudeurs et décadences&nbsp;» décrit sous le ton de l'humour l'obsession pour l'argent de notre société. Des traders aux simples citoyens. Omniprésent, «&nbsp;qui n'a de valeur que dans sa valeur&nbsp;», la compagnie questionne l'utilité de l'argent. Un spectacle comique autant que pédagogique, qui illustre les limites du système dans lequel nous vivons.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Argent, pudeurs et décadences&nbsp;» enchaîne les scénettes. Les premières se centrent sur une approche macroscopique de l'économie actuelle. Deux traders affairées à leur bureau, les yeux rivés sur des écrans, deux téléphones en mains, éructent des phrases jargonneuses, prenant à peine le temps de respirer. Elles sont très actives, ne cessent de bouger, de composer des numéros, de faire des transactions. Elles achètent des céréales pour profiter du faible coût des denrées du fait d'une crise météorologique. Puis revendent le tout, bénéficiant de l'évolution de la valeur du produit. Des bénéfices réalisés sur du vent. Les céréales, elles ne les ont jamais vus. Travailler pour gagner de l'argent. Non pas pour contribuer au bon déroulement de la société.<br />Les personnages nous font un cours accéléré d'économie. Qu'est ce que l'argent&nbsp;? Où se situe-t-il&nbsp;? Quelle logique fait fonctionner le marché ? On (re)découvre par exemple la théorie de la «&nbsp;main invisible&nbsp;». L'économiste du XVIIIeme siècle Adam Smith affirme que le marché se régule par lui-même. Les intérêts individuels de chacun amènent à l’intérêt de tous. Les comédiennes auront vite fait de nous démontrer le contraire... Nous apprenons comment les entreprises injectent de l'argent dans des paradis fiscaux pour n'être taxées que sur un très faible taux. Chaque nouvelle information met en avant la névrose financière de notre société. <br />Mais ce ne sont pas que les chefs d'entreprises ou les banquiers qui perdent la tête. Lorsque une femme gagne au loto et fait la liste de tout ce qu'elle va dépenser avec son argent, yacht, île en Antarctique pour élever des léopards, on désespère devant tant d’égoïsme. En posant la question l'argent fait-il le bonheur&nbsp;? La réponse est rapidement donnée devant tant de bêtise. Mais sommes-nous tant éloignés de ces clichés&nbsp;? A l'image de deux caissières qui parlent de Tim Cook, le PDG d'Apple et de son énorme compte en banque, elles illustrent cette obsession de l'argent. Ce besoin incontrôlé d'en avoir toujours plus. L'argent rend fou.<br />En effet, si chaque situation est amusante, à l'instar de la femme enceinte qui accouche d'une liasse de billets, ou de la banquière qui se fait tabasser, la tension est lourde sur scène. Les personnages excités, énervés. Les artistes jouent aussi avec nos émotions en interagissant avec le public. Elles stoppent leur spectacle du fait d'un problème technique. Un spectateur s'invective devant les propos honteux sur scène. On ne sait plus très bien ce qui est de l'ordre du réel et ce qui est de l'ordre du théâtre. Mission réussie pour la compagnie AIAA.</p> <p>Avec «&nbsp;Argent, pudeurs et décadences,&nbsp;» les limites de l'argent sont mises en évidence. Le spectacle invite à un regard critique sur la société, mais aussi sur nous-mêmes. Sans proposer de solutions pour combattre l'impact de l'argent sur nos comportements, le spectacle déclenche une prise de conscience. Pour se libérer de nos chaînes.<br /><br /></p> <p><strong>Argent, pudeurs et décadences</strong><br />Écriture et jeu : Audrey Mallada & Aurélia Tastet<br />Mise en scène: Romain Louvet/ Alexandre Pavlata/ Guillaume Méziat/ Vincent Lahens<br />Conseiller économique : Julien Milanesi, économiste<br />
