Gagnez 3 x 2 places au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse avec La Grande Parade !

Tentez votre chance avant le 23 novembre en envoyant vos nom, prénom et adresse postale à :

lagrandeparade@lagrandeparade.fr

- See more at: http://lagrandeparade.fr/index.php/le-manege-des-momes/coups-de-coeur/319-fabian-negrin-jouons-avec-les-mots-au-caprice-du-vent#sthash.o4JUph3T.dpuf

De Pékin à Lampedusa : un seule-en-scène poignant brillamment interprété

Écrit par Sylvie Gagnère Catégorie : Théâtre Mis à jour : vendredi 1 septembre 2017 17:01 Affichages : 130

PekinPar Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.fr/ Samia Yuzuf Omar est née en 1991, l’année où la guerre civile a éclaté en Somalie, après la chute du président Siad Barre. En 2007, l’adolescente, âgée de 16 ans, doit arrêter sa scolarité à la mort de son père, tué sur un marché de Mogadiscio. La jeune fille trouve refuge dans l’athlétisme et réussit à intégrer l’équipe qui représente la Somalie aux Jeux Olympiques de Pékin. Aux éliminatoires du 200 mètres, elle termine loin derrière les championnes. Mais pour elle, c’est une victoire. Elle retourne à Mogadiscio heureuse : « C’était une expérience merveilleuse de défiler sous les couleurs de mon pays, la Somalie, et aux côtés des plus grands athlètes du monde. Un moment magique. Je me suis sentie importante ».

De retour au pays, où les « Chebabs » ont de plus en plus de pouvoir, elle est méprisée et empêchée de s’entraîner ; elle choisit alors de fuir et de tenter « le grand voyage » vers l’Europe pour réaliser son rêve : participer aux Jeux Olympiques de Londres de 2012. Elle n’atteindra jamais les côtes italiennes. Elle meurt en mars 2012 dans un canot pneumatique en Méditerranée.

L’histoire de Samia Yusuf Omar témoigne avec force d’une actualité toujours plus douloureuse, celle des migrants. Elle donne corps à cette actualité en s’interrogeant sur le pourquoi : pourquoi ces hommes, ces femmes, ces familles décident-ils de partir, malgré les risques, malgré la peur, la faim, la soif, les passeurs qui les volent, quand ils ne les abandonnent pas en plein désert ?

Gilbert Ponté explique que l’idée de ce texte lui est venue après la lecture d’un article de Igiaba Scego, auteure italienne d’origine somalienne. Il a souhaité « raconter l’énergie de la jeunesse, la flamboyance de la passion du sport qui jaillissait de sa courte vie et qui lui permettait de survivre dans son pays déchiré par la guerre ».

Seule en scène, l’actrice Malyka R. Johany est époustouflante ! Tour à tour drôle, émouvante, portée par la joie et la passion ou terrorisée par ce qu’elle vit, elle donne chair à cette histoire avec une maîtrise parfaite. Jeune fille déchirée, chebabs odieux, passeurs infects, journalistes occidentaux décalés, elle incarne chaque personnage brillamment, réussissant à changer de ton et même de physique. La pièce est ponctuée de « respirations » chantées, très justes.

Le décor épuré, un bidon, une paire de chaussures, un bandeau, des voiles, servent à merveille un texte fort et digne. L’ensemble donne une dimension poignante à ce spectacle qui invite à la réflexion et au débat.

Un incontournable de cette rentrée, à ne surtout pas manquer !

De Pékin à Lampedusa

Comédie dramatique

Texte et mise en scène par : Gilbert Ponté
Avec Malyka R. Johany
Durée : 1h10

Dates et lieux des représentations :

-Du 28 août 2017 au 9 janvier 2018, les lundis et mardis à 19 h 45 – Théâtre Essaïon, 75004 PARIS