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Penser qu’on ne pense à rien c’est déjà penser quelque chose : la Vérité par l’absurde

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 25 décembre 2017 20:05 Affichages : 276

penserPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ « Le premier qu’est mort, c’est lui que ça a dû faire bizarre, parce que nous, bon, on meurt, d’accord, quand on voit qu’on meurt on sait ce qui nous arrive, on se dit : je meurs. Mais le premier qui est mort, il ne saura jamais ce qui lui est arrivé. C’est ça le petit reproche que je ferais à la mort… ».  Dit par la bouche de l’excellent, truculent Olivier Broche, connu pour sa participation à la compagnie Deschamps / Makaëiff, et dans les Deschiens, sur Canal +, cela donne une idée du ton de "Penser qu’on ne pense à rien c’est déjà penser quelque chose." On croirait du Dubillard (« Dialogues »), ou reconnaître le ton basé sur l’absurde de Topor, mais c’est écrit et mis en scène par Pierre Bénézit : « Le sujet de la pièce est parti d’une question que je me suis sincèrement posée : et si, à notre époque, tout avait été dit ? L’Humanité ne ferait-elle que se répéter ? (…) ce cauchemar loufoque, si je tente de l’analyser, pourrait nous interroger sur le terrain du prêt-à-penser. »
 
Or donc, dans leur boutique, où il n’y a que des chaises, Paulbert et Gérald pensent que, de nos jours, tout a déjà été dit, toutes les discussions ont déjà été tenues. Paulbert écrit donc des conversations originales à vendre. Du moins, ils aimeraient bien car ils n’ont pour le moment qu’un seul client. Arrive Barbara (Anne Girouard), qui cherche à acheter une bouteille de vin. La conversation l’intéresse et c’est parti. Voici une pièce à l’esprit farfelu et poétique, absolument nécessaire pour qui voudrait continuer à ne « pas » comprendre le monde. Une comédie douce-amère, comme on dit, mais tragique et comique à la fois. Le deux cousins, joués par Olivier Broche et Vincent Debost (en alternance avec Luc Tremblais mi-janvier et mi-février) sont des frères jumeaux de Bouvard et Pécuchet, en moins cultivés. Plus peuple…
Les comédiens sont à l’aise et prennent manifestement du plaisir avec le texte : Paulbert est grognon à souhait. L’air de rien c’est lui qui fait avancer le schmilbick, et s’il menace de partir, il revient toujours… comme la conversation. Anne Girouard, que l’on a vu dans la série Kaamelott, dans le rôle inénarrable de reine Guenièvre, apporte un peu de bon sens et de légèreté dans ce duo, où Olivier Broche se régale dans le rôle du faux naïf, suiveur, qui croit voir l’avenir dans ses pouces, qui tournent pour tromper l’ennui. Le texte est étourdissant à souhait. Au début, tout a l’air normal, vraisemblable, puis ça part en vrille : la seule idée d’acheter une conversation vaut le déplacement. Ensuite, il faut se laisser entraîner : « Ce qui est sûr, c’est que le temps passe et moins il y a de futur. », entend-t-on. Et là, on est dans du Raymond Devos. Sauf que le grand sujet est la mort. Entre les silences, on pense au temps qui passe. Drôle et poétique, cette pièce, mine de rien, fait réfléchir. Un bon spectacle de théâtre, quoi.

Penser qu’on ne pense à rien c’est déjà penser quelque chose 
Durée : 1 h 15
Texte et mise en scène : Pierre Bénézit
Avec Vincent Debost, Anne Girouard, et Olivier Broche remplacé par Luc Tremblais les 13, 18, 20, 27 janvier et les 2, 6, 8 et 10 février 2018.
Scénographie : Pascal Crosnier

Création lumière : Julien Crépin

Dates et lieux des représentations : 
Jusqu’au 4 mars 2018 au Théâtre de Belleville ( 94, rue du Fb du Temple – 75011 Paris)
Du mardi au samedi 19 h 15, dimanche 15 h.
Résa : 01 48 06 72 34 / www.theatredebelleville.com