Création Musique : Chacapa Studio<br />Chansons : Marc Lucantonio<br />Chorégraphie: Mari Siles-Segarra<br />Décors, technique : Romain Louvet / Valérie Bornand<br />Graphisme : Corinne Veron-Durand<br />
Photos : Julie Coustarot / Emma Barthere</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations ( 2018):</strong>&nbsp;<br />- 5 Avril : L'Agora - Le Crès - MONTPELLIER Métropole (24)<br />- 7 Avril : La halle aux grains - LAVAUR (81)<br />- 4 & 5 Mai : Festival les Turbulentes - Vieux Condé (59)<br />- 18 Mai : Festival Le vent se lève - Toulouse (31)<br />- 19 Mai : Festival BriKabrak - Le Bugue (24)<br />- 26 Mai : Les plateaux éphémères - Mondeville (14)<br />- 2 Juin : Gouaix (77)<br />- 8 Juin : La Tour d'Auvergne (63)<br />- 9 Juin : Festival des Comiques Agricoles - Beauquesne (80)<br />- 17 Juin : Herlaimont - Belgique<br />- 24 Juin : Option Lézard de ma rue - Bouresse (86)<br />- 7 et 8 Juillet : Festival 48eme rue - Mende (48)<br />- 21 Juillet : Festival Les z'endimanchés (44)<br />- 2 Août : La déferlante - Sables d'Olonne (85)<br />- 3 Août : Festival Côté Cour Côté Jardin - Bernay (27)<br />- 5 Août : Collines en scène - Coulomé Mondebat (32)<br />- 10 au 12 Août : Festival Les Macadam - Thonon (74)<br />- 7 au 9 septembre : Option festival Les Accroches Coeurs - Angers (49)<br />- 22 et 23 Septembre : Festival Cergy Soit - Cergy (95)<br />- 12 Octobre : Roques sur Garonne (31)<br />- 13 Octobre : Daumazan (09)</p> <p>​</p> <p>&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;"><img src="http://www.lagrandeparade.fr/images/laiaa-argent-pudeurs-decadences.jpg" alt="argent" width="350" height="197" style="margin: 5px; float: left;" />Par Victor Waqué - <a href="http://www.lagrandeparade.fr/" target="_blank">Lagrandeparade.fr/</a> L'argent sous toutes ses formes ne cesse de pleuvoir sur la scène de l'Agora. Des flux monétaires sur ordinateurs. Des liasses de billet. Un chèque de 15 millions d'euros gagné à la loterie. «&nbsp;Argent, pudeurs et décadences&nbsp;» décrit sous le ton de l'humour l'obsession pour l'argent de notre société. Des traders aux simples citoyens. Omniprésent, «&nbsp;qui n'a de valeur que dans sa valeur&nbsp;», la compagnie questionne l'utilité de l'argent. Un spectacle comique autant que pédagogique, qui illustre les limites du système dans lequel nous vivons.</p> <p style="text-align: justify;">&nbsp;</p> <p style="text-align: justify;">«&nbsp;Argent, pudeurs et décadences&nbsp;» enchaîne les scénettes. Les premières se centrent sur une approche macroscopique de l'économie actuelle. Deux traders affairées à leur bureau, les yeux rivés sur des écrans, deux téléphones en mains, éructent des phrases jargonneuses, prenant à peine le temps de respirer. Elles sont très actives, ne cessent de bouger, de composer des numéros, de faire des transactions. Elles achètent des céréales pour profiter du faible coût des denrées du fait d'une crise météorologique. Puis revendent le tout, bénéficiant de l'évolution de la valeur du produit. Des bénéfices réalisés sur du vent. Les céréales, elles ne les ont jamais vus. Travailler pour gagner de l'argent. Non pas pour contribuer au bon déroulement de la société.<br />Les personnages nous font un cours accéléré d'économie. Qu'est ce que l'argent&nbsp;? Où se situe-t-il&nbsp;? Quelle logique fait fonctionner le marché ? On (re)découvre par exemple la théorie de la «&nbsp;main invisible&nbsp;». L'économiste du XVIIIeme siècle Adam Smith affirme que le marché se régule par lui-même. Les intérêts individuels de chacun amènent à l’intérêt de tous. Les comédiennes auront vite fait de nous démontrer le contraire... Nous apprenons comment les entreprises injectent de l'argent dans des paradis fiscaux pour n'être taxées que sur un très faible taux. Chaque nouvelle information met en avant la névrose financière de notre société. <br />Mais ce ne sont pas que les chefs d'entreprises ou les banquiers qui perdent la tête. Lorsque une femme gagne au loto et fait la liste de tout ce qu'elle va dépenser avec son argent, yacht, île en Antarctique pour élever des léopards, on désespère devant tant d’égoïsme. En posant la question l'argent fait-il le bonheur&nbsp;? La réponse est rapidement donnée devant tant de bêtise. Mais sommes-nous tant éloignés de ces clichés&nbsp;? A l'image de deux caissières qui parlent de Tim Cook, le PDG d'Apple et de son énorme compte en banque, elles illustrent cette obsession de l'argent. Ce besoin incontrôlé d'en avoir toujours plus. L'argent rend fou.<br />En effet, si chaque situation est amusante, à l'instar de la femme enceinte qui accouche d'une liasse de billets, ou de la banquière qui se fait tabasser, la tension est lourde sur scène. Les personnages excités, énervés. Les artistes jouent aussi avec nos émotions en interagissant avec le public. Elles stoppent leur spectacle du fait d'un problème technique. Un spectateur s'invective devant les propos honteux sur scène. On ne sait plus très bien ce qui est de l'ordre du réel et ce qui est de l'ordre du théâtre. Mission réussie pour la compagnie AIAA.</p> <p>Avec «&nbsp;Argent, pudeurs et décadences,&nbsp;» les limites de l'argent sont mises en évidence. Le spectacle invite à un regard critique sur la société, mais aussi sur nous-mêmes. Sans proposer de solutions pour combattre l'impact de l'argent sur nos comportements, le spectacle déclenche une prise de conscience. Pour se libérer de nos chaînes.<br /><br /></p> <p><strong>Argent, pudeurs et décadences</strong><br />Écriture et jeu : Audrey Mallada & Aurélia Tastet<br />Mise en scène: Romain Louvet/ Alexandre Pavlata/ Guillaume Méziat/ Vincent Lahens<br />Conseiller économique : Julien Milanesi, économiste<br />
Création Musique : Chacapa Studio<br />Chansons : Marc Lucantonio<br />Chorégraphie: Mari Siles-Segarra<br />Décors, technique : Romain Louvet / Valérie Bornand<br />Graphisme : Corinne Veron-Durand<br />
Photos : Julie Coustarot / Emma Barthere</p> <p><strong>Dates et lieux des représentations ( 2018):</strong>&nbsp;<br />- 5 Avril : L'Agora - Le Crès - MONTPELLIER Métropole (24)<br />- 7 Avril : La halle aux grains - LAVAUR (81)<br />- 4 & 5 Mai : Festival les Turbulentes - Vieux Condé (59)<br />- 18 Mai : Festival Le vent se lève - Toulouse (31)<br />- 19 Mai : Festival BriKabrak - Le Bugue (24)<br />- 26 Mai : Les plateaux éphémères - Mondeville (14)<br />- 2 Juin : Gouaix (77)<br />- 8 Juin : La Tour d'Auvergne (63)<br />- 9 Juin : Festival des Comiques Agricoles - Beauquesne (80)<br />- 17 Juin : Herlaimont - Belgique<br />- 24 Juin : Option Lézard de ma rue - Bouresse (86)<br />- 7 et 8 Juillet : Festival 48eme rue - Mende (48)<br />- 21 Juillet : Festival Les z'endimanchés (44)<br />- 2 Août : La déferlante - Sables d'Olonne (85)<br />- 3 Août : Festival Côté Cour Côté Jardin - Bernay (27)<br />- 5 Août : Collines en scène - Coulomé Mondebat (32)<br />- 10 au 12 Août : Festival Les Macadam - Thonon (74)<br />- 7 au 9 septembre : Option festival Les Accroches Coeurs - Angers (49)<br />- 22 et 23 Septembre : Festival Cergy Soit - Cergy (95)<br />- 12 Octobre : Roques sur Garonne (31)<br />- 13 Octobre : Daumazan (09)</p> <p>​</p> <p>&nbsp;</p